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Compte-rendu de conférence - 28 mars 2012

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mars 2012

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Pour des stations de ski plus vertes

Pistes de ski de différents calibres et pour tous les goûts, conditions d’enneigement optimales, remontées mécaniques efficaces, etc.: les stations de ski doivent répondre aux exigences élevées d’une clientèle sollicitée de toutes parts. Ces aménagements exercent une pression sur les milieux montagneux, qui constituent déjà des environnements fragiles. Alors, comment relever ces défis tout en adoptant une approche de développement durable? Certaines stations diversifient leurs ressources énergétiques, d’autres choisissent des zones moins sensibles en forêt pour créer de nouvelles pistes. Voici un survol des répercussions du ski sur les milieux d’accueil ainsi que quelques exemples de pratiques vertes.

À l’occasion de la première conférence sur le ski responsable, qui se déroulait à Londres en octobre 2011, Veronica Tonge, fondatrice de l’organisme Responsible Skiing, présentait les principales composantes d’une démarche de développement durable.

Les pistes de ski

En premier lieu, madame Tonge a exposé sommairement les répercussions de certaines infrastructures sur la montagne. L’aménagement de pistes de ski peut entraîner des effets néfastes sur le milieu, comme la réduction de la diversification des habitats de la faune, qui conduit à l’appauvrissement de la biodiversité du secteur.

Pour atténuer ces conséquences négatives, certaines mesures peuvent être prises. Naturellement, avant la création d’une piste de ski, il est fortement conseillé d’en évaluer l’impact environnemental sur le site envisagé. Il existe aussi des méthodes de préservation de la qualité du sol au moment de l’aménagement, qui maximiseront ensuite les chances de réussite du réensemencement des espèces locales. On peut aussi se questionner sur la nécessité de damer toutes les pistes. Les skieurs avancés recherchent les défis, ils sauront donc apprécier ces pentes plus «authentiques».

La créativité et l’innovation permettent aussi de développer des pistes plus respectueuses de l’environnement et qui attireront une plus large clientèle. C’est le cas à Avoriaz, dans les Alpes françaises, où un parc à neige géant écologique a été créé. Le concept de The Stash est importé de la station californienne North Star. Il consiste en un parcours de 1,3 kilomètre en forêt et à travers lequel sont dissimulés des obstacles de bois, tels un mur végétal, un toboggan et des sculptures pour effectuer sauts et figures. Les pistes de ce domaine sont situées dans un grand espace de neige non damée. À mi-chemin, les freeriders se rejoignent dans une cabane de bois, où ils peuvent lire des messages instructifs sur la protection de l’environnement.

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Source: Avoriaz 1800

La fabrication de neige

L’équipement de fabrication de neige est très énergivore et nécessite de grandes quantités d’eau. Puiser cette eau à même une rivière peut en modifier le courant. Le recours à des additifs chimiques dans le procédé peut de plus entraîner l’infiltration de contaminants dans le sol et dans les cours d’eau, lors de la fonte des neiges.

Au domaine de ski de l’Alpe d’Huez, on déploie de nombreux efforts pour améliorer la performance environnementale de la station. Pour la fabrication de neige, seuls de l’eau et de l’air sont utilisés. Les canons ne fonctionnent que lorsque la température est inférieure à -2°C. L’eau des réservoirs n’est conservée que quelques mois, puis est réacheminée dans la nature, au printemps. Environ 15% des canons à neige sont remplacés chaque année par de nouvelles générations, plus performantes et moins énergivores.

Le Québec n’est pas en reste en matière de fabrication de neige; il s’agit même d’un chef de file. La station Ski Saint-Bruno, reconnue dans ce domaine pour sa capacité de production et la qualité de sa neige, offre même des services mobiles d’enneigement. Sur le plan écologique, le centre de ski s’engage à réduire son empreinte environnementale. Par exemple, en matière de gestion de l’eau, un bassin de rétention permet de récupérer l’eau pour fabriquer de la neige.

Les remontées mécaniques

Les câbles, pylônes et télésièges, ainsi que les infrastructures du départ et de l’arrivée, sont souvent massifs et occupent une partie importante du paysage de la montagne. Mais surtout, ces remontées consomment beaucoup d’électricité.

