20 octobre 2006

Sentier aérien, parcours acrobatique, arbre en arbre… la nouvelle vogue en matière d’activités de plein air!

Imprimer

En quelques années, le nombre de sites offrant des sentiers aériens en forêt de type «arbre en arbre» s’est accru à travers le monde. Mais en quoi consiste cette nouvelle activité? Qui la pratique? Quels sont ses enjeux?

Un parcours aérien en forêt est équipé d’installations qui permettent au pratiquant de cheminer en hauteur et de façon plus ou moins acrobatique sur les arbres ou sur d’autres supports, naturels ou non, en assurant lui-même sa sécurité au moyen d’un équipement individuel de protection contre les chutes (harnais, longes, connecteurs, etc.) le tout relié à une ligne de vie installée sur son parcours.

Contrairement à la pratique de l’escalade ou de la via ferrata*, l’activité de parcours acrobatique se déroule dans un espace limité où le participant est complètement pris en charge. Chacun peut donc se présenter sur un site sans aucun préparatif, ni connaissance préalables. Cette facilité d’accès et cette souplesse constituent très certainement des atouts indéniables par rapport à d’autres activités de montagne qui nécessitent un investissement et un engagement importants, un long apprentissage ou un encadrement lourd et coûteux, et qui peuvent donner le sentiment qu’elles sont réservées à quelques passionnés.

D’abord en France, puis ailleurs en Europe, en passant par la Chine et l’Amérique

Le premier parcours acrobatique en forêt a vu le jour en 1995 dans le département des Hautes-Alpes en France. L’idée de base visait à offrir au grand public la possibilité de vivre une aventure à son niveau, dans un environnement aménagé, avec une notion de risque contrôlé. On a implanté ces jeux, inspirés des parcours d’entraînement militaire, dans des zones boisées, d’abord en montagne puis, plus récemment, dans les grandes régions touristiques et à proximité d’agglomérations importantes. On recense aujourd’hui plus de 400 sites sur le territoire français.

Le concept figure également dans d’autres pays européens (Suisse, Italie, pays anglo-saxons, Belgique) et, dernièrement, il a fait son apparition en Chine (Macao), au Japon et au Brésil.

Qu’en est-il au Québec?

Les premiers sites ont vu le jour en 2002 au Québec et on en dénombre une dizaine aujourd’hui. Selon certains observateurs, leur nombre pourrait atteindre la trentaine d’ici 2007. L’engouement pour ce type d’exploitation a pu être influencé par plusieurs facteurs, entre autres par un investissement initial assez modeste et un retour sur investissement relativement rapide (souvent inférieur à 5 ans).

Bien que la pratique encore trop récente de cette activité empêche de définir précisément la clientèle, certaines grandes caractéristiques émergent:

  • les parcours sont fréquentés à la fois par une clientèle de séjour et par les résidants des grands centres urbains situés à proximité;
  • la clientèle de séjour est surtout présente durant la période des vacances scolaires estivales, alors que la clientèle locale s’étale du printemps à l’automne, tout comme les groupes;
  • les groupes constituent la clientèle principale sur certains sites;
  • les pratiquants reviennent plus d’une fois sur le même parcours pendant une saison et sont aussi susceptibles de fréquenter plusieurs sites.

La plupart des parcours ouverts en 2004 ont dépassé leurs objectifs de fréquentation tout en n’ayant que très peu investi en publicité, car une imposante couverture médiatique leur a accordé une excellente visibilité (émissions de télévision, articles de journaux).

Des enjeux importants

Le développement harmonieux et durable de même que le respect des espaces forestiers constituent des enjeux de premier plan. L’intégration des parcours et des bâtiments à l’environnement naturel et le respect de la capacité de charge du milieu doivent guider le développement des sites.

L’aspect sécuritaire de l’activité s’avère primordial et nul ne peut improviser. Les animateurs doivent suivre une formation adaptée et adopter une position rigoureuse dans l’encadrement de l’activité. Finalement, l’entretien des parcours nécessite des précautions spécifiques.

Comme la plupart des sites proposent des jeux quasi identiques, la différenciation et l’intérêt d’un site dépendent en grande partie de son emplacement, de sa beauté et de l’agencement des jeux. D’ailleurs, l’offre doit se renouveler continuellement pour ne pas lasser les adeptes. Pour ce faire, différentes options sont envisageables:

  • création de jeux adaptés à des clientèles distinctes avec des niveaux de difficulté variables;
  • développement d’une thématique et animation des lieux;
  • déploiement d’activités connexes ou complémentaires telles que sentiers d’interprétation, stages de consolidation d’équipes, services de restauration, espaces aménagés pour la pratique de l’escalade ou de la via ferrata;
  • conception d’une panoplie d’activités pédagogiques (aire d’herboristerie, barrage de castors, aménagement de plantes, etc.).

Effet de mode ou tendance lourde?

Une chose est certaine, ça dure depuis dix ans en Europe et le marché est encore en pleine effervescence. D’ailleurs, certains centres de ski tels le Mont Orford, dans les Cantons-de-l’Est et le Mont-Sainte-Anne, dans la région de Québec, ont profité de cet engouement pour mettre sur pied des activités d’hébertisme aérien, de tyrolienne (cable aérien de 150 mètres), d’escalade et de canyoning (descente en rappel au-dessus d’une chute) afin d’assurer un achalandage en montagne hors de la saison hivernale: un bon moyen de se développer à peu de frais.

* La «via ferrata» est un itinéraire tracé dans une paroi rocheuse équipée d’échelles, de marches et de différents éléments destinés à rendre la progression plus aisée. Elle nécessite un équipement spécial qui permet d’assurer la sécurité des pratiquants.

Sources:
- Parcours Aventure
- Arbre-en Arbre Canada
- Corpo Aventure
- Revue Espace Tourisme & Loisirs, no 182, mai 2001

Un commentaire
Ajouter un commentaire »

    1.
  1. N’oublions pas l’importance de l’entrprise Prisme Équipement Canada dans le développement des via ferratas et des parcours acrobatiques…

Le Réseau de veille en tourisme vous invite à réagir à ses analyses en partageant des compléments d’information ou en échangeant vos idées et vos opinions. Veuillez toutefois noter que les commentaires présentant un ou plusieurs des éléments ci-dessous seront supprimés:

  • des propos diffamatoires ou irrespectueux;
  • de l’autopromotion ou des offres de produits et services;
  • toute information non liée au sujet de l’analyse.

Laisser une réponse = champs requis