Retour

Retour
Analyses - 12 juin 2008

Filtres

Filtres

Type de contenu

Tous les types

Thématique

Toutes les thématiq...

Analyste

Tous les analystes

Chronologie

juin 2008

Recherche

L
Imprimer Tourisme durable,

Vous avez dit «géotourisme»?

À l’automne 2007, Montréal devenait la première ville au monde à adhérer à la Charte en géotourisme de la National Geographic Society. Bien que la nouvelle ait fait la manchette, plusieurs se demandent encore ce qu’est le géotourisme. Est-il relié à l’écotourisme? Au tourisme durable? Qu’est-ce qu’un produit «géotouristique»? Tour d’horizon du géotourisme.

Définitions

Le «géotourisme» n’existe pas dans les dictionnaires classiques. Mais rappelons-nous que le mot «géo» vient du grec «gê» qui signifie «terre»! Le géotourisme réfère donc au tourisme de la terre. La National Geographic Society, qui s’est approprié l’appellation, définit ainsi le géotourisme:

«tourism that sustains or enhances the geographical character of a place – its environment, culture, aesthetics, heritage, and well-being of its residents».

En traduction libre: tourisme qui soutient et met en valeur le caractère géographique d’un lieu, son environnement, sa culture, son esthétisme, son patrimoine et le bien-être de ses habitants. Le géotourisme englobe donc les principes de développement durable et la protection des caractéristiques locales de la destination ainsi que les bénéfices qu’ils peuvent apporter aux visiteurs comme aux résidants. Il adopte également le précepte de l’écotourisme selon lequel le tourisme fait la promotion de la conservation de la nature.

Dans la présente analyse, nous nous en tiendrons au concept de géotourisme développé par la National Geographic Society.

Le géotourisme mise donc sur une synergie des composantes géographiques d’un lieu qui se traduit par une expérience touristique plus riche que la somme de ses parties. Le géotourisme:

  • implique la communauté, les entreprises locales et les groupes de citoyens;
  • informe les visiteurs comme les résidants;
  • génère des retombées économiques pour la communauté;
  • économise les ressources;
  • respecte la culture locale et les traditions;
  • recherche la qualité au-delà de la quantité;
  • encourage l’intégrité et le caractère local d’un lieu, l’authenticité;
  • suscite l’enthousiasme des touristes: ceux-ci feront ainsi part de leurs expériences à d’autres, qui voudront faire de même!

Et Montréal souscrit à tout ça?

L’adhésion de Montréal à la Charte en géotourisme du Center for Sustainable Destinations (CSD) de la National Geographic Society fut le résultat d’un processus de plusieurs mois. Parmi les arguments favorisant Montréal, soulignons:
• antécédents avérés de bonne gestion de la destination touristique;
• engagement marqué à développer de nouvelles activités liées au concept de géotourisme;
• leadership sur la scène internationale dans les secteurs de la conservation et du tourisme.

En signant la Charte, Montréal s’engage à respecter les treize grands principes du géotourisme. Parmi les autres destinations signataires de cette charte, mentionnons le Guatemala, le Honduras, la Roumanie, la Norvège ainsi que les États américains du Rhode Island et de l’Arizona.

2008 Geotourism Challenge

Le CSD encourage les individus et les organisations de toutes tailles à emprunter l’approche du géotourisme. Pour les inciter à adopter de bonnes pratiques, cet organisme a mis sur pied le 2008 Geotourism Challenge dont l’objectif est d’identifier et de promouvoir les entreprises novatrices qui s’inscrivent dans le mouvement du géotourisme. Les trois gagnants reçoivent chacun 5000$, en plus de la visibilité et du prestige d’être associé à la National Geographic Society et son partenaire dans ce concours, Ashoka Changemakers.

Deux exemples

The Great Baikal Trail, un réseau de 540 kilomètres de sentiers autours du plus vieux lac du monde, en Russie, fait partie des finalistes. La population locale – surtout composée par la communauté autochtone sibérienne –, très impliquée dans le projet, tenait à préserver son environnement et surtout son style de vie traditionnel. En plus de mettre en valeur leurs traditions, le Great Baikal Trail a permis à un grand nombre d’entre eux d’obtenir un travail valorisant et un salaire décent, ce qui n’est pas toujours le cas dans les milieux ruraux isolés de la Russie. La participation à ce grand projet rassembleur, qui regroupe diverses instances gouvernementales, a rapproché les habitants, les entreprises et les élus. La prise de conscience concernant la richesse du territoire s’exerce auprès de la communauté locale comme auprès des touristes.

CB_2008-06_geotourisme_img1

Autre finaliste, les Crete’s Culinary Sanctuaries (CCS). Le but premier de ce produit agrotouristique de l’île de Crête, en Grèce, consiste à protéger la culture et la nature de la région en créant des occasions de contact entre les communautés et les visiteurs. La formule se présente sous forme de séminaires/excursions sur mesure pour petits groupes, grâce à un réseau de spécialistes, dont des agriculteurs de fermes biologiques, des chefs cuisiniers et des historiens qui partagent leurs connaissances de la Crête. Les visiteurs en apprennent davantage sur la cuisine santé méditerranéenne et la fabrication de ses produits comme l’huile d’olive, le fromage, le pain et le vin. CCS est reconnu mondialement pour ses programmes éducatifs et fait figure de bonne pratique au sein d’organisations internationales comme le World Travel and Tourism Council.

