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Analyses - 2 mars 2010

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mars 2010

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Portrait des croisières internationales

L’année 2009, frappée de plein fouet par la crise économique, demeurera pour plusieurs secteurs de l’industrie touristique une année catastrophique. Pour les croisières, elle aura été plutôt une année de croissance du nombre de passagers, alimentée par une baisse importante des coûts des forfaits. Quant aux perspectives de 2010, elles sont des plus positives: nouveaux navires, nouvelles clientèles, augmentation des réservations et hausse des tarifs. De grandes tendances se pointent à l’horizon; on n’a qu’à penser au Web 2.0, au développement durable et à l’internationalisation de la clientèle. Voici un bref survol de cette industrie et de son avenir à court terme.

État de la situation

Au cours d’une présentation effectuée le 20 janvier 2010 par la Cruise Lines International Association (CLIA), messieurs Terry L. Dale et Richard E. Sasso, respectivement président et titulaire du comité marketing, ont partagé quelques prévisions pour l’année 2010. Le nombre de passagers devrait atteindre 14,3 millions alors qu’il était de 13,4 millions en 2009. Les prix seront à la hausse, mais toujours en deçà de ceux de 2008. Les grandes aubaines affichées à l’hiver 2009 ne reviendront pas cette année, mais il sera encore possible pour le consommateur de bénéficier de promotions spéciales telles que les crédits à dépenser à bord, le billet d’avion gratuit, les croisières 2 pour 1, etc.

Les compagnies introduiront 12 nouveaux navires en 2010, dont les très attendus Norwegian Epic, l’Allure of the Seas et le Disney Dream. Selon un sondage effectué auprès des agents affiliés de la CLIA, ces derniers sont extrêmement optimistes et prévoient une hausse des réservations pour les trois prochaines années. De plus, toujours selon une autre enquête menée par la CLIA,  34 millions d’Américains avaient l’intention de partir en croisière entre 2008 et 2011.

Par ailleurs, l’Alaska éprouve en ce moment d’énormes difficultés en raison des redéploiements annoncés par la plupart des compagnies d’ici les deux prochaines années. Si la tendance se maintient, l’Alaska Travel Industry Association prévoit une baisse de 140 000 passagers en 2010, pour atteindre un total de 860 000 personnes.

Tendance du Web 2.0 à surveiller

La plupart des compagnies utilisent quotidiennement le Web social dans leur campagne marketing. Il ne suffit que de regarder l’exemple du lancement d’Oasis of the Seas par Royal Caribbean à l’automne 2009. Un site Internet a d’abord été complètement dédié à ce nouveau bateau. Les visiteurs pouvaient suivre en temps réel l’évolution de sa construction. De nombreuses vidéos ont été mises en ligne, allant de la traversée inaugurale à la présentation des activités à bord. D’ailleurs, son passage risqué sous le pont Storebaelt au Danemark a suscité énormément d’intérêt sur la toile. Un concours en ligne a aussi été organisé pour dénicher des reporters 2.0. Au total, 4,8 millions de visiteurs uniques ont fréquenté le site.

croisieres_internationales_image1

http://www.oasisoftheseas.com/

Cela sans parler de l’énorme succès du blogue de John Heald, directeur de croisières chez Carnival Cruise Lines. Son succès est si important qu’il a permis la tenue de deux croisières thématiques dédiées uniquement à ses lecteurs en 2009. La majorité des compagnies, de même que de nombreux ports d’escale, ont maintenant leurs profils Twitter et Facebook.

Voguer vers des croisières durables

Le développement durable devient aussi une préoccupation importante autant auprès des consommateurs que des compagnies et des représentants des destinations. Les croisières écologiques sont de plus en plus populaires et contribuent énormément au positionnement d’une destination. Que l’on pense à Écoventura qui utilise des panneaux solaires et des éoliennes sur ses croisières dans les îles Galapagos ou aux ports de Los Angeles, Seattle et Vancouver qui offrent maintenant le branchement à quai.

Le développement des excursions est aussi influencé par ce phénomène. Costa Cruises a développé 240 excursions écologiques afin de diminuer son impact environnemental. La région de la mer Baltique vient également de se doter d’un programme environnemental majeur. Entre autres, elle a  l’intention d’équiper tous ses ports d’installations de branchement à quai.

Finalement, un changement important de législation obligera les compagnies de croisières à utiliser un carburant moins lourd en oxydes de soufre à moins de 200 miles nautiques des côtes du Canada et des États-Unis (Lire aussi: Nouvelle réglementation sur la pollution de l’air par les compagnies de croisières: un désastre financier?). Évidemment, l’industrie s’inquiète quant à l’adoption de cette loi, principalement en raison de considérations économiques, par exemple la rentabilité des itinéraires effectués dans la zone protégée, mais aussi quant à la disponibilité du carburant en quantité suffisante.

