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Analyse - 19 avril 2016

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L’information touristique en mode collaboratif (partie 1)

L’information touristique en mode collaboratif consiste à réunir toute l’information sur une plateforme Web, où chacun - gestionnaire de destination, entreprise touristique ou fournisseur de service - peut être plus pertinent, efficace et créatif.

Dans le cadre d’une recherche pour le compte du ministère du Tourisme, nous avons observé de plus près les systèmes de gestion de l’information touristique. Plusieurs régions françaises et la Wallonie en Belgique ont mis en place des plateformes de mutualisation de l’information.

De quoi parle-t-on?

Il s’agit de bases de données touristiques hébergées sur le Web, qui permettent à une multitude d’intervenants d’accéder à de l’information exacte et de travailler à des projets communs. Les données sont utilisées tant de façon territoriale ou sectorielle (réseaux d’hébergement, type de produits, etc.). Ces plateformes peuvent également contenir des articles de presse, des contenus éditoriaux ou des vidéos, et la plupart sont jumelées à un système de réservation auquel grandes et petites entreprises peuvent bénéficier.

Certains de ces outils collaboratifs servent aussi à appuyer une stratégie de gestion de la relation client. En effet, grâce au suivi de l’information touristique consultée par un internaute, un office de tourisme ou encore un prestataire de services peut lui proposer des offres sur-mesure.

Voici un aperçu des avantages pour chacun :

  • Pour les organismes de promotion et d’accueil : accès à des informations libres, fiables et actualisées, à des contenus éditoriaux et multimédias à valeur ajoutée.
  • Pour les entreprises touristiques : occasion de mettre à jour leurs renseignements de manière efficace, sur toutes les plateformes utilisant leurs données. Certaines d’entre elles proposent même des widgets qui peuvent être intégrés au site Web de l’entreprise et personnalisés. À titre d’exemple, un hôtelier peut présenter les attraits se situant dans un rayon de 30 kilomètres; un attrait peut inclure un moteur de recherche d’hébergement aux alentours, etc.
  • Pour tous : la possibilité de créer des projets collaboratifs et des partenariats, afin de valoriser l’offre des destinations de différentes façons.

Des outils sous la loupe


mutualisation_apidaeApidae Tourisme
(nommé Sitra jusqu’en 2015) a été créé en 2004 et avait pour objectif de mutualiser la gestion collective d’une base de données de l’offre touristique pour de multiples usages : renseigner à l’accueil, alimenter des sites Web, etc. Elle permet aujourd’hui aux représentants d’un territoire de construire leur propre stratégie numérique, de renforcer leur présence sur le Web et de créer des liens avec des partenaires. D’abord conçue pour la région Rhône-Alpes, Apidae dispose d’une plateforme de travail collaborative qui dessert maintenant les régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que le département du Tarn. Les chiffres d’utilisation (image ci-contre) présente la situation en avril 2016, mais évoluent constamment.

De plus, le réseau Apidae Tourisme offre à ses utilisateurs un large éventail de services : accompagnement stratégique, veille numérique, soutien au développement, formation en contrôle de la qualité, soutien technique, analyse de la performance et sélection de données.

Les statistiques connues pour Apidae démontrent la pertinence de l’outil : une fiche d’information est envoyée à 6,5 sites en moyenne et peut être transmise à plus de 30 sites s’il s’agit de grands événements. La plateforme est très populaire auprès des acteurs touristiques : 410 000 connexions sur un an pour 7 millions de pages consultées et 137 000 fiches créées ou modifiées (soit 73 % de la base). Rappelons qu’il s’agit d’une plateforme uniquement professionnelle et dont le contenu n’est pas référencé par Google.

Le projet Pivot est une base de données mutualisée de l’information touristique wallonne et un véritable réseau entre les exploitants touristiques de la région qui possèdent leur propre version de la base de données. Interconnectées et synchronisées les unes aux autres, elles permettent le partage d’information à tous les utilisateurs. Pivot comprend un outil de gestion des offres touristiques qui permet, entre autres, la création, la mise à jour et l’extraction de données, la fusion et le publipostage. Ses fonctionnalités facilitent l’alimentation de sites Web, d’applications mobiles, de sites dédiés à la cartographie et incluent des flux renouvelés régulièrement, comme celui de Mons 2015 (capitale européenne de la culture).

Mentionnons d’autres bases de données collaboratives telles que SIRTAQUI en Aquitaine, Auvergne Search (vidéo ci-dessous) ou encore INFOTOUR qui rassemble les informations touristiques régionales de l’Agence du Tourisme de la Corse.

mutualisation_auvergne_search

Source: Auvergne Search

Le Québec sur la bonne voie

Un projet de mutualisation des données touristiques est déjà en place depuis plusieurs années au Québec. Environ 50 % du contenu de la banque d’informations sur les produits et services touristiques du ministère du Tourisme est déjà mutualisé, grâce à la collaboration de trois associations sectorielles qui colligent et fournissent les données des établissements qu’elles classifient : la Corporation de l’industrie touristique regroupant les établissements d’hébergement touristique, la Fédération des pourvoiries du Québec et Camping Québec.

Un investissement avantageux

Les avantages de ces plateformes semblent nombreux. Elles aident, entre autres, à maintenir la compétitivité avec les entreprises privées qui souhaitent s’approprier l’information touristique pour la diffuser sur leurs sites Web (TripAdvisor, Airbnb ou des agences de voyages en ligne, par exemple). Elles permettent aux destinations d’être plus performantes, plus pertinentes et ainsi, essentielles à ces grands joueurs avec lesquels il demeure important de collaborer. Au fil du temps, la relation n’en sera que plus équilibrée.

De longues périodes de planification, d’intégration des informations et de formation des intervenants ont été nécessaires à leur développement et leur mise en place requiert une équipe permanente de soutien et de la formation continue. À cet effet, le séminaire annuel d’Apidae et le système de parrainage entre certaines entreprises qui maitrisent bien la plateforme et de nouvelles recrues s’avèrent très utiles.

Poursuivez votre lecture avec des exemples concrets d’applications dans la seconde partie de cette analyse.

 

Source :

Chaire de tourisme Transat. « Portrait de l’offre d’information touristique sur le Québec », étude réalisée pour le ministère du Tourisme, décembre 2015.

 
  • Céline Brossard

    Merci pour votre article documenté. Simplement deux remarques concernant le réseau Apidae.
    – Il a été crée en 2004 et a changé de nom fin 2015.
    – Les chiffres annoncés évoluent en permanence. En avril 2016, on compte : 1000 structures membres, 1000 projets numériques alimentés par la base et 12000 utilisateurs individuels.
    Merci !
    Céline Brossard pour le réseau Apidae.

    • Maïthé Levasseur

      Bonjour Madame Brossard,
      Merci beaucoup pour ces précisions, je vais apporter les modifications à l’article.
      Au plaisir!

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