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Analyses - 18 novembre 2008

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novembre 2008

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Comment se répartira la tarte des 1,9 milliard de touristes en 2030?

En 1950, on dénombrait 25 millions de voyages internationaux, et en 2005, 803 millions. En 2030, ce nombre pourrait atteindre 1,9 milliard et totaliser des recettes de 2 trillions USD. Plus de 5 milliards USD seront dépensés quotidiennement par les voyageurs internationaux. Toutes les parties du globe seront visitées et les vols dans l’espace seront devenus réalité. Comment se dessinera l’échiquier mondial des destinations en 2030?

Ian Yeoman, professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse et futurologue spécialisé en tourisme, a déjà aussi été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

Yeoman souligne qu’il devient de plus en plus difficile de faire des prévisions avec justesse en raison des multiples événements qui viennent causer des ruptures temporaires et des diverses politiques de certains pays qui, elles, amènent des changements plus permanents. En se basant sur la prospérité économique et la corrélation de la propension à voyager, il a tout de même tenté l’exercice à partir des données de Mintel, de l’Organisation mondiale du tourisme et d’Oxford Forecasting.

De 1950 à 2005, on a assisté à une croissance annuelle moyenne des arrivées internationales d’un peu plus de 6%. Dans les 25 prochaines années, elle devrait se situer à 3,4% tandis que la hausse des recettes s’établira à 4,4%. On peut expliquer en partie le ralentissement de la croissance par le vieillissement de la population, phénomène qui s’observe dans plusieurs pays du monde.

L’échiquier mondial des grandes régions en 2030

Les marchés se déplaceront vers l’Est en raison des coûts, du désir des voyageurs de découvrir des expériences nouvelles dans d’autres parties du monde et de l’augmentation du niveau de vie dans ces pays. Malgré le fait que l’Europe demeurera la région dominante, elle perdra des parts de marché au profit de l’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient (graphique 1). Les Amériques resteront à peu près stables. L’Afrique augmentera ses arrivées dans une faible proportion. En ce qui a trait aux recettes, la situation évoluera de façon similaire à celle des arrivées (graphique 2).

ML_2008-11_dest_2030_grphq 1
ML_2008-11_dest_2030_grphq2

Le classement des destinations remanié

De 2005 à 2030, la région de Macao, la Turquie, la Malaisie et la Chine présenteront des taux moyens de croissance supérieurs à 5% annuellement alors que ceux de l’Italie, de l’Espagne et de la France seront inférieurs à 2%.

ML_2008-11_dest_2030_grphq3

Les yeux sont tournés vers la Chine depuis les Jeux olympiques de Beijing en 2008. Avec sa croissance économique impressionnante et ses investissements majeurs dans l’industrie touristique, elle deviendra incontestablement la 1re destination mondiale en 2030, affichant une croissance annuelle moyenne de 5,1% pour ses arrivées et de 5,4% pour ses recettes.

En 2005, les États-Unis occupaient le 3e rang des destinations touristiques mondiales et le 1er pour ce qui est des recettes. Malgré cela, ce pays est en déclin depuis les 15 dernières années. Même si les États-Unis sont une des plus grandes destinations touristiques mondiales, sa 2e position en 2030 dépendra grandement de son image internationale, qui est liée à ses politiques étrangères, à ses mesures en matière d’environnement, à ses stratégies militaires, à ses restrictions d’entrée au pays, etc.

La France, première destination mondiale actuellement, devra tirer sa révérence à ce titre et laisser la place à la Chine et aux États-Unis en 2030. Malgré ses icônes et la diversité de ses attraits (Paris, plages, montagnes, mode, cuisine, vins, etc.), la France reste un marché mature avec une croissance évaluée à 1,2% annuellement. Toutefois, elle verra croître ses recettes de 3% en moyenne entre 2005 et 2030 en raison du marché haut de gamme qu’elle attire.

Occupant la 9e position en 2005, la Turquie pourra s’enorgueillir de sa forte remontée au classement (4e position en 2030). Avec une croissance moyenne de ses arrivées de 6% annuellement, elle verra son nombre de touristes internationaux passer de 20 à 90 millions, et ses recettes de 18 à 78 milliards USD, soit une croissance annuelle moyenne de 5,9%. Istanbul, ses régions rurales, ses stations de vacances, sa localisation à la jonction de l’Europe et du Moyen-Orient, la perspective de son adhésion à l’Union européenne feront de la Turquie une destination courue.

Le Canada a été évincé du classement des dix premières destinations mondiales en 2004. En 2005, il occupait la 12e position et il glissera vraisemblablement au 16e rang en 2030 alors que les arrivées internationales augmenteront de 18 à 33 millions. Il occupera le 17e rang des recettes, passant de 13 milliards USD en 2005 à 34 milliards en 2030.

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Le classement du Top ten des recettes diffèrera quelque peu de celui des arrivées. Certains pays (États-Unis, Espagne, Italie) monteront en grade, d’autres glisseront d’un rang ou deux (Chine, France, Turquie, Royaume-Uni) et quelques-uns disparaîtront du grand classement (Région de Macao, Russie). L’Inde ne figurera pas au tableau du classement des destinations, mais sera propulsée au 10e rang de celui des recettes avec la plus forte croissance moyenne annuelle (7,5%), ce qui lui permettra d’engranger 49 milliards USD.

Et… à quand «l’espace» au classement des grandes destinations mondiales?

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com/]