Propres et attrayantes, ressemblant parfois à des centres commerciaux, à des musées ou à des parcs d’animation, les haltes routières ou aires de service prennent différentes formes. Puisqu’elles sont souvent la porte d’entrée d’une région ou encore l’un des premiers contacts du visiteur avec la destination, elles devraient être accueillantes. Comme le Québec affiche quelques lacunes à cet égard, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a le projet de revitaliser tout le réseau des haltes routières.
Bien qu’il ait pris un peu de retard sur son échéancier, le MTQ a enclenché le processus. Voyons en quoi consiste ce projet et faisons un tour d’horizon de quelques aires de services ailleurs dans le monde.
Un réseau à revitaliser
À l’heure actuelle, le réseau des haltes routières du MTQ comprend:
Il y a déjà trois ans, le MTQ annonçait son intention d’améliorer le réseau des haltes routières. Des études confirment l’insatisfaction des usagers à l’égard de ces installations. La plupart ont été construites dans les années 1960 et 1970 et ne répondent plus aux besoins. L’aménagement et l’offre de service sont à revoir afin de contribuer, notamment, à la sécurité des usagers de la route. Le MTQ remarque aussi à quel point ces infrastructures projettent une image peu attrayante du Québec auprès des touristes. Le constat est sans équivoque: l’amélioration de ces installations est nécessaire.
Le projet
Le plan du MTQ prévoit :
- 28 aires de service;
- 5 aires de services pour véhicules lourds;
- 45 villages-relais;
- 6 belvédères;
- 6 aires de stationnement pour véhicules lourds.
La première phase du projet consiste en la réalisation de sept aires de service selon la formule d’un partenariat public-privé. Il s’agit plus qu’une simple rénovation. Ces lieux devront inclure un certain nombre de services de base (voir tableau1) et leur construction et leur aménagement seront soumis à des critères architecturaux. La carte ci-dessous indique l’emplacement de ces aires.
Outre les aires de service, le ministère veut remédier aux lacunes des haltes routières en développant un réseau de villages-relais, inspiré des villages-étapes en France. Ce projet consiste à certifier 45 villages qui doivent répondre aux besoins des touristes et des camionneurs de passage. Pour recevoir cette appellation, la municipalité doit remplir une série de critères, dont celui d’offrir certains services 24 heures par jour, 365 jours par année, et être en mesure d’accueillir les personnes à mobilité réduite. Ce concept vise aussi l’amélioration physique des lieux afin de rehausser la valeur touristique de certains endroits.
Pour plus d’information sur les projets du ministère des Transports du Québec consultez le lien suivant: http://www.inforoutiere.qc.ca/fr/parcs/index.asp.
Voyons ce qui se fait ailleurs!
États-Unis
Les aires de repos et de service des autoroutes américaines sont le plus souvent financées par le Département des transports de l’État. Normalement, ces aires offrent des services de base comme les toilettes et l’eau potable. Souvent très propres, aérées, bien aménagées et entretenues, elles constituent des endroits agréables où s’arrêter. Certaines haltes plus équipées disposent d’information touristique, de machines distributrices, de tables de pique-nique, d’aires de jeux pour les enfants et de stations de vidange pour les véhicules récréatifs. Les Welcome center, souvent situés aux frontières de l’État, sont des bureaux d’information touristique avec employés où l’on peut effectuer des réservations d’hébergement. Des États, comme la Californie, légifèrent afin d’interdire tout commerce sur les aires de repos, dans le but de protéger les petites municipalités bordant les grandes routes qui bénéficient des dépenses réalisées par les voyageurs et les camionneurs de passage.
Au Vermont, l’aire de repos de Sharon dispose d’une serre permettant l’exploitation d’un système de filtration pour l’eau des toilettes. Cette aire de repos assez achalandée, située en bordure de l’autoroute inter États 89, est ainsi dotée d’équipements sanitaires écologiques et très novateurs en plus d’un attrait hors du commun pour une halte routière puisque la serre, qui regorge de plantes exotiques, est accessible au public.
