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Analyses - 17 mai 2004

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mai 2004

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Tendances, Transport,

Transports: la première classe reprend du galon

Près de cinquante ans après la quasi-disparition de la première classe du transport de masse, certains transporteurs ont décidé de réintroduire le concept, poussés par l’arrivée des «low cost» et la guerre des prix qui en a découlé.

Que ce soit pour le transport aérien, le transport ferroviaire, sur les bateaux de croisières ou dans les autocars, les tarifs à rabais rivalisent avec les privilèges princiers. Certains joueurs importants commencent à s’intéresser de nouveau au développement des premières classes et des classes affaires. Et plusieurs ont même fait l’annonce, au cours des dernières semaines, d’investissements significatifs dans le domaine.

Pour les clients couramment dénommés «à haute contribution», plus question de se contenter d’un petit sandwich sans croûte accompagné d’un café dans une tasse en polystyrène, le tout confiné dans un espace où même un enfant de 10 ans aurait de la difficulté à se mettre les jambes!

Une conception du luxe qui diffère

La notion de luxe est très subjective et varie d’une compagnie à l’autre. Mais toutes s’entendent sur une chose: c’est la rareté de l’offre qui justifie sa valeur.

Dans cette course à la séduction des consommateurs «haut de gamme», c’est British Airways qui, depuis 1999, tient le haut du pavé. Pour pallier la perte de Concorde, la compagnie a lancé un programme d’amélioration lourd d’un montant de près de 870 millions d’euros.

Pour Emirates, par exemple, le luxe rime avec or, cuir et loupe d’orme. De plus, dans chaque suite, Mesdames, vous trouverez un petit nécessaire à maquillage avec un miroir lumineux vous évitant de faire la queue devant les toilettes. Les voyageurs peuvent prendre leur repas quand bon leur semble et non à des heures fixes programmées par l’équipage. Enfin, dans les cabines privées, la lumière varie au gré des fuseaux horaires traversés.

Sur les avions de la compagnie Swiss International , la nouvelle classe affaires Swiss Business propose des fauteuils entièrement inclinables, équipés de modules de rangement pour les chaussures, bouteilles, livres et magazines. En Swiss First, nouvelle dénomination de la première classe, les sièges ont été encore peaufinés: ils se transforment désormais en lits de 203 cm x 60 cm.

La technologie n’est pas en reste: écrans individuels, enregistrements audio ou vidéo sur demande, jeux vidéo, un service SMS, etc. Autre atout: une caméra de bord fixée sous le fuselage de l’avion permet de faire découvrir aux passagers une perspective fort différente des décollages, des atterrissages, ainsi que des territoires survolés.

Chez Air France, depuis le printemps 2004, chaque passager des Espaces Première bénéficie d’un espace à bord qui devient «son territoire privé», où il décide de son intimité et de sa sociabilité. Ce «luxe privé», sur fond de tapis rouge, se consomme également dans la musique et la gastronomie. Chacun des huit sièges comporte une prise PC, un écran vidéo interactif, un éclairage d’ambiance et un téléphone individuel.

La première classe est tellement rentable qu’Air France a décidé d’investir 300 millions d’euros dans des améliorations: suppression de sièges pour augmenter l’espace, fauteuils transformables en lits, etc. La bataille fait rage: c’est manifestement à celui qui offrira le meilleur confort dans l’horizontalité des «fauteuils-lits».

Dans un premier temps et dans un souci de rentabilité, la première classe ne sera maintenue que sur la moitié de la flotte actuelle de long-courriers et sur une vingtaine de lignes, dont New York et Tokyo. Le premier des trois appareils bénéficiant de ces aménagements est un Boeing 777-300 (avril 2004) et la compagnie s’est fixé comme objectif d’aménager la moitié de la flotte concernée d’ici le 1er novembre 2004 et 90% d’ici avril 2005.

Singapore Airlines, elle, offre un pyjama Givenchy à tous les passagers première classe sur ses vols long-courriers.

Au niveau des trains, chez Citynightline (filiale de la Deutsche Bahn), les compartiments des wagons-lits bénéficient désormais de baies vitrées panoramiques, de douches et même de porte-serviettes chauffants.

En Suisse, la Compagnie ferroviaire fédérale (CFF) propose aux entreprises et aux particuliers de réserver des wagons historiques, comme le mythique Trans Europe Express, entièrement restauré en train de luxe de première classe avec voiture restaurant offrant une fine cuisine.

Au Canada, le Skeena de VIA Rail Canada offre, de la mi-mai à la mi-octobre, la classe Totem de luxe. Les voyageurs y profitent d’une cuisine régionale servie directement à leur siège, d’un accès exclusif à la voiture Parc et à son dôme panoramique à l’étage, ainsi que de l’utilisation du salon à murale et de la rotonde arrière.

De plus, VIA Rail Canada offre désormais aux voyageurs de la première classe un accès Internet haute vitesse sans fil entre Montréal et Québec.

À quand un avion entièrement «classe affaires»?

Utopie, dites-vous? Pas vraiment! Car le transporteur allemand Lufthansa exploite désormais trois lignes de ce type, entre Düsseldorf et Chicago ou New York, et Munich et New York. Le concept est simple: ce sont des Boeing 737 loués au Suisse PrivatAir proposant 48 places.

Pour Michael Nau, responsable des grands comptes chez Lufthansa, cette formule a de l’avenir: «Le point d’équilibre se situe aux alentours d’un taux de remplissage de 50% et aujourd’hui, ce taux moyen est d’environ 60% sur les trois lignes.»

Sources:
- Bostnavaron, François. «Les compagnies aériennes redécouvrent la première classe», Le Monde, 29 décembre 2003, p. 10.
- Kupferman, Pierre. «Le luxe décolle dans le transport », La Tribune (Desfossés), 13 janvier 2004.
- Lutaud, Léna. «Guerre des cheikhs dans le ciel du golfe », Le Figaro, 15 mars 2004, p. 16, 17.
- Revue Espaces. «Tourisme de luxe: 2e partie», février 2004.
- The Guardian. «First-class fare», 21 avril 2004.