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Analyses - 23 septembre 2013

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septembre 2013

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Le tourisme festif vous entraîne au bout de la nuit

Loin des visites de musées et des tours de ville organisés, les adeptes du nightlife jugent les destinations sur la qualité de leur vie nocturne. Certaines villes ont donc fait du tourisme festif, véritable tendance auprès des jeunes adultes, leur nouvelle image de marque.

C’est la fête! Oui, mais pour qui?

Généralement âgés de 18 à 35 ans, les touristes festifs voyagent en groupe d’amis, souvent du même sexe. Leur séjour est relativement court (3 à 5 jours) et s’oriente autour de la découverte d’une destination à travers sa vie nocturne et la fréquentation de ses bars, boîtes de nuit ou plages animées.

La représentation sociale tient une place non négligeable dans le choix d’un voyage festif

La représentation sociale tient une place non négligeable dans le choix d’un voyage festif. Ses adeptes optent pour des destinations à la mode et aiment le faire savoir sur les médias sociaux. Le temps d’un séjour, les noctambules peuvent se prendre pour des vedettes ou des millionnaires par la fréquentation des lieux «chauds», les consommations excessives et l’adoption d’un comportement éloigné de leur quotidien. À New York, les dépenses des visiteurs pendant la nuit sont sept fois supérieures à celles des résidents.

Le marketing joue ici un rôle important, et la destination doit se positionner par rapport au segment de clientèle qu’elle cherche à cibler. Faut-il être élitiste ou ouverte à tous? À Saint-Tropez, difficile de profiter pleinement de la vie nocturne sans faire partie du club fermé des VIP. À Ibiza, au contraire, les étudiants de classe moyenne côtoient les membres de la jet-set internationale.

Les recettes gagnantes des destinations à succès

La «Movida» espagnole

Avec des villes phares comme Madrid, Barcelone, Ibiza ou encore Valence, l’Espagne est une destination particulièrement attirante pour les couche-tard. Sa marque de fabrique repose sur son ouverture, sa diversité d’ambiances et la présence dans ses clubs de D.J. à la renommée internationale. Les discothèques sont ouvertes jusqu’à 6 ou 7 heures du matin, et le métro et les bus circulent toute la nuit. La campagne marketing de l’office du tourisme espagnol va dans ce sens et s’affiche sur le site Web de l’organisation. 

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Source: ©Instituto de Turismo de España (TURESPAÑA)

La culture underground de Berlin

Depuis la chute du Mur, le milieu culturel berlinois bouillonne et se réapproprie la ville. La reconversion est à l’honneur: les discothèques ont envahi d’anciennes usines, des salles des coffres de banques définitivement fermées, des piscines abandonnées ou des bâtiments communistes désaffectés. Berlin joue sur sa réputation underground, la forte présence de sa scène LGBT*, son réseau de transport développé et sur la renommée internationale de sa musique techno. L’office du tourisme propose notamment un site Web, clubMATCHER, qui permet au visiteur de trouver la boîte de nuit la plus adaptée à ses envies.

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Source: clubMATCHER

L’avant-gardisme de Londres

Centre névralgique de la vie culturelle occidentale, Londres propose une grande variété de discothèques, où tous les styles musicaux sont représentés. Pour les fêtards en voyage, participer à cette «culture clubbing» constitue un excellent moyen de rencontrer la population locale: les Londoniens consacrent le quart de leurs revenus aux sorties, et le samedi soir, ce sont près de 500 000 personnes qui défilent dans les clubs de la capitale britannique. Initiative intéressante, le Surya embrasse la tendance du développement durable grâce à un plancher qui génère de l’énergie lorsque les danseurs le piétinent.

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Source: Inhabitat

L’ouverture d’esprit d’Amsterdam

La réputation d’Amsterdam en matière de divertissements nocturnes n’est plus à faire. La ville mise sur sa tolérance, mais aussi sur sa sécurité, sa propreté et son accueil. À toute heure, les visiteurs peuvent aisément se déplacer en vélo ou en transport en commun. Malgré une scène musicale relativement peu développée, les clubs amstellodamois accueillent des D.J. de renom, et attirent les visiteurs en quête d’expériences nouvelles et souvent interdites dans leur pays d’origine.

Les vices de Las Vegas

À Sin City, destination de l’amusement par excellence, les clubs restent ouverts toute la nuit et la vente d’alcool est permise 24 heures sur 24. Pour faire face à la perte de vitesse des jeux de hasard et attirer la clientèle des jeunes adultes, la ville favorise le développement du tourisme festif. De plus en plus de casinos ouvrent leur propre boîte de nuit. Le temps d’un séjour, les visiteurs cherchent à vivre la vie des vedettes et des nantis. Tout est permis, puisque ce qui se passe à Vegas reste à Vegas…

L’accueil de Montréal

La ville doit sa réputation festive à son ambiance détendue et ouverte, mais aussi aux événements d’envergure internationale prisés par les noctambules, comme le Bal en Blanc ou le festival Black & Blue. La destination profite de sa proximité avec les États-Unis et attire les Américains de moins de 21 ans en quête de folies. Tourisme Montréal rappelle qu’en 2012, CNN Travel classait Montréal au 7e rang parmi les meilleures villes de nightlife au monde.

Bien organiser le tourisme festif

La planification et la valorisation de la vie nocturne ne peuvent se faire sans le soutien des organes politiques

La planification et la valorisation de la vie nocturne ne peuvent se faire sans le soutien des organes politiques. Les réglementations quant aux horaires de vente d’alcool et d’ouverture des établissements influencent indéniablement l’ambiance d’une destination. Le défi est d’arriver à concilier le monde des fêtards avec celui des dormeurs. Les exemples évoqués précédemment témoignent de l’importance d’une offre diversifiée et adaptée à ce tourisme particulier. La présence de modes de transport en commun ainsi que l’ouverture d’esprit des populations locales tiennent une place importante dans le choix de vacances axées sur les divertissements nocturnes. Finalement, il est essentiel de pouvoir assurer la sécurité des visiteurs, autant que celle des résidents, pour faire face aux excès liés à ce type de voyage (alcool, drogue). Ces vacanciers ne veulent cependant pas se sentir brimés, car leur plaisir réside principalement dans le fait de pouvoir adopter un comportement débridé.

Le tourisme festif attire, tout au long de l’année, des visiteurs dépensiers, permettant de pallier au phénomène de la saisonnalité. En marge d’un tourisme plus classique, il peut également favoriser une rencontre plus directe et authentique entre les visiteurs et les populations locales. Enfin, le lien de ce secteur avec les milieux culturels dynamise les destinations, les rendant ainsi plus attrayantes pour les autres segments de clientèle.

* Marché LGBT : lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (lire aussi: Fidèles, réceptifs et festifs: portrait des touristes LGBT américains).

Source(s)

- Dreier, Hannah. «Las Vegas’ transformation from casino capital into international dance party», skift.com, 6 mai 2013.

- Tourisme Montréal. «Vie nocturne à Montréal», 25 juillet 2013.

- Trotter, Cate. «Dancefloor generates electricity at London’s first eco-disco!», inhabitat.com, 16 juillet 2008. 

Sites Web:

- clubMATCHER

- Nightlife

- Portail officiel du tourisme en Espagne

 

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