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Analyses - 28 octobre 2008

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octobre 2008

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Et si on prenait le train?

Comment voyager en évitant les mauvaises surprises causées par les hausses du prix de l’essence, les multiples contrôles de sécurité aux aéroports, les longues files d’attente, la multiplication des frais supplémentaires sur les voyages en avion, les congestions routières, le stress des longs trajets en voiture? En prenant le train! Moyen de transport de l’avenir, comme le clament certains pour sa bonne performance environnementale et pour sa rapidité lorsqu’il s’agit du t.g.v., le train gagne du terrain. Voyager en train est monnaie courante pour la plupart des Européens et semble de plus en plus populaire auprès des Américains. Dans le cas de Via Rail, on enregistre des hausses d’achalandage depuis le début de 2008. L’univers du transport ferroviaire serait-il en ébullition?

Rêvons un peu…

Imaginez si le Québec était pourvu d’un réseau de trains – encore mieux de t.g.v. – à la française! La nouvelle donne environnementale, dont le contexte plutôt alarmant des changements climatiques et la nécessité de trouver des solutions durables de transport, devrait nous pousser à envisager sérieusement un virage vers le transport par train.

Via Rail: investir pour rajeunir

Le nombre de passagers sur le réseau de Via Rail a augmenté de près de 10% pour les six premiers mois de 2008 par rapport au premier semestre de 2007 pour atteindre 2,2 millions de passagers. Le tronçon Montréal-Gaspé aurait connu une hausse de 25%. Mais comme le constate la société d’État elle-même, pour une croissance durable de l’achalandage, tout le réseau nécessite une cure de rajeunissement. Heureusement, le gouvernement fédéral annonçait à la fin de l’année 2007 un investissement de 692 millions de dollars pour l’amélioration des infrastructures ferroviaires, soit le plus gros investissement en immobilisations de l’histoire de Via Rail.

CB_2008-10_prendre_train_img1

Ces derniers arrivent à point compte tenu des défis de taille auxquels doit faire face Via Rail. Outre la vétusté du réseau, des voitures de passagers et des locomotives, mentionnons:

  • la concurrence féroce des transporteurs aériens offrant des billets à bas prix;
  • les retards des trains de passagers occasionnés par l’augmentation du trafic de trains de marchandises et par la réduction de vitesse de ces derniers.

Ajoutons aussi que le nombre de départs et l’horaire des trains de voyageurs sont parfois restrictifs. Par ailleurs, les déplacements par train au Québec ne permettent pas de voyager plus rapidement qu’en voiture ou en autobus.

Un projet de train rapide refait surface

Au fil des ans, plusieurs projets de t.g.v. ou de train rapide ont fait l’objet d’études de faisabilité ou de discussions entre les provinces et les États concernés. Pensons au lien Montréal–Boston ou encore à celui de Montréal–New York. Mais c’est le projet du train rapide dans le corridor Québec–Windsor qui soulève le plus grand intérêt chez nos gouvernements. Du moins, il a refait surface en 2008. Les premiers ministres du Québec et de l’Ontario estiment que dans le contexte actuel, soit les nouvelles préoccupations en regard de la réduction des gaz à effet de serre ainsi que la congestion routière, une réévaluation du projet est nécessaire. Même si celui-ci a fait l’objet d’études il y a plus d’une dizaine d’années, les nouvelles technologies ainsi que les impératifs environnementaux teinteront sûrement les résultats des évaluations à venir.

Aux États-Unis: une demande en forte croissance

La popularité du train bat des records aux États-Unis. Le transporteur national, Amtrak, a connu en juillet 2008 le meilleur mois de ses 37 ans d’histoire. Quelque 28 millions de passagers ont voyagé sur le réseau d’Amtrak entre septembre 2007 et 2008, une augmentation d’au moins 10%. L’essence à plus de 4 USD le gallon, les aéroports bondés, les mesures de sécurité contraignantes et le coût élevé des billets d’avion ne sont pas étrangers à ce phénomène. Et certains hôtels saisissent l’occasion en offrant des promotions aux voyageurs qui se sont déplacés par train. C’est le cas de la chaîne Kimpton Hotels – pour ses établissements de New York, Boston et Washington D.C. – avec sa promotion «Ride the Rails», qui consiste à donner 20% de rabais sur le meilleur prix en vigueur à ceux qui se procurent un billet Amtrak.CB_2008-10_prendre_train_img2

Et pourtant, le réseau américain souffre à peu près des mêmes maux que ceux du Canada, soit des équipements vieillissants et des retards importants. À cet égard, le Congrès des États-Unis vient d’accepter de doubler l’enveloppe budgétaire d’Amtrak à 13 milliards de dollars sur cinq ans. Dans le passé, les subventions versées au transporteur national étaient très critiquées. Aujourd’hui, on les voit d’un autre œil étant donné le contexte économique défavorable qui règne depuis quelques années. On étudie aussi la possibilité de nouvelles lignes dont celle d’un lien rapide entre Washington et New York. Si les Américains se mettent à voyager en train, nous devrions peut-être y voir une opportunité!