Évolution de l’offre

Influencés par la crise économique, certains indicateurs se sont légèrement modifiés depuis quelques années. Ainsi, on dénote une plus grande sensibilité des consommateurs au prix des forfaits croisières. Les compagnies rivalisent d’ingéniosité pour créer des forfaits intéressants. Ce phénomène a aussi suscité la mise sur pied d’incitatifs économiques de la part des destinations. Les ports d’Ukraine offrent 50% de rabais à chacune des escales effectuées à l’hiver 2010. La sensibilité aux tarifs est également à l’origine de la multiplication des ports d’embarquement. La clientèle souhaite de plus en plus se rendre en voiture au lieu de départ de la croisière. De plus, la période entre l’achat du forfait et le départ en croisière s’est écourtée, passant de 5,6 mois en 2008 à 4,6 en 2009.

Les croisiéristes sont de plus en plus expérimentés. Ils ont navigué sur la mer des Caraïbes, près de l’Alaska ou le long de la côte ouest des États-Unis. Ils recherchent de nouvelles destinations. C’est pourquoi le secteur assiste présentement à l’émergence de certaines destinations du Moyen-Orient, de l’Asie du sud-est et de l’Australie. Le gain de popularité pour les croisières en Europe n’est pas non plus étranger à ce facteur. Les croisières fluviales représentent aussi un marché en pleine expansion. Ainsi, les agents de voyages affiliés à la CLIA indiquent que 34% de la clientèle démontre un très fort intérêt pour les croisières fluviales. En 2008, le nombre de lits disponibles eu Europe était de 71 300, une augmentation de 15% comparativement à 2007 et de 62% depuis 2005.

On observe d’autres tendances telles que la popularité des croisières thématiques, principalement culinaires et vinicoles, de même que le succès des excursions culturelles et privées. Un nouveau type d’excursion gagne en popularité: le mid-cruise. Il permet aux visiteurs de passer quelques jours dans une même destination. La compagnie Silversea Cruises a annoncé 40 forfaits de ce genre en 2010.

La clientèle s’internationalise

La clientèle se diversifie progressivement. Majoritairement américaine, la proportion des passagers de provenance internationale tend à augmenter de plus en plus rapidement. En effet, 13,4 millions de personnes ont fait une croisière en 2009; de ce nombre, 23,5% provenaient de l’international comparativement à 10% en 2000. De plus, une proportion grandissante de Canadiens prend la mer; ils étaient 775 000 à le faire en 2009, une augmentation de 9% par rapport à 2008. Les Canadiens représentent désormais le quart de la clientèle internationale des croisières.

Maintenant que le pire de la crise économique est passé, les prévisions pour les prochaines années sont des plus optimistes. Les tendances qui touchent ce secteur ressemblent à de nombreux égards à celles des autres secteurs de l’industrie touristique: développement durable, réseaux sociaux, consommateur de plus en plus expérimenté et informé, etc. Cette industrie n’a plus à démontrer sa résilience et son adaptation rapide aux changements.

Saurons-nous suivre la vague?

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

Source:
CLIA, Media Cruise Update, présentation du 20 janvier 2010.
CLIA, As a source of passengers and appealing cruise itineraries, Canada’s importance to cruise industry continues to grow.
CLIA, 2008 Cruise Market Profile Study.
European politics, Baltic Region: OPS for Sustainable Port Development, 12 octobre 2009.
http://www.travelweekly.com/article3_ektid206492.aspx
http://www.ecoventura.com/aboutus/ourgalapagoscommitment.aspx
http://www.expertcruiser.com/blog/mr-popular-carnival-announces-additional-bloggers-cruises-with-john-heald/
http://www.cruiseindustrynews.com/cruise-news/3530-1410-odessa-reducing-port-dues-in-2010.html

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme.

 
  • Béatrice Launay

    Merci pour cette étude très intéressante et pertinente.
    Je recherche particulièrement des données sur le nautisme au Québec, là aussi le secteur est très évolutif et nous avons encore beaucoup de difficultés à avoir les connaissances suffisantes dans ce secteur.

  • Mathieu Dobchies

    Très intéressant, en effet. Petite précision toutefois, le Oasis of the Seas n’est pas passé sous le « Landmark Bridge en Finlande » (qui n’existe pas, c’est visiblement une petite erreur dans votre lecture du site anglophone), mais plutôt sous le Storebaelt Bridge, au Danemark.

    Ce qui est vrai, par contre, c’est que cette vidéo était particulièrement bien présentée. J’étais rivé à l’écran en me demandant: « est-ce que ça va passer? » (mais oui, on le savait tous que ça passerait, mais c’était quand même brillant comme scénario!)