France
En France, des autoroutes ont été cédées en partie à des concessions. Ces dernières exploitent aussi les aires de service. Certaines de ces aires occupent beaucoup d’espace et regroupent plusieurs commerces. Bien plus qu’une offre de base, le réseau des aires de service en France compte plus de 330 boutiques:
- produits régionaux;
- alimentation;
- magazines et livres;
- vêtements, produits électroniques, etc.
Une quarantaine d’aires disposent de bornes Internet ou d’espaces Wi-Fi. Chacune des 17 concessions d’autoroutes françaises présente, sur le Web, les tronçons dont elle est responsable, donne de l’information sur le trafic, les travaux et la localisation des aires de service. Plusieurs sociétés d’autoroutes proposent des animations à même ces aires. À titre d’exemple, on peut participer aux activités «Découvrez la région en un coup d’œil», voir des expositions qui mettent en valeur la culture locale ou encore s’initier à l’hébertisme aérien, selon les aires de service.
Allemagne
Autobahn Tank & Rast exploite environ 370 aires de service en bordure des autoroutes allemandes. Depuis sa privatisation en 1998, Tank & Rast a investi massivement dans ses aires de service. Plusieurs d’entre elles sont munies de bornes Internet, de services pour les familles comme une salle d’allaitement ou une aire de jeux. L’entreprise a renforcé ses partenariats avec des bannières bien connues comme Burger King et McDonald’s. Elle a aussi introduit quelque 180 comptoirs de boulangerie, 140 bars à pâtes (avec la collaboration de Barilla) et 160 comptoirs à café. Elle ajoute constamment de nouveaux produits en y intégrant des spécialités régionales. L’une de ces aires a reçu une reconnaissance à l’échelle européenne (Europe-wide ADAC Autobahn Services Test 2007).
Inciter à la découverte
Outre les présentoirs, les outils technologiques permettent une extraordinaire diffusion de l’information qui peut s’avérer très porteuse dans de tels lieux. Les bornes Internet ou bornes interactives donnant accès à de l’information touristique permettent aux touristes de prendre connaissance des attraits et événements se déroulant à proximité (Lire aussi: Quel avenir pour les bureaux d’accueil et de renseignements touristiques). Il faut savoir tirer profit de ce répit du voyageur, capter son intérêt pour l’inciter à faire un détour. L’aire de service peut aussi devenir une véritable vitrine de la destination par l’accueil d’événements sur le site même ou en permettant la vente de produits du terroir. La halte routière de Saint-Michel de Bellechasse, en bordure de l’autoroute 20, offre des produits alimentaires régionaux de fabrication artisanale. Il s’agit là d’une belle initiative pour mettre en valeur le savoir-faire des gens de la région et inciter les voyageurs à prolonger leur séjour! Trouvons la formule qui convient, qui sécurise les déplacements des voyageurs, mais aussi celle qui les informe et les amène à fréquenter davantage les routes et surtout à découvrir les régions et les attraits du Québec.
Sources :
– Association des sociétés françaises d’autoroutes, [http://www.autoroutes.fr/lasfa/] (page consultée le 2 septembre 2008).
– Autobahn Tank & Rast, [http://rast.de/standorte/servicenetz/index_en.php#] (page consultée le 28 août 2008).
– Michigan Department of Transportation, [http://www.michigan.gov/mdot/0,1607,7-151-9621_11041_21800_21802_22732-63943--,00.html] (page consultée le 28 août 2008).
– Ministère des Transports du Québec, [http://www.mtq.gouv.qc.ca/portal/page/portal/grand_public/vehicules_promenade/reseau_routier/nouveau_reseau_aires_service] (page consultée le 27 août 2008).
– Saint-Pierre, Marc. «Acheter de l’alcool sur le bord de la 20», Le Soleil, 2 août 2008.
– Zezima, Katie. «Vermont Blends ‘Green’ Flush Toilets and a Greenhouse», The New York Times, 31 août 2005.
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