Retour

Retour
Analyse - 19 septembre 2016

Filtres

Filtres

Type de contenu

Tous les types

Thématique

Toutes les thématiq...

Analyste

Tous les analystes

Chronologie

septembre 2016

Recherche

L
Imprimer Hébergement,

Le marché hôtelier canadien

En dépit de sa dépendance envers la demande intérieure et du rang toujours décroissant du Canada sur les marchés touristiques internationaux, l'industrie hôtelière canadienne a bien performé au cours des dernières années et ça se poursuit en 2016.

En juillet dernier, Horwath HTL, une firme de consultants spécialisée dans l’analyse de l’industrie hôtelière, publiait un rapport sur le marché hôtelier canadien; voici ses principaux constats. 

Les taux d’occupation au Canada

Compte tenu de la crise du crédit, du ralentissement économique et de la récession qui s’en est suivie en 2009, le nombre de projets hôteliers en chantier a considérablement ralenti entre 2009 et 2011. Cela a eu comme conséquence une très faible augmentation de l’inventaire hôtelier canadien entre 2012 et 2015. Ce fait, combiné à la croissance de la demande pour de l’hébergement commercial à travers le Canada depuis 2010, a conduit à une augmentation constante du taux d’occupation au cours des six dernières années. Cette tendance s’est poursuivie en 2014-2015. Les six premiers mois de 2016 laissent entrevoir des résultats similaires à ceux de l’année précédente, soit juste en deçà de ceux enregistrés en 2006-2007, alors que les taux d’occupation étaient les plus élevés de la décennie (voir le graphique 1).

1-evolution_taux_occupation_hoteliere_au-canada

Le Québec au 3e rang

Au cours des six premiers mois de 2016, les taux d’occupation des hôtels canadiens ont oscillé entre 48 % et 66 %, selon les provinces. Avec un taux d’occupation de 63,5 %, le Québec se classe au troisième rang derrière la Colombie-Britannique et l’Ontario et dépasse la moyenne canadienne qui se situe à 61 %, en légère baisse (0,3 %) par rapport à la même période l’an dernier (voir le graphique 2).

Le taux d’occupation des hôtels québécois dépasse celui de la moyenne canadienne.

Malgré sa dernière position dans le classement, l’Île-du-Prince-Édouard est la province qui a enregistré la plus forte croissance de son taux d’occupation (6 %) et le Québec, la plus faible (1 %). Les seules provinces qui ont connu une baisse de 3 à 7 % de leurs taux d’occupation par rapport aux six premiers mois de 2015 sont Terre-Neuve et Labrador, la Saskatchewan et l’Alberta.

taux_occupation_ho%cc%82tels_canadiens_province
Montréal et Québec s’en tirent plutôt bien 

Les taux d’occupation dans sept grandes villes canadiennes, dont Montréal et Québec se sont échelonnés de 56 % à 72 % au cours des six premiers mois de 2016. Montréal connaît sa meilleure performance depuis les années 1980, bien qu’elle ait enregistré un recul en juin. Le mois de juillet a été excellent pour les hôtels de Montréal, en particulier ceux du centre-ville qui ont enregistré un taux d’occupation moyen de 87,4 %, hissant ainsi la moyenne des sept premiers mois de l’année à 72,5 %.

Selon Gilles Larivière, président de Horwath HTL à Montréal, la faiblesse du dollar canadien par rapport à la devise américaine et la popularité du tourisme urbain expliquent en partie ces résultats. Il ne faut pas non plus négliger l’impact de la diminution de l’offre de chambres sur le taux d’occupation; la ville a en effet perdu 2000 unités depuis 2012. Quant aux établissements de la ville de Québec, leur taux d’occupation se situait à 58,5 % pour le premier semestre de 2016, soit une augmentation de 6,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les prix moyens par chambre

De janvier à juin 2016, le prix moyen par chambre des hôtels des provinces canadiennes a fluctué de 113 $ à 60 $, établissant la moyenne canadienne à 142 $, soit une augmentation de plus de 3 % par rapport aux six premiers mois de 2015. Le Québec se classe au 2e rang canadien tout juste derrière la Colombie-Britannique (159 $) avec un prix moyen par chambre d’environ 150 $ (voir le graphique 3). La Colombie-Britannique, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et l’Ontario ont enregistré des hausses de prix supérieures à la moyenne canadienne (entre 4 % et 6 %), alors que le Nouveau-Brunswick et le Québec ont connu de légères augmentations, soit 1 % et 3 % respectivement. Quant à l’Alberta, elle a vu le prix moyen de ses chambres chuter de près de 4 %, possiblement à cause de la crise pétrolière qui sévit dans cette province et affecte la demande touristique.

3-prix_moyent_hotels

Un excellent début d’année pour Montréal 

Les prix moyens par chambre des sept grandes villes canadiennes à l’étude (Montréal, Québec, Toronto, Ottawa, Halifax, Calgary et Vancouver) sont un peu plus élevés que la moyenne canadienne. Ils s’échelonnaient de 130 $ à 165 $ au cours du premier semestre de 2016. Vancouver et Toronto ont connu des augmentations de 6 % à 8 % alors que Halifax, Ottawa, Québec et Montréal ont enregistré des hausses de 2 % à 5 %. En juillet, le tarif moyen par chambre dans les hôtels du centre-ville de Montréal s’établissait à 205 $, en hausse de 14 % par rapport à la même période en 2015 (180 $). Ces résultats peuvent s’expliquer en partie par la fermeture du Reine-Élizabeth à la mi-juin, selon M. Larivière, puisque dès lors, l’inventaire du centre-ville s’est rétréci de près de 1000 chambres. Les établissements de la ville de Québec affichaient quant à eux un prix moyen bien en deçà des moyennes canadienne et québécoise (130 $) pour les mois de janvier à juin, mais une légère hausse de 0,5 % par rapport à 2015.

Le revenu par chambre disponible

Pour ce premier semestre de 2016, le revenu par chambre disponible des hôtels canadiens fluctuait entre 60 $ et 105 $ pour une moyenne canadienne de 87 $. Le Québec se classe au 2e rang, suivi de l’Ontario (voir le graphique 4). Avec ses maigres 60 $ par chambre disponible, l’Île-du-Prince-Édouard est tout de même la province ayant enregistré la plus forte hausse du RevPAR, soit 20 %. En tête du classement canadien, la Colombie-Britannique a connu la deuxième plus forte hausse du RevPAR (12 %). Le Québec, en sixième position tout juste au-dessus de la moyenne canadienne, a connu une augmentation de 4 %.

4-revenu_par_chambre

Cette analyse illustre que, somme toute, l’industrie hôtelière canadienne, et québécoise, s’en tirent plutôt bien en ce premier semestre de l’année.

Source de l’image à la une : pexels.com

Source(s)

-Gaudet, Peter. « Special Markets Reports Issue 70 – Canada», horwathhtl.ca, juillet 2016. Giguère, Marc et Michel Goupil. « ÉCHO tourisme STATistique », quebecregion.com, juin 2016

-Vallières, Martin et André Dubuc. « Été chaud pour l’emploi et les hôtels», lapresse.ca, 11 août 2016.

 

Consultez notre Netiquette