7 avril 2004

Conjuguer tourisme et bien être: la grande aventure du spa (1ère partie)

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En 2001, selon les chiffres de l’International Spa Association (ISPA), une association internationale qui regroupe les joueurs de l’industrie des spas, les États-Unis comptaient 9648 établissements pour un chiffre d’affaires de 10,65 milliards USD. Le Canada comptait pour sa part 1261 établissements, pour un chiffre d’affaires de 610 millions CAD. Depuis quelques années, l’industrie des spas est en effervescence et l’on assiste partout à une réorientation et une modernisation.

Le 21e siècle a réinventé le thermalisme: savant mélange du hammam à l’orientale et des techniques de massage asiatiques, sur fonds de senteurs cosmétiques. Le spa (Sanitas Per Acqua en latin, qui signifie «soins par l’eau») est l’endroit par excellence où se ressourcer, se métamorphoser, bref, LE lieu de détente à la puissance X.

Au Québec aussi, cette industrie est en plein essor. Avec une bonne centaine d’établissements, on estime qu’elle génère des revenus annuels de près de 60 millions $ et a créé jusqu’à maintenant 1670 emplois.

Il s’agit, pour la plupart, de petites entreprises indépendantes qui ne comptent à leur actif que quelques années d’exploitation. Néanmoins, des bannières imposent déjà leurs couleurs. Le Québec possède un fort potentiel de développement au sein de cette industrie puisqu’il offre une expérience distincte, à mi-chemin entre les soins à l’européenne et les techniques américaines.

Comme partout en Amérique du Nord, les Québécois sont de plus en plus nombreux à s’offrir des forfaits santé ou de détente, hormis à des fins touristiques, pour un ou plusieurs jours. Selon un article du journal La Presse, quelque 820 000 personnes fréquentent annuellement la centaine d’entreprises répertoriées dans le domaine du tourisme de santé.

Parfois encore perçu comme un produit de luxe réservé exclusivement à une petite partie de la population, l’industrie du spa se développement néanmoins, poussé par l’augmentation de la capacité d’accueil de plusieurs établissements, l’intégration de spas dans des hôtels existants et le dynamisme du marché.

Accessible toute l’année, le tourisme de santé est un phénomène qui s’étale sur quatre saisons. Offerts dans le cadre de centres d’hébergement au cachet romantique, en milieu urbain ou de villégiature, en campagne ou en forêt, dans un complexe hôtelier moderne, la clientèle trouve son bonheur dans une gamme de soins variés: massothérapie, drainage lymphatique, massage, réflexologie, hydrothérapie, thermothérapie, pressothérapie et autres soins esthétiques.

Ainsi, le Spa Eastman (à Eastman), le deuxième spa le plus ancien en Amérique du Nord, est un relais santé totalement dédié à la remise en forme et au ressourcement. Les services offerts vont de l’atelier de relaxation à la psychothérapie en passant par la cuisine santé. Le Spa Eastman figure au très prestigieux palmarès des 100 Best Spas of the World et est Lauréat national Argent du Grand Prix du Tourisme québécois 2003.

Devant un tel engouement, les spas québécois explorent d’autres avenues de développement, comme les spas nordiques et comptent bien séduire les clientèles internationales. La tendance est à la diversification des produits et des approches.

Chaud, froid… et on recommence!

Pas encore très nombreux mais faisant de plus en plus d’adeptes, les spas nordiques gagnent en popularité. Le principe y est simple: on se réchauffe, on se refroidit, on se repose… et on recommence!

Le Spa Le Scandinave Mont Tremblant propose: sauna finlandais, bain de vapeur norvégien, bains tourbillons en plein air, chutes nordique et thermale, terrasses et solariums, foyer extérieur et baignade en rivière à l’année.

Amateur de chaud et froid, il y a encore le Polar Bear’s Club dans les Laurentides, près de la rivière Saint-Simon. Le principe finlandais d’alternance entre les bains chauds et froids y est très apprécié.

Le SPA Ofuro (à Morin Heights) est, lui aussi, un lieu privilégié pour la détente et le bien-être. Ouvert depuis janvier 2000, il offre sauna, bain vapeur, bains tourbillons et bain en rivière.

Dans les Cantons-de-l’Est, à Bolton Centre, le Spa des chutes de Bolton est un relais détente qui mise sur son exceptionnelle situation sur le bord de la rivière Missisquoi pour offrir des bains polaires et des séances de sauna finlandais. Véritablement intégré à la région touristique, le spa est entouré de 5 centres de ski majeurs, plus de 120 B&B et hôtels de la région de Magog-Orford.

Sans oublier, en Gaspésie, l’Aquamer à Carleton et le centre de thalassothérapie de l’Auberge du Parc à Paspébiac. L’Aquamer a bénéficié récemment d’un investissement de 12,7 millions $ afin de doubler sa capacité d’hébergement et tripler sa capacité quotidienne d’accueil de curistes.

Ces spas de destination sont peu nombreux mais bien implantés. Ils accueillent une clientèle fidèle ayant besoin de refaire le plein d’énergie, évacuer le stress et retrouver un (bon) équilibre.

Spa un jour, en forme toujours

Les spas de jour occupent également une place très importante dans l’industrie, soit plus du quart des établissements. Ils sont majoritairement situés en milieu urbain et dans des centres de villégiature, au coeur d’un bassin de population élevé, qui contribue en grande part à la rentabilité à l’établissement.

Quand le bien être est dans l’assiette

Bien être et alimentation font la paire et bon nombres de spas, en hébergement, l’on bien compris. Ils offrent également la possibilité de découvrir la fine cuisine du terroir. Poissons, salades, fruits frais et desserts allégés se combinent parfaitement bien avec détente et soins régénérateurs.

La tendance risque même de s’amplifier avec l’apparition de livres de «cuisine détente». Les spas de destination vont rivaliser d’inventivité et engager des chefs cuisiniers réputés. Au menu: programmes minceur adaptés à la clientèle (Atkins, etc.) ou régimes dissociés (Montignac, entre autres). Le croisement spa/cuisine risque bien de devenir un «must».

Alors, la recette d’une cure santé réussie, au Québec, n’est-elle pas: une bonne dose de soins professionnels, un zeste de chaleur humaine, un décor paisible et régénérateur, une lampée de bon air frais, le tout saupoudré de fine cuisine?

Sources :
- «Interest in Health Spas (Profile Report)», Travel Activities & Motivation Survey (TAMS), Lang Research Inc., décembre 2001.
- «Spas Relais santé: un réseau qui bouillonne», La Presse, 15 novembre 2003.
- Ruel, Sylvie. «La popularité des spas nordiques en croissance», La Presse, 7 février 2004, p. 10.
- Research of the Canadian Spas Industry, Canadian Spa Association, juin 2003.

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