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Analyses - 19 août 2004

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août 2004

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L’agrotourisme au Québec: point de mire

Le Groupe de concertation sur l’agrotourisme au Québec (GCAQ) dévoilait récemment les résultats d’une enquête indiquant que les producteurs québécois réalisent en moyenne plus de 100 000 $ de revenus à partir de leurs activités agrotouristiques. Comment expliquer ce succès? En partie par le fait que cette activité répond bien au désir de plusieurs touristes d’apprendre tout en voyageant.

Définition du produit

Le GCAQ définit l’agrotourisme comme une activité touristique complémentaire à l’agriculture, ayant lieu sur une exploitation agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes ou des excursionnistes, permettant ainsi à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l’agriculture et sa production à travers l’accueil et l’information que leur réserve leur hôte.

On doit savoir que la notion d’agrotourisme n’a rien d’un concept marketing. Une entreprise agrotouristique est avant tout un producteur agricole, comme le définit le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Les entreprises agrotouristiques se différencient principalement par le fait qu’elles offrent des activités d’accueil et d’animation sur les lieux.

Une industrie qui prend forme

Une banque de données compilée par le MAPAQ recense plus de 600 entreprises au Québec oeuvrant en agrotourisme. La majorité d’entre elles sont situées dans les Laurentides et la Montérégie (graphique 1). En 2004, le GCAQ a effectué une enquête auprès de 169 producteurs agrotouristiques répartis dans cinq régions du Québec, afin de dresser un profil détaillé du secteur.

Cette étude a notamment permis de constater que:

  • Les 169 producteurs agrotouristiques interrogés ont accueilli plus de 1,2 million de visiteurs en 2002. 
  • L’offre d’activités agrotouristiques permet d’augmenter le chiffre d’affaires des producteurs, tout en diversifiant leurs revenus et en facilitant la mise en marché de certains produits et services agricoles ou alimentaires.
  • Les activités proposées sont tarifées dans une proportion de 71%.
  • De l’avis des producteurs, l’ajout d’actifs et de ressources (financières et humaines) dédiés aux activités agrotouristiques a un impact positif direct sur le nombre de visiteurs.

À qui plaît l’agrotourisme?

Le touriste d’aujourd’hui ne veut plus rester inactif, il préfère opter pour des activités qui favorisent l’apprentissage tout en voyageant. Il s’agit d’un facteur important qui contribue au succès croissant de l’agrotourisme. La firme Zins, Beauchesne et associés identifie six axes d’intérêt correspondant au profil de la clientèle qui s’intéresse à l’agrotourisme:

  • le retour et l’attachement aux traditions;
  • l’intérêt pour la nature;
  • la convivialité tranquille;
  • le tourisme familial actif et participatif;
  • l’attrait pour les produits du terroir;
  • le volet apprentissage du tourisme.

Dans l’ensemble, les familles et les couples de plus de 50 ans représentent le principal marché de l’agrotourisme. Il s’agit d’une clientèle qui préfère organiser elle-même ses voyages, sans passer par une agence de voyages. La clientèle des entreprises agrotouristiques du Québec est majoritairement (75%) constituée de visiteurs individuels. En 2000, une étude de Lang Research indiquait déjà que 7% de la population nord-américaine avait participé à au moins deux activités agrotouristiques dans le cadre de leurs vacances.

Près de la moitié des entreprises agrotouristiques (43%) accueillent des groupes scolaires. Au Québec, les producteurs les plus populaires oeuvrent dans les secteurs de l’acériculture, de la pomiculture et des petits fruits.

Une mise en valeur par les circuits thématiques

Dans le but de favoriser l’essor de l’agrotourisme, plusieurs régions du Québec ont développé une vingtaine de circuits thématiques. Il s’agit d’un outil marketing efficace pour faire connaître, dans chaque région, les producteurs agricoles accueillant des visiteurs. Une signalisation touristique «labellisée» permet aux touristes d’identifier plus facilement les sites agrotouristiques d’intérêt.

Voici les principales routes thématiques du Québec, de même que certains budgets annuels de fonctionnement associés. Dans la moitié des cas, il s’agit de circuits qui possèdent un statut informel, sans comité d’organisation. La gestion s’effectue souvent par les membres de réseaux ou conseils agricoles, bioalimentaires ou agroalimentaires locaux, et ce, à travers d’autres dossiers.

 

Circuit thématique

 

Budget de fonctionnement

La Route des saveurs (Charlevoix)

20 000$

La Route des jardins (Centre-du-Québec)

8 000$

Le Circuit du paysan (Montérégie)

100 000$

Le bon goût frais de la Gaspésie

120 000$

La Route du marché à la ferme (Cantons-de-l’Est)

10 000$

La Route des vergers (Laurentides)

N.D.

La Route des vins du Québec

N.D.

La Route gourmande des fromages fins du Québec

N.D.

La Route des fleurs (Laval)

N.D.

La Route des mille et un plaisirs (Laurentides)

N.D.

Stratégies à mettre de l’avant

L’étude de la GCAQ révèle que les producteurs qui s’engagent activement par des stratégies de maillage avec d’autres partenaires sont ceux qui reçoivent le plus de visiteurs. Il s’agit de partenariats avec les attraits touristiques de la région ou une participation à un circuit ou un événement agrotouristique. Il existe également une corrélation entre les montants investis en promotion et l’achalandage touristique des sites agrotouristiques. Voici quelques autres facteurs de succès à prendre en considération:

  • La qualité de l’expérience de visite est primordiale, puisque les agrotouristes choisissent souvent leur destination en fonction des conseils de parents et amis.
  • Comme il s’agit d’une clientèle qui organise elle-même ses voyages, une