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Compte-rendu de conférence - 16 juin 2004

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juin 2004

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Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?

Les grands événements sportifs hautement médiatisés, comme les Jeux Olympiques, offrent une vitrine exceptionnelle aux villes organisatrices. Et les retombées se répercutent tant sur le plan urbanistique, économique, environnemental, que touristique. Mais combien en coûte-t-il? Les retombées sont-elles si alléchantes?

L’événement réel ne dure que quelques semaines, certes, mais les préparatifs débutent jusqu’à une décennie à l’avance et peuvent nécessiter des dépenses d’investissement considérables; et certains s’en sortent bien (comme Los Angeles en 1984 et Atlanta en 1996), alors que d’autres n’atteignent pas les résultats escomptés (comme Séoul en 1988 et Barcelone en 1992).

JO de Montréal en 1976, du plus et du moins

En effet, de tels rassemblements profitent directement à la construction, à la distribution, au tourisme en général et à l’hôtellerie en particulier, ainsi qu’à d’autres secteurs traditionnels (comme l’emploi). Ils créent des opportunités de développement dans l’informatique et les télécommunications, la protection de l’environnement, l’industrie du sport, ainsi que dans d’autres secteurs naissants, sans négliger le développement économique.

À Montréal, les Jeux Olympiques de 1976 ont fait connaître Montréal comme destination touristique d’intérêt en Occident. Ils ont également laissé leurs traces architecturales et touristiques. Aujourd’hui, le Stade olympique est considéré comme l’une des principales attractions touristiques de la ville. Le sport y est encore à l’honneur avec la présentation de matchs de baseball et de football. Il est l’hôte de foires et de spectacles et sa tour (la plus haute tour inclinée du monde) est accessible en funiculaire.

Quant au Vélodrome, il a été transformé pour recevoir le Biodôme, une reconstitution étonnante des plus beaux écosystèmes des Amériques. Des appartements ont été aménagés dans l’ancien village olympique.

D’un autre côté, l’organisation des jeux a coûté pas moins de 1600 millions $. La dette devrait être complètement remboursée en 2006, soit 30 ans plus tard. Mais c’est sans compter les faramineuses dépenses qu’engendrent sa rénovation et son entretien.

Et le Stade olympique se cherche toujours une vocation… et un toit définitif.

L’industrie du tourisme surfe sur la vague de la publicité

Selon une enquête réalisée en 2002 par Jones Lang LaSalle, une entreprise mondiale de services immobiliers et de gestion d’investissements, les villes-hôtes de Jeux Olympiques devraient profiter longtemps de ce momentum.

Selon eux, l’examen des expériences passées, hiver ou été, permet de faire des prédictions sur l’impact qu’ont les Jeux Olympiques sur le développement immobilier et touristique (surtout hôtelier) des villes organisatrices.

L’étude démontre qu’en règle générale le nombre de visiteurs internationaux dans les villes-hôtes augmente en moyenne de quelque 25% dans la seconde année suivant les Jeux. Idem pour l’industrie hôtelière, où l’on constate une forte augmentation des demandes d’hébergement au cours de l’année olympique.

En outre, les Jeux Olympiques constituent un important moteur de croissance pour le marché des congrès. Outre les infrastructures sportives, touristiques et municipales qu’ils lèguent, ils sont la preuve de la capacité de la ville à accueillir des événements majeurs de classe internationale.

Les JO d’Athènes 2004 ratent cependant l’or

Ce succès n’est cependant pas garanti à tout coup. En effet, les Jeux Olympiques d’Athènes (été 2004), qui devraient attirer plus de cinq millions de spectateurs et dont le budget opérationnel s’élève à plus de 2 milliards d’euros, ne semblent pas réunir ces conditions gagnantes. Ils ne font pas recette et n’attirent pas l’afflux de touristes escompté.

À quelques semaines de l’ouverture, un nombre étonnant de billets sont encore disponibles pour beaucoup d’événements. Les uns s’inquiètent pour la sécurité, les autres invoquent les coûts très élevés de l’hébergement.

Et les Jeux n’ont pas encore eu lieu que le ministre du Tourisme grec, Dimitris Avramopoulos, fait déjà son mea culpa. Il met l’échec des opportunités touristiques sur le compte d’une mauvaise promotion touristique attribuée, selon lui, au manque de stratégie du gouvernement antérieur. D’ailleurs, à cette remise en question, il propose une nouvelle stratégie postolympique, sur dix ans, basée sur un axe croissance-promotion-culture.

Il a d’ores et déjà annoncé de nouvelles initiatives pour le développement, ainsi que l’attraction de nouveaux investissements, sans toutefois préciser quoi que ce soit de concret.

L’inquiétude règne également quant aux véritables retombées économiques. Selon un sondage réalisé entre le 11 novembre et le 2 décembre 2003, et publié dans la presse hellénique, 24,2% des personnes interrogées sont d’abord préoccupées par le coût des JO d’Athènes et ses retombées. Un autre sondage, publié celui-là fin décembre 2003, confirme ces craintes.>Il apparaît que:

  • 80,6% des Grecs jugent «énormes» les coûts engendrés par les Jeux;
  • 18,5% craignent une attaque terroriste;
  • 48,1% des Athéniens affirment qu’ils resteront «sûrement» dans la capitale durant les festivités et 19% y resteront «probablement»;
  • et surtout, que 37,1% des répondants ne sont «pas du tout» intéressés à assister aux compétitions.

Mise à jour – 28 juillet 2004

Justement, aujourd’hui était rendue publique la dernière étude de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) analysant les retombées possibles pour l’industrie touristique canadienne de la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2010 qui se dérouleront à Vancouver-Whistler.

Le rapport souligne comment il est possible de maximiser l’aspect positif de la tenue des jeux, non seulement en Colombie-Britannique mais également au travers des autres provinces.

L’ACTS estime que les JO d’hiver et Paralympiques de 2010 vont coûter 1,3 milliard $.

  • 86 millions $ du budget d’investissement (financé par les gouvernements provincial et fédéral) seront dépensés pour l’amélioration ou la construction des équipements sportifs.
  • 50% des revenus seront issus de la publicité;
  • 40% proviendront des commandites d’entreprises;
  • 8% de la vente des billets;
  • et enfin, 2% des licences d’autorisation.
  • On estime que les revenus médiatiques (télévision) rapporteront pas moins de 670 millions $.

Voir aussi

Régie des Installations Olympiques
Alliance canadienne du tourisme sportif

Sources:
– PricewaterhouseCoopers. «The economic impact of the Olympic Games», PricewaterhouseCoopers European Economic Outlook June 2004.
– Jones Lang LaSalle. «Salt Lake City 2002: Jones Lang LaSalle évalue l’impact potentiel des jeux Olympique sur les marchés de l´immobilier», communiqué de presse, 8 mars 2002.
– Sallet-Lavorel, Hélène et Paul Lecroart. «Quels sont les impacts des grands événements sur les métropoles?», Cahier Espaces, no 74, août 2002.
– Sloan, Gene. «Myth: Athens Games are booked», USA Today, 11 juin 2004.
– La Lettre du Sport. «Le coût des JO inquiète les Grecs», no 303, 5 janvier 2004.

 

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