Laissez-vous inspirer!

Sur le site Internet du concours, il est possible de consulter chacune des inscriptions. Des 323 candidatures en provenance de 83 pays, les juges en ont retenu 15, mais aucune de l’Amérique du Nord. Les produits touristiques en compétition sont novateurs, surtout dans leur mode de fonctionnement. Il s’agit là de bonnes pratiques très inspirantes! Avis aux intéressés: bien que la première édition soit terminée, cette compétition annuelle se répétera au cours des deux prochaines années!

Sources:
– National Geographic. [www.nationalgeographic.com/travel/sustainable/about_geotourism.html], consulté le 5 juin 2008.
– Saint-Pierre, Brigitte. «Adhésion de Montréal à la Charte en géotourisme – Pour un développement touristique durable», Le Devoir, 31 octobre 2007.

Sites Internet:
Crete’s Culinary Sanctuaries
Great Baikal Trail
The Geotourism Challenge

  • RABEARY Frédéric

    Mesdames et Messieurs,
    le 31 mai au 02 juin 2012 derneir se tenait à Madagascar le “INTERNATIONAL TOURISM FAIR MADAGASCAR ” ou Salon International du Tourisme Durable. J’y participais en tant que conférencier sur le GEOTOURISME et dont voici le résumé:
    Valorisation du Tourisme Durable de Madagascar par le GEOTOURISME

    Madagascar se met au développement touristique durable. En fait, le concept est accepté, implanté mais cela demande une planification impliquant de multiples parties prenantes, un cadre politique facilitateur, un cadre législatif et normatif, une collaboration entre secteur privé et communautés hôtes, et le renforcement des capacités des individus et des institutions. Si les plans de destination représentent le «quoi ?» du tourisme. Les stratégies touristiques sont le «comment ?», elles reflètent les voies et les moyens d’atteindre les objectifs et étapes de la durabilité.

    La destination touristique de Madagascar est un ensemble d’attractions, d’équipements, d’infrastructures, d’installations, d’entreprises, de ressources et de communautés locales dont la combinaison offre aux touristes les produits et les expériences qu’ils recherchent. La bonne gestion du développement durable de la destination est un processus complexe impliquant le secteur privé comme moteur principal, tous les niveaux de gouvernance et les groupes d’intérêt des résidents (dont les communautés locales). Et, en 2011, le secteur Tourisme rapporte aux pays 531,60 milliards d’Ariary de revenu qui est lié à : son authenticité, son potentiel de développement, son intégrité, sa richesse culturelle, humaine et physique. En associant les dimensions économiques, écologiques et socioculturelles, elles apparaissent de ce qu’on entend par : «Développement Touristique». Mais qu’en est-il stratégiquement de l’identité de ce secteur pour Madagascar? Est-ce l’écotourisme ou une autre forme de Tourisme? En prenant en considération toutes les dimensions dans le développement touristique, une approche mérite notre attention : le GÉOTOURISME.

    Le GEOTOURISME (Terme inventé par Jonathan B. en 1997 et publié par la «Travel Industry Association of America» en 2002) est un tourisme qui soutient et rehausse le caractère géographique d’un lieu, son environnement, sa culture, son esthétique, son patrimoine ainsi que le bien-être de ses résidents. Il est fondé sur 13 principes fondateurs qui ont pour but de promouvoir un Développement Touristique Durable. Il englobe les principes de développement durable et la protection des caractéristiques locales de la destination ainsi que les bénéfices qu’il peut apporter aux visiteurs comme aux résidants. Il se doit donc d’impliquer et d’informer la communauté, les entreprises locales et les groupes de citoyens. Il contribue à générer des retombées économiques pour la communauté, et à économiser les ressources qu’au respect de la culture locale et des traditions. Il adopte également le précepte de l’écotourisme selon lequel le tourisme fait la promotion de la conservation de la nature.

    Madagascar ayant 22 Régions administratives, et qui chacune dispose de potentialités touristiques peut assurer la pérennité de ce secteur d’activité, il est essentiel d’en préserver le potentiel, de ne pas porter atteinte à ce qui le caractérise, à ce qui le distingue et à ce qui en constitue sa richesse. A cet égard, la promotion du Géotourisme peut contribuer au développement durable du Tourisme de Madagascar, car il vise à assurer un développement du tourisme en harmonie avec le milieu. Un développement qui protège et met en valeur son authenticité et son potentiel de développement, ainsi que son intégrité et sa richesse culturelle, humaine et physique, et permettant par la même occasion un développement durable du tourisme régional. Le Géotourisme peut certainement apporter une contribution importante à l’identité du Tourisme de Madagascar dans le concert des nations.

    Je voudrai s’il vous plait avoir un contact avec une personne qui parle le français avec le NATIONAL GEOGRAPHIC pour péréniser ces actions que j’ai entreprise.

    Cordialement votre?
    RABEARY F.
    mail : fredfaby@moov.mg

  • Claudine Barry

    Merci M. Rabeary de votre commentaire. Voici le lien vers la page des ressources en géotourisme du National Geographic http://travel.nationalgeographic.com/travel/sustainable/info_and_resources.html. En les contactant, on vous dirigera certainement vers la bonne personne.
    Voici également le lien vers Géo Montréal: http://www.geomontreal.com/
    Je vous souhaite la meilleure des chances dans vos projets!

Consultez notre Netiquette