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Analyse - 21 janvier 2013

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janvier 2013

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La «désintox numérique» en version touristique

Un nombre croissant de prestataires touristiques remarquent la dépendance digitale dont souffrent certains de leurs clients et conçoivent des séjours de type «désintoxication numérique» afin d’y remédier. Dans ce monde hyper connecté, il devient désormais difficile de voyager sans être tenté de recourir à nos appareils technologiques. Que ce soit pour vérifier les courriels ou se renseigner à destination au moyen d’un téléphone intelligent ou d’une tablette, ces habitudes liées au quotidien et au travail s’infiltrent dans les moments autrefois entièrement consacrés à l’évasion et au repos.

La dépendance numérique, une pandémie qui affecte un grand nombre de vacanciers

Les avantages de la mobilité ont créé chez le voyageur contemporain le besoin de demeurer branché en tout temps. Bien que ces nouvelles possibilités viennent souvent enrichir son expérience, cette accessibilité peut également l’empêcher de vivre pleinement son séjour. Une enquête effectuée par Osterman Research en 2010 révèle qu’un tiers des répondants auraient déjà vérifié leurs courriels en vacances, pendant qu’ils pratiquaient une activité sportive comme le ski, le cyclisme ou la randonnée à cheval. Le sondage rapporte aussi qu’une même proportion d’entre eux avouent s’être cachés de leurs amis ou de leur famille afin de consulter leurs messages électroniques.

La chaîne d’hôtels Marriott and Renaissance Caribbean & Mexico Resorts a interrogé 1 000 vacanciers dans le but de comprendre les usages de leurs clients par rapport aux médias sociaux, à leur travail et à leur famille pendant leur voyage. Les résultats de l’enquête révèlent que:

  • 85% des répondants ont déjà été dérangés par quelqu’un qui parlait fort au téléphone portable/cellulaire;
  • 50% ont indiqué consulter leurs courriels et leurs messages vocaux plusieurs fois par jour pendant les vacances, et 39% ont rapporté l’avoir fait au moins une fois par jour;
  • 36% ont déjà consulté leurs courriels et messages vocaux sur la plage;
  • 30% transmettent leur numéro de téléphone cellulaire à leurs clients pendant leurs vacances;
  • 31% ont admis avoir été tentés de jeter leur appareil mobile à l’océan.

À la suite de ces révélations, le groupe hôtelier a décidé d’implanter des zones bannissant les technologies dans certains lieux pour la durée de la saison hivernale. L’option Braincation sert de refuge pour les clients souhaitant profiter de la désintoxication numérique.

Le milieu touristique intervient

Témoins de l’influence négative que peut exercer l’ubiquité numérique lors des voyages, les acteurs de l’industrie touristique ont commencé à proposer à leur clientèle des solutions alternatives aux vacances connectés. Le but: permettre à l’individu de rompre définitivement avec son quotidien et de s’imprégner de l’expérience recherchée, qu’elle soit la détente ou la découverte. Ainsi, on tente de refaire du voyage une source d’évasion et de redonner aux séjours touristiques leur rôle de coupure avec les tensions et exigences liées au travail. Voici quelques exemples de programmes d’intervention conçus par divers prestataires touristiques pour venir en aide aux vacanciers qui ressentent le besoin de se libérer de la domination numérique:

  1. L’hôtel Renaissance de Pittsburgh retire toutes formes de tentations technologiques dans sa formule Zen and the Art of Digital Detox. L’ordinateur portable, le téléphone cellulaire et tous les autres appareils numériques doivent être remis à l’arrivée, et ils seront conservés jusqu’au départ. Avant la venue du client, la télévision, le téléphone et l’iHome sont retirés de la chambre et remplacés par des romans de littérature classique.
  2. Le Digital Detox package de l’hôtel The Westin Dublin incite également les visiteurs à se départir de leurs appareils pour se livrer entièrement à la relaxation. Le petit déjeuner servi au lit et le massage offert dans la chambre leur permettent d’oublier que leurs gadgets chéris restent enfermés dans un coffre-fort pour la durée de leur séjour. Un kit de survie, qui inclut entre autres un jeu de société et des guides en format papier pour découvrir la ville de Dublin, demeure à portée de main pour les moments de faiblesse.
  3. Le forfait Be Unplugged du Quincy Hotel de Washington inclut:
  • une carte-cadeau d’une valeur de 25$ à la librairie Barnes and Noble;
  • le guide de poche City Walks, pour faire des visites autoguidées à pied sans son téléphone intelligent;
  • un carnet de voyage qui sert à tenir un journal de son séjour, à s’exprimer à l’écrit et à se vider l’esprit.

Les cures numériques des centres de villégiature misent sur des expériences de bien-être visant à réduire le stress, telles que des soins de spa, des activités de plein air, du yoga et de la méditation. En Colombie-Britannique, l’Echo Valley Ranch & Spa récompense ses clients qui se départissent de leurs appareils avec des massages et des randonnées à cheval, en plus de recommander une application pour iPhone qui désactive celui-ci. La compagnie The Digital Detox propose un havre sans technologie centré sur le bien-être et sur des activités qui encouragent la tranquillité d’esprit et l’expression créative.

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Source: The Digital Detox

L’intervention du secteur touristique prend également la forme de promotions spéciales accordées à ceux qui sont prêts à se défaire de leurs appareils numériques pendant leurs vacances. À titre d’exemple, Via Yoga, une entreprise qui organise des voyages de yoga et de surf au Mexique et au Costa Rica, offrait un rabais de 15% à ceux qui renonceraient à leur iPhone pendant la durée du séjour.

De son côté, le voyagiste Virgin Holidays propose une thérapie de débranchement (Disconnection Therapy). Composé d’une série de six capsules vidéo, le programme offre des conseils et des astuces pour résister à la tentation des technologies. Il présente les étapes à suivre pour décrocher entièrement avant son départ, profiter pleinement de son séjour à destination et ne pas subir un retour trop brusque.

En tant que contre-tendance à l’intégration omniprésente du numérique dans toutes les sphères du voyage, la «désintoxication numérique» se propose généralement dans une optique de santé et de bien-être, comme l’illustrent les exemples précédents. Des offres touristiques qui présentent ce type de cure comme une occasion de renouer des liens avec ses proches pourraient également s’adresser aux familles et aux couples. La prochaine fois que vous imaginerez un forfait pour vos clients, pourquoi ne pas les inviter à se débrancher, afin de mieux se connecter à l’expérience?

 

Sources:

- Appert, Gino. «Internet peut-il dénaturer les voyages?», planète-etourisme.fr, 21 août 2012.

- Carrington, Daisy. «‘Digital detox’: Hotels help gadget junkies go cold turkey», cnn.com, 29 novembre 2012.

- Ehotelier.com. «Marriott and Renaissance Caribbean & Mexico Resorts Offering Tech-Free Zones for Travelers Who Crave A Braincation», 12 novembre 2012.

- Euromonitor International. «World Travel Market Global Trends Report 2012», web.euromonitor.com, novembre 2012.

- Morell, Virginia. «How To Escape the Grid and Unplug on Vacation», cntraveler.com, novembre 2012.

- Renard, Quentin. «Les vacanciers sensibles à la couverture réseau», lemondeinformatique.fr, 17 juillet 2012.

- Tergesen, Anne. «When Guests Check In, Their iPhones Check Out», online.wsj.com, 5 juillet 2011.

Sites Web:

- Echo Valley Ranch & SPA

- Renaissance Pittsburg Hotel

- The Westin Dublin – Digital Detox

- Virgin Holidays