Le réseau européen prend de la vitesse et s’organise

Le transport des voyageurs par train en Europe est très bien implanté, non seulement dans le quotidien des résidants, mais aussi dans la culture touristique, et ce, depuis un bon moment. Ce qui domine ce secteur à l’heure actuelle, c’est le développement et le déploiement extrêmement rapide des lignes à grande vitesse. On parle même d’une révolution du train rapide. Avec les projets en cours, ce réseau à grande vitesse devrait tripler d’ici 2020 pour atteindre plus de 15 000 kilomètres (pour les projets, consultez http://www.railteam.fr/A-propos-de-Railteam/Futur-de-la-Grande-Vitesse).

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À l’été 2007, sept opérateurs européens de train à grande vitesse ont signé un contrat de coopération, Railteam, dont le but est de faciliter les voyages internationaux, directs ou par correspondance. L’objectif consiste à faire du transport ferroviaire à grande vitesse une véritable solution de remplacement à l’avion et à la voiture. Le partenariat Railteam devrait permettre une amélioration des correspondances, la diffusion d’une information complète et multilingue, à bord et en gare, et un accompagnement continu, notamment en cas de retard et de complications pour les correspondances. Autre aspect d’importance, Railteam investit dans une plateforme de distribution commune aux sept opérateurs. Au cours de l’année 2009, les clients pourront acheter leurs billets de t.g.v. en une seule transaction, même s’ils combinent plus d’une compagnie ferroviaire. Ce système devrait constituer une plus-value notable et, du même coup, un enjeu pour le transport aérien qui était le seul jusqu’à maintenant à offrir ce type de distribution.

If you can’t beat them, join them

La libéralisation du transport ferroviaire en Europe, prévue pour 2009, entraînera sûrement la participation de nouveaux joueurs. Plusieurs transporteurs aériens pourraient bien faire leur entrée. Déjà, certains ont conclu des ententes, et d’autres partenariats sont pressentis. À titre d’exemple, Lufthansa et Deutsche Bahn (DB) ont élaboré le concept AIRail qui permet aux voyageurs de transférer de l’avion au train avec un seul billet. Air France et son partenaire Veolia ont l’intention de lancer leur propre train à grande vitesse afin de fournir un service sur certaines lignes devenues moins rentables pour le transporteur aérien et de s’assurer une part de ce marché qui prend de l’ampleur. KLM a conclu une entente avec la Dutch railway company pour prendre une part de 10% dans la nouvelle ligne de train rapide.

Le succès européen devrait nous inspirer dans notre recherche de modes de transport de longues distances durables, surtout en raison de la vastitude de notre territoire et des possibilités de développement que peut représenter le déploiement d’un réseau ferroviaire efficace.

Sources:
– Balland, Karine. «Air France avance son projet ferroviaire», L’Écho touristique, 12 septembre 2008.
– Beauchamp, Alexis. «Les nouvelles “technologies écoactives” de Bombardier Transport», [http://www.visiondurable.com], page consultée le 15 octobre 2008.
– Beauchamp, Alexis. «Washington double le financement du transport ferroviaire», [http://www.visiondurable.com], page consultée le 14 octobre 2008.
– Dubuc, André. «Le train de nouveau sur les rails», Les Affaires, 20 septembre 2008.
– Fortin, Karine. «Le projet de train rapide Québec-Windsor relancé», 10 janvier 2008.
– McCommons, James. «A New Era for Train Travel?», [americancity.org], page consultée le 17 octobre 2008.
– Stone, Danie. «All Eyes on Amtrak», Newsweek, 12 juillet 2008.
– The Associated Press. «Amtrak reports record annual ridership», USA TODAY, 10 octobre 2008.
– Therrien, Yves. «Un TGV Québec-Windsor, toujours une priorité», 2 septembre 2008.
– Travel & Tourism Analyst. «Rail Travel – Europe», Mintel, no 3, mars 2008.
– Vézina, René. «Il est temps de remettre le projet de TGV sur les rails», Les Affaires, 26 avril 2008.
– Via Rail Canada. «Rapport annuel 2007: La revue de l’année».

Sites Internet:

- Amtrak
Railteam
SNCF
VIA Rail

 
  • vivianisvirtual

    Bonjour Madame Barry,

    Votre article tombe à point! Le train est le moyen de transport de l’avenir, je suis d’accord avec vous.

    Plus de confort, moins de stress lors du voyagement, moins d’émissions de GES, etc.

    Avez-vous pris connaissance des récentes données environnementales de VIA Rail ? Je vous invite à lire mon article à ce sujet :
    http://www.vivianisvirtual.ca/2008/10/31/the-train-a-greener-way-to-travel/

    Aussi, visitez le site de VIA Rail pour prendre connaissance de ses engagements au plan de l’environnement : http://www.viarail.ca/entreprise/fr/environnement/protection.html

    Virtual Vivian, Agente de bord virtuelle pour VIA Rail

  • Claudine Barry

    Merci Vivian pour votre commentaire.

    En effet, les voyages par train sont généralement vus comme la forme la plus écologique de transport de longue distance, considérant les faibles émissions de carbone qu’ils engendrent et leur efficacité énergétique. De plus, la dernière mouture des lignes de train rapide allierait haute performance et faible impact environnemental. Et les améliorations technologiques foisonnent. Les technologies «écoactives» de Bombardier réduiraient de 50% l’énergie consommée par les trains. La multinationale estime d’ailleurs que par les temps qui court : «le climat est favorable au train»!

    Claudine Barry