Retour

Retour
Analyse - 28 janvier 2011

Filtres

Filtres

Type de contenu

Tous les types

Thématique

Toutes les thématiq...

Analyste

Tous les analystes

Chronologie

janvier 2011

Recherche

L
Imprimer Hébergement, Tourisme durable,

Des hôtels qui ont pris le virage durable

La responsabilité environnementale et sociale d’une entreprise n’est pas une mode; malgré les fluctuations économiques, les clients sont sensibilisés au développement local et durable des organisations. Des hôtels l’ont compris et redoublent d’astuces pour verdir leurs services et soutenir la communauté. Voici quelques exemples de bonnes pratiques observées dans le secteur de l’hôtellerie.

L’offre verte s’organise

La U.S. General Services Administration (GSA) a annoncé en septembre 2010 un plan pour réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre provenant de la permutation de ses employés et des voyages d’affaires. Les agences fédérales planifient également faire séjourner leurs employés uniquement dans les établissements certifiés LEED.

Des agences de voyages en ligne commercialisent les hôtels engagés dans une démarche environnementale. Par exemple, Orbitz met de l’avant les hôtels adhérents à Energy Star aux États-Unis en plus de critères ecofriendly, tels que l’utilisation d’énergie renouvelable, de produits non toxiques, et l’appui à des organisations environnementales. En outre, elle indique sur son site Eco les hôtels certifiés LEED. Travelocity affiche plus de 1900 hôtels sous sa bannière écoresponsable et travaille conjointement avec plusieurs programmes de certification.

De petites et grandes actions en hôtellerie

Les initiatives ponctuelles se multiplient et les programmes plus englobants aussi. Le projet pilote «Hotel Energy Solutions», soutenu entre autres par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Association internationale des hôtels et restaurants (IH&RA) en est un exemple. Il a comme objectif d’accroître la compétitivité du secteur de l’hébergement en Europe en misant sur l’efficacité énergétique. Quatre destinations figurent dans ce projet: Palma de Mallorca (Espagne), Bonn (Allemagne), Strandja (Bulgarie) et la « destination montagne » de Haute-Savoie. Un service-conseil, du soutien technique et des outils sont proposés aux participants.

Plusieurs établissements d’hébergement montrent la voie au secteur en instaurant un programme environnemental complet tandis que d’autres cumulent les initiatives pour s’engager dans une démarche responsable. Voici des exemples de bonnes pratiques d’ici et d’ailleurs.

  • La Tablée des Chefs mobilise des chefs, cuisiniers et traiteurs du Québec dans des causes sociales et environnementales. L’organisme offre un service de courtage en alimentation durable pour les organismes communautaires locaux accrédités par les Banques alimentaires Québec. Concrètement, il récolte les surplus alimentaires dans les hôtels et les restaurants ou lors d’événements. Il les redistribue ensuite, de façon ponctuelle ou sur une base régulière, aux personnes dans le besoin.
  • Le Bristol, à Paris, traite les déchets des cuisines à l’aide d’un déshydrateur thermique afin d’obtenir de l’eau (lavage des planchers) et de la matière sèche (engrais).
  • Le site Internet Echo de Vail Resort, au Colorado, présente les efforts environnementaux de l’entreprise, ses actions de charité et le bénévolat des employés sur le centre de villégiature et dans la communauté. Une section dédiée aux employés les informe des possibilités de bénévolat et sert de plate-forme collaborative sur le sujet.

