12 mai 2004

Reconvertir d’anciennes aérogares en terminal «low cost»

Imprimer

L’arrivée en force des transporteurs à rabais («low cost») force les administrateurs d’aéroports à revoir leurs politiques de gestion.

Les compagnies à bas prix nécessitent des infrastructures efficaces mais sans chichis, dotées de services et conforts minimaux, et leur permettant des rotations rapides. L’objectif visé étant d’attirer un maximum de voyageurs, pourquoi alors ne pas leur dédier des espaces et prestations aéroportuaires à leur image?

À ce sujet, trois exemples majeurs de reconversion nous viennent d’Europe, aux aéroports de Genève, de Marseille et de Beauvais. Ces nouveaux projets, jugés à l’avant-garde, s’insèrent parfaitement dans les mutations actuelles du transport aérien.

Genève

Fin avril 2004, l’Aéroport international de Genève (AIG) a annoncé qu’il projetait de remettre en service, le 1er novembre 2005, l’ancienne aérogare construite il y a plus de cinquante ans. Cette dernière serait affectée principalement aux compagnies à bas prix, qui représentaient 25% des passagers de l’AIG en 2003 et exigerait un investissement de 150 millions de francs suisses.

En appel d’offres actuellement, ce projet devrait rapidement être mis en consultation auprès des intéressés car son entrée en vigueur est prévue pour le 1er août 2004. Ce second terminal offrira un service minimum (libre-service pour l’enregistrement des bagages, aucun tapis roulant ni passerelle télescopique).

Marseille

Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’aéroport Marseille-Provence (dans le sud de la France) de songer à reconvertir une aérogare de fret (de 3000 mètres carrés, désertée en juin par son dernier locataire) en terminal entièrement dédié aux compagnies à bas prix. Celui-ci acceptera uniquement des A320 ou des B737 et pas plus de six appareils simultanément (soit une capacité annuelle de 3,5 millions de passagers). Cette aérogare sera prolongée par une salle d’embarquement où les avions seront «au contact», sans passerelle ni bus.

À Marseille (4e plus gros aéroport français), les transporteurs à rabais ne représentent encore que 5,6% du trafic total. Mais ce segment n’en est pas moins très prometteur.

Les objectifs visés sont:

  • d’attirer un million de voyageurs supplémentaires d’ici deux ans;
  • de permettre une réduction de 20 à 40% des coûts d’escale;
  • d’arriver à un abaissement à 1 euro de la redevance passager (contre 2,75 euros pour un vol national et 5,96 euros sur les lignes internationales).

Financé pour la moitié par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, ce projet nécessitera un investissement de 14,5 millions d’euros. Un appel à candidature a été lancé le 16 avril dernier auprès des compagnies aériennes qui devront, au terme d’une convention de trois ans, s’engager sur des chiffres de trafic. La sélection des opérateurs s’effectuera à l’automne 2004, pour commencer les travaux vers la fin de l’année. La mise en service est prévue pour la mi-2006.

Beauvais

L’aéroport de Beauvais (dans l’Oise), au 12e rang des aéroports français, mais qui souhaite devenir le 8e d’ici deux à trois ans, voit également la nécessité de moderniser ses installations.

Les travaux de rénovation (un investissement de 15 millions d’euros) pourraient également permettre d’abriter une base opérationnelle pour la compagnie irlandaise low cost Ryanair, qui représente aujourd’hui 75% du trafic de l’aéroport.

Une idée pour Saint-Hubert?

Selon certains articles de presse, Singapour serait dans la même phase de réflexion. Mais qu’en est-il, plus près de chez nous, de l’idée de reconvertir l’aéroport de Saint-Hubert?

Actuellement, les principales activités de l’aéroport de Saint-Hubert sont reliées aux écoles de pilotage, à l’aviation privée et aux vols nolisés:

  • les vols de formation constituent le gros du trafic aérien: ils contribuent au fait que l’aéroport se classe 5e au Canada, avec environ 170 000 décollages et atterrissages annuels;
  • l’aéroport compte également une activité importante attribuable à l’aviation privée;
  • il accueille aussi un transporteur commercial qui effectue neuf liaisons québécoises. En effet, Pascan Aviation offre deux vols aller-retour quotidiens (jours ouvrables) vers Québec (Jean-Lesage), Rouyn, Bagotville, Alma, Val-d’Or, Mont-Joli et, bien entendu, Saint-Hubert.

L’aéroport plaît aux gens d’affaires pour sa facilité d’accès, son stationnement gratuit, ses délais d’attente plus courts et sa grande proximité du centre-ville. Le seul hic, c’est la traversée des ponts de la rive sud en heures de pointe.

Enfin, selon certains, la réfection des pistes afin d’accueillir de plus gros avions coûterait plusieurs millions de dollars (le chiffre de 10 M $ a été avancé).

Sources :
- Lomazzi, Marc. «Marseille veut mettre en service la première aérogare « low cost » de France», La Tribune (Desfossés), 7 mai 2004, p. TR14.
- Challiol, Brigitte. «Marseille-Provence veut lancer le concept d’aérogare bas tarif», Les Echos, no 19154, 7 mai 2004, p. 5.
- Mutter, François. «L’Aéroport de Genève baissera ses taxes pour récompenser les compagnies fidèles», Le Temps, no 1925, 23 avril 2004.
- Dumont, Marc-André. «Saint-Hubert mise sur les vols de formation», Les Affaires, 25 octobre 2003, p. A8.

Aucun commentaire
Ajouter un commentaire »

Le Réseau de veille en tourisme vous invite à réagir à ses analyses en partageant des compléments d’information ou en échangeant vos idées et vos opinions. Veuillez toutefois noter que les commentaires présentant un ou plusieurs des éléments ci-dessous seront supprimés:

  • des propos diffamatoires ou irrespectueux;
  • de l’autopromotion ou des offres de produits et services;
  • toute information non liée au sujet de l’analyse.

Laisser une réponse = champs requis