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Analyse - 15 février 2011

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février 2011

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L’hiver et les touristes québécois: portrait de famille

Les Québécois entretiennent une relation de type amour-haine avec l’hiver, c’est bien connu. Quoi qu’il en soit, ils représentent plus de 80% des visites touristiques au Québec lors du 1er trimestre (de janvier à mars). Lorsqu’on inclut les résidents des autres provinces canadiennes, 93% de la demande touristique hivernale au Québec est domestique. Voici un portrait des Québécois et quelques données concernant l’ensemble des Canadiens en voyage au Québec pendant la saison froide.

D’abord, précisons que les données présentées dans cette analyse incluent les touristes – donc ceux qui séjournent au moins une nuitée – en voyage d’agrément, qui visitent des parents ou des amis, qui se déplacent pour affaires ou pour tout autre motif.

Le premier trimestre 2010 affiche une baisse de 14% par rapport à la même période en 2009, soit près de 4,3 millions de touristes canadiens. Il s’agit, à peu de choses près, d’un retour à la performance de 2008 (graphique 1). L’année 2009 avait haussé la barre en enregistrant près de 5 millions de visites touristiques. Les fortes variations du premier trimestre ne se reflètent pas dans les résultats annuels, du moins pas dans le cas des années observées ici. En effet, pour 2007, 2008 et 2009 – les données pour l’ensemble de l’année 2010 ne sont pas disponibles pour le moment –, les fluctuations se situent entre -1% et 1%.

Touristes_hiver_graph1

L’hiver, de décembre à mars

Pour la suite de cette analyse, nous traiterons de l’hiver 2009-2010, soit de décembre 2009 à mars 2010 inclusivement. En intégrant la période des vacances de Noël, on obtient un portrait hivernal plus complet.

Au Québec, en hiver, les touristes d’autres provinces canadiennes viennent, pour la plupart, de l’Ontario (86%), pour le plaisir (45%) ou pour visiter des parents ou des amis (41%). Ils séjournent principalement chez ces derniers (55%), pour une durée de 3 nuits ou moins (70%). Les trois quarts utilisent leur voiture et sont entre adultes seulement. Les Canadiens hors Québec représentent 28% des dépenses de l’ensemble des touristes canadiens au Québec.

D’où viennent les touristes québécois et où vont-ils?

La répartition de la provenance de la clientèle québécoise demeure sensiblement la même en hiver que pendant toute l’année. La région métropolitaine de Montréal, le principal marché émetteur, représente 44% de la demande québécoise en hiver (contre 43% pour l’année), suivie de la région métropolitaine de Québec avec 14% (12% pour l’année) (graphique 2).

Soulignons aussi que les touristes québécois d’hiver sont un peu plus scolarisés: les deux tiers ont réalisé des études collégiales ou plus, et cette proportion est de 62% pour la clientèle québécoise annuelle. De plus, ils sont plus aisés financièrement: 26% des ménages gagnent 100 000$ et plus par année contre 21% dans le cas de la demande annuelle.

Touristes_hiver_graph2

Comme l’illustre le graphique 3, les régions les plus visitées par les Québécois à l’hiver 2009-2010 sont Québec, la Montérégie, Chaudière-Appalaches, les Cantons-de-l’Est, les Laurentides et Montréal. Par ailleurs, Chaudière-Appalaches et la Montérégie semblent attirer une plus forte proportion de touristes québécois à l’hiver que tout le long de l’année. C’est aussi le cas de la Mauricie, de Lanaudière, de l’Outaouais et de Québec, du moins légèrement dans certains cas.

Touristes_hiver_graph3

Visiter la parenté et les amis

La période des Fêtes incite les Québécois à se déplacer beaucoup, surtout pour la visite de parents et d’amis comme en fait foi le graphique 4, ce qui pourrait expliquer la surreprésentation des régions limitrophes aux grands centres tels que Chaudière-Appalaches et la Montérégie. En effet, sur une base annuelle, la visite de parents et d’amis représente un peu plus de la moitié des voyages touristiques (52%) des Québécois alors qu’en hiver, cette proportion est de 67%. Les parents et les amis proposent aussi des lieux très accueillants, puisque 68% des touristes en hiver y séjournent (graphique 5) comparativement à 55% pour l’année 2009.

Touristes_hiver_graph4

Touristes_hiver_graph5

Le graphique 6 présente les principales activités pratiquées par les touristes québécois en hiver. Parmi les voyageurs qui ont précisé avoir fait des activités, l’excursion est la grande favorite, suivie du ski alpin ou de la planche à neige et de l’observation de la faune. Près de 1,4 million de touristes québécois ont mentionné avoir pratiqué d’«autres activités».

Touristes_hiver_graph6

Le tableau 1 présente quelques indicateurs concernant les séjours des Québécois en hiver. La durée moyenne de séjour est un peu plus courte en hiver et les dépenses moyennes plus faibles que sur l’ensemble de l’année. Ce constat n’est pas surprenant, puisque les grandes vacances se prennent habituellement en été. Par contre, la dépense moyenne quotidienne est plus élevée pendant les séjours hivernaux, malgré la forte proportion d’hébergement chez des parents et amis.

Touristes_hiver_tabl1

Frileux, les Québécois?

On accuse souvent les Québécois de subir l’hiver au lieu d’en profiter, de choisir le cocooning plutôt que de s’habiller chaudement et de faire comme les peuples scandinaves qui apprécient davantage le froid et la neige. On assiste pourtant, depuis quelques années, à l’émergence d’événements hivernaux urbains comme l’lgloofest de Montréal ou le Redbull Crashed Ice de Québec, qui remportent beaucoup de succès. La prolifération des spas nordiques et l’engouement pour la raquette favorisent aussi les sorties. Créons les occasions pour développer une culture de l’hiver et inciter ainsi les gens à multiplier les sorties et les séjours au Québec pendant cette saison.

Sources:

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», 2006 à 2010.

– Tourisme Québec. «Le tourisme au Québec en bref», 2006 à 2009.

 
  • Anaïs Laurent

    Vrai pour les événements hivernaux ; les Nuits polaires de Trois-Rivières connaissent une croissance année après année. Les alarmistes professionnels (lire ici les diffuseurs de météo) ont quelque peu « refroidi » les ardeurs il y a quelques années mais les québécois ont décidé de « braver le facteur éolien », comme ils l’avaient toujours fait avant même de le connaître, et se remettent à jouer dehors. Une bonne nouvelle. Merci de ces tendances, elles sont très instructives et viennent renforcer plusieurs de nos présomptions.

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