Hotels_durables_image1

Source: Vailresortsecho.com

  • Grâce à l’instauration d’un programme de gestion de l’eau, chaque chambre de l’hôtel Andaluzau Nouveau-Mexique consomme seulement 93 gallons d’eau par jour comparativement à 200 gallons, soit la moyenne par chambre selon la Florida Department of Environmental Protection.
  • Le centre de villégiature Equinoxe au Vermont s’est engagé dans une voie marginale d’énergie de remplacement en s’associant avec le programme « Cow Power », un regroupement de six fermes à travers le Vermont qui produit du biogaz à partir de fumier. Le centre de villégiature subvient ainsi partiellement à ses besoins énergétiques en alimentant deux de ses établissements.
  • Le Meurice, un hôtel de luxe parisien, a découvert grâce à son premier bilan carbone (outil pour comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre) que 40% de sa consommation énergétique était liée à ses achats de produits rares et importés en cuisine. Ainsi, les propriétaires devront réfléchir à une façon de garder les mêmes standards en réduisant leur impact environnemental.
  • Au Solar Hôtel à Paris, le bilan carbone est effectué annuellement en même temps que le bilan financier. Parmi les actions entreprises, on compte l’installation de panneaux solaires photovoltaïques sur la façade, de trois récupérateurs d’eau de pluie pour arroser les jardins et le trottoir ainsi que pour alimenter quelques toilettes, le prêt de vélos, l’offre de déjeuners 100% biologiques, l’affichage de cartes explicatives dans les chambres des clients, l’utilisation de réducteurs de débit d’eau, la collecte sélective des déchets dans les corridors et la mise sur pied d’un programme de soutien aux jeunes et aux artistes.

Hotels_durables_image2

Source: Solarhotel.fr

  • Le Comfort Inn and Suites à Boston a entamé un processus écologique qui consiste à recycler des débris de construction, à remplacer des bouteilles en distributeurs de savon, à sensibiliser la clientèle au compostage en les incitant à trier eux-mêmes leurs déchets, à installer un système de nettoyage ionisé dans la piscine, à choisir des plantes indigènes pour réduire l’apport d’eau et à fournir une navette fonctionnant au gaz naturel pour transporter les clients de l’aéroport à l’hôtel.
  • L’hôtel boutique Stadthalle à Vienne s’alimente exclusivement en énergies renouvelables et offre un rabais vert de 10% aux clients arrivant en vélo ou en train ainsi qu’aux clients fidèles.

Hotels_durables_image3

Source : Hotelstadthalle.at

Un changement opérationnel se produit grâce à un changement comportemental. Les dirigeants qui croient aux innovations durables apporteront des modifications opérationnelles structurantes, transmettront leur vision aux employés qui les transmettront à leur tour aux clients. Plusieurs hôteliers québécois affichent une longueur d’avance dans ce domaine, mais on constate que les actions liées à la responsabilité environnementale ne sont pas systématiquement mises en œuvre dans l’ensemble du secteur.

Sources:

A. Mc Neill, Laura. «A Green Transformation», Lodging Magazine, juillet 2010.

Hôtel boutique Stadthalle. «Le premier hôtel urbain au monde avec une consommation énergétique nulle» Hotelstadthalle, 2010.

Chevalley, Sarah. «Labels et certifications vertes, le nouvel engagement», L’Écho touristique Hors-série, juin 2010, p.18.

Good Planet, «Du Palace au gîte, l’hôtellerie se met au vert», GoodPlanet.info, 3 juillet 2010.

Eco Green Hotel «Hotel Cuts Water Use Nearly 80%», EcoGreenHotel.com, 2010.

Echo Vail Resorts

Environmental Leader. «Vermont Resort Cuts Carbon Footprint with “Cow Power”», Environmentalleader.com, 28 juillet 2010.

Hotel Energy Solutions

La Tablée des Chefs

Rufus, Anneli, «Cash-Crunched Resorts and Hotels Find That Going Green is a Good Way to Scrimp on Money», AlterNet, 12 août 2010.

Solar Hotel

 
  • Marie josée

    Je trouve dommage qu’on vante surtout les grands hôtels qui prennent le virage vert. Les gîtes et auberges en font tout autant mais n’affichent pas d’évaluations officielles ou autres accréditations reconnues. La raison est simple: le coût du membership.

    Propriétaire d’un gîte de 5 chambres, nous avons une élaboré une charte écologique en 15 actions concrètes.

    Depuis notre ouverture, avec notre thématique chocolatée, le tourisme durable et l’environnement sont des priorités. Des exemples? la récupération de l’eau de pluie pour les fleurs, 3 panneaux solaires, des produits nettoyants biologiques, le compostage(et recyclage!), le prêt des vélo(et la promotion du cyclotourisme), l’achat local & les produits régionaux, douches et toilettes à faible débit d’eau, environnement intérieur ET extérieur sans fumée, etc.

    S’il n’en coûtait pas si cher pour l’évaluation CLÉS VERTES (ou autre), il y a au moins 4 ans que nous serions certifiés. Peu importe, nos actions reflètent notre pensée: l’environnement c’est notre bien à tous. Petits et grands.

    • Kate Germain

      Je vous remercie pour ce commentaire pertinent. Effectivement, plusieurs belles initiatives existent dans les petites et moyennes entreprises qui méritent d’être soulignées. Ces dernières font toutefois face à plusieurs barrières telles que les contraintes budgétaires. Cette réflexion est justement apportée dans l’analyse sur les pratiques environnementales dans les hôtels. Il est parfois plus difficile de trouver des exemples de bonnes pratiques dans les petites entreprises sans reconnaissance officielle. L’orientation durable de votre gîte constitue un modèle inspirant. Bonne continuation!

    • Laura

      Merci Marie-Josée pour cette information qui rejoint certainement un bon nombre de propriétaires de Gîte touristique « vert » qui vous rejoignent dans vos exemples.

      Ici, plusieurs des actions écologiques que vous mentionnez sont en vigueur depuis bien des années. Tout ça a commencé en 1979 avec la planification et la construction de la maison la plus écologque possible pour l’époque. Nous avons choisi 250 épinettes dans notre forêt et nous les avons nous-mêmes transformé pour la charpente de la maison à 5 côtés que nous avons construit peu à peu pendant 8 ans. Cette charpente a été recouverte de planches non traitées autant à l’intérieur qu’à l’extérieur en incluant le toit et les plafonds. L’édifice est orienté au sud et toutes les fenêtres sont triple verre. Les vents dominants, la hauteur de la couche de neige et la conservation de conifères permettant de couper les grands vents ont contribué à réduire radicalement la facture d’électricité.

      J’en suis à ma dixneuvième année d’exploitatation d’un gîte de trois chambres et les visiteurs à 90% Européens apprécient grandement le lieu. Je songe maintenant à choisir entre l’eau salée pour la piscine creusée ou le traitement de l’eau à l’aide d’un système gravitationnel avec des plantes et des conglomérats (auto-construit), ce qui éviterait l’utilisation des produits d’entretien actuels trop chimiques (brome).

      L’empreinte écologique c’est d’abord une question d’implication personnelle et d’amour d’une nature propre autour de soi. Ça ne finit jamais…

      À quand une certification verte abordable pour les gîtes?

    • Francine

      Étant nous même propriétaire d’un gîte que nous avons parti de rien en 2006. Je suis bien contente du commentaire à Marie-Josée et Laura! Nos valeurs vertes et durables nous les avions avant l’ouverture de notre gîte et de pouvoir l’appliquer à notre entreprise et inciter notre clientèle d’agir responsablement est tout naturel pour nous.
      Au tout début nous voulions avoir une certification verte mais après des recherches lorsque nous avons découvert le coût faramineux de cette certification pour une gîte qui a normalement 5 chambres et moins, c’est tout simplement impossible! Et moi aussi je demande: À quand une certification verte abordable pour les gîtes?
      La certification verte devrait être accessible pour toutes les entreprises et non juste pour les plus riches. Malheureusement, l’environnement de nos jours est un sujet à la mode et il y a beaucoup de gens et d’entreprises qui exploite ce filon!
      Avoir une attitude responsable envers notre environnement devrait être accessible à tout le monde et non juste au gros porte-feuilles!
      En attendant que ça change, je tiens à féliciter Marie-Josée et Laura pour leurs implications sociales et bravo pour leurs persévérence!

    • Annie Dufour

      je suis entièrement d’accord avec vous, on ne parle que rarement des petits gestes qui font à mon avis une vraie différence. De plus, je crois qu’il faut le faire par conviction et non seulement pour un effet publicitaire.

    • Marie-Soleil

      Bonjour Marie-Josée (Francine et Laura),
      Je suis journaliste et prépare un dossier sur le sujet. Serait-ce possible de communiquer avec moi: omfatta@gmail.com
      Merci,
      Marie-Soleil