Des mesures autres que le choix de la remontée – télésiège débrayable, moins énergivore, moins bruyant – et du lieu propice pour l’implanter sont envisageables pour atténuer son incidence. À la station de ski Berkshire East, dans le Massachusetts, on a recours à l’énergie éolienne pour combler tous les besoins en électricité.

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Source: Explore Massachusetts

Au Colorado, depuis déjà quelques années, le télésiège débrayable Sunshine Express de la station Steamboat est alimenté par une combinaison des énergies solaire et éolienne. Plus récemment, à Tenna, en Suisse, le premier téléski solaire au monde a vu le jour. Les panneaux photovoltaïques sont directement placés sur le remonte-pente et produisent une grande quantité d’électricité, trois fois supérieure à ce qu’il faut pour alimenter la remontée mécanique. Cette dernière est en activité durant trois mois en hiver, mais la production d’énergie se poursuivra tout au long de l’année, et le surplus d’électricité sera vendu. Toutefois, rien n’étant parfait, certains observateurs pourraient émettre des réserves quant à l’effet visuel que provoquent ces 82 rangées de panneaux (voir la vidéo ci-dessous).

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Le temps de passer à l’action

Il existe plusieurs ressources pour guider les stations dans une démarche verte. Mentionnons la charte de l’environnement de la National Ski Areas Association, qui rassemble les principaux comportements à adopter pour réduire son empreinte écologique. Des stations nord-américaines, dont quelques-unes du Québec, adhèrent à cette charte. Également, l’Association des stations de ski du Québec accompagne ses membres dans un processus d’audit environnemental, afin d’élaborer un plan d’actions prioritaires pour améliorer leur performance en matière de développement durable.

Accès au site par des transports en commun ou en covoiturage, sensibilisation à l’extinction du moteur lorsque le véhicule est à l’arrêt, réduction des déchets, possibilités de recycler, de composter, de consommer des produits locaux, de choisir un hébergement écoresponsable ou de découvrir la culture locale: les modes d’intervention possibles sont très nombreux pour que chacun s’inscrive dans une démarche de tourisme durable. En fait, le ski responsable devrait aussi:

  • générer des bénéfices économiques dans la communauté d’accueil;
  • offrir une série de possibilités d’emplois pour les résidents;
  • impliquer la population dans les décisions concernant sa communauté;
  • minimiser les répercussions environnementales par la planification et la consultation;
  • offrir des occasions pour contribuer à la conservation de l’héritage culturel;
  • fournir une variété d’expériences agréables aux visiteurs, en plus du ski;
  • être accessible aux personnes à mobilité réduite.

Comme le souligne l’auteure Veronica Tonge, le ski responsable consiste à minimiser les effets négatifs et à maximiser les bénéfices.

 

Sources:

- Demière, Valérie et Sandra Jamet. «Le premier téléski solaire au monde se trouve en Suisse, et plus précisément à Tenna, dans les Grisons», Radio Télévision Suisse, 26 décembre 2011.

- Marie, Christian. «Implementing ISO14001 for sustainability at Alpe d’Huez», 2011. [Présentation PowerPoint d’une communication présentée à la Responsible Skiing Conference 2011, le 19 octobre 2011, Londres].

- National Ski Areas Association. «Sustainable Slopes: The Environmental Charter for Ski Areas», 2005.

- The Brendle Group. «Taking Sustainable Slopes to the Next Level», National Ski Areas Association, décembre 2008.

- Tonge, Veronica. «An Introduction to and business case for Responsible Skiing», 2011. [Présentation PowerPoint d’une communication présentée à la ResponsibleSkiing Conference 2011, le 19 octobre 2011, Londres].

Sites Web:

- Alpe d’Huez

- Association des stations de ski du Québec

- Berkshire East

- National Ski Areas Association

- Responsible Skiing

- Steamboat

- The Stash, Avoriaz

 

 
  • LAMIC Jean-Pierre

    Bonjour,
    L’ensemble des problématiques liées au sports d’hiver plus verts est traité dans mon ouvrage « Sports d’Hiver durables, les pistes du possible » aux éditions Yves Michel – septembre 2010.
    Cordialement