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Analyses - 21 avril 2004

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avril 2004

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Tourisme nautique : la carte cachée des régions

La navigation de plaisance figure parmi les produits touristiques en croissance au Québec. L’accessibilité et la beauté naturelle du fleuve Saint-Laurent confèrent au Québec une place de choix pour attirer les amateurs de loisirs nautiques. De plus, le réseau nautique du Québec maritime représente un passage incontournable pour pénétrer à l’intérieur du pays par l’Atlantique.

Une activité touristique «naturelle»

À titre de fenêtre sur la mer, les marinas constituent le point de rencontre naturel où convergent les plaisanciers, les visiteurs et la population locale. Les havres de plaisance permettent également de jouer un rôle de levier sur le plan du développement économique et touristique d’une région. C’est en tant que lieux potentiels d’animation que plusieurs havres de plaisance peuvent exercer un pouvoir d’attraction et compléter judicieusement l’offre touristique.

Une mer de plaisanciers

La majorité des plaisanciers qui fréquentent nos voies navigables proviennent du Québec. Selon la firme de sondage Print Measurement Bureau, on compte plus de 118 000 adeptes de la voile au Québec seulement. On dénombre 11 400 embarcations (à voile et à moteur) de 30 pieds et plus au Québec, comparativement à 16 750 en Ontario.

Sur le marché américain, 12,8 millions d’embarcations de plaisance sont enregistrées, dont 1,6 million proviennent de la côte Est. Il existe approximativement 23 000 voiliers, dont la taille varie entre 31 et 65 pieds et 24 000 autres de 26 à 30 pieds, localisés dans les dix États côtiers allant du Maine au District de Columbia dans la baie de Chesapeake. La durée moyenne de leur plus long voyage annuel s’échelonne sur trois à six semaines. Selon Market Research Associates, les principales sources d’information consultées pour la planification de leurs voyages de plaisance sont les magazines (55%), le bouche-à-oreille (48%) et Internet (25%).

Le marché français est pour sa part constitué d’environ 4 millions de plaisanciers et on dénombre quelque 172 000 voiliers. Sur la base d’un sondage réalisé auprès des participants d’un salon nautique à Saint-Malo, on note qu’environ 12% des plaisanciers ont déjà entrepris un voyage de navigation transatlantique au cours des cinq dernières années. Bien que la plupart n’aient jamais navigué au Québec, 92% se montrent intéressés à y effectuer un voyage de nautisme. Ils se montrent davantage enclins à louer une embarcation sur place qu’à effectuer la traversée transatlantique.

Une clientèle de mordus

Fortement composée de baby-boomers, de préretraités et de retraités ayant des revenus supérieurs, les plaisanciers sont souvent des passionnés de leur passe-temps. Ceux qui naviguent au Québec effectuent en moyenne 27 sorties annuellement. La majorité de ces sorties (71%) durent une journée (graphique 1). Sur les plans d’eau du Québec, on observe une mixité d’embarcations à moteur et de voiliers jusqu’à Québec ou Tadoussac et une forte majorité de voiliers dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Le tronçon de navigation entre Montréal et Sorel demeure le plus populaire auprès des plaisanciers fréquentant les eaux québécoises (graphique 2).

Lors d’un sondage mené par la Chaire de Tourisme auprès de plaisanciers visitant la région de la Gaspésie, on a établi que les dépenses totales par embarcation s’élevaient à 1430 dollars, soit 114 $ par jour. Les visiteurs séjournaient en moyenne 13 jours dans la région, soit des retombées annuelles d’environ un million de dollars.

La qualité des infrastructures (profondeur d’eau, quais, types de pontons, protection contre les vents et les vagues, etc.), les commodités sur place (épicerie, douche, eau courante, téléphone, toilettes, etc.) et la présence de services techniques (carburant, diesel, vidange de réservoirs septiques, etc.) représentent les critères les plus importants dans le choix d’une marina. La distance à parcourir, le manque d’information et l’absence de destinations de plaisance renommées constituent les principaux obstacles expliquant le faible taux de pénétration auprès des marchés extérieurs.

Quelques pistes d’actions

La notoriété du Québec en tant que destination nautique demeure faible sur les marchés extérieurs et beaucoup reste à faire pour capitaliser sur cette clientèle potentielle. Voici quelques pistes d’actions pouvant être envisagées pour améliorer l’offre du tourisme nautique au Québec:

  • Accroître les investissements et soutenir les actions promotionnelles avec de nouveaux partenaires tels que les parcs, clubs de golf, hôtels, etc.
  • Consolider et développer l’offre autour de pôles de destination et prioriser les havres ayant déjà une masse critique d’activités touristiques et une infrastructure d’accueil.
  • Développer des bases de location (charter) permettant de cibler de nouvelles clientèles.
  • Améliorer la qualité des structures d’accueil, incluant la formation du personnel de première ligne et favoriser l’intégration du nautisme dans l’offre touristique existante.
  • Instaurer des mécanismes de collecte d’information sur les plaisanciers afin d’en dresser un profil plus précis et de mieux cibler les stratégies marketing.

Sources :
– Chaire de Tourisme de l’UQAM. «Plan stratégique de développement et de marketing du réseau nautique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine – Rapport final», juillet 2003.
– Le Groupe DBSF. «Plan stratégique du développement et de marketing du tourisme nautique – Région de l’Est du Québec, Présentation du rapport final», mars 2004.
– Market Research Associates. «Cape Breton Marina Study», mars 2002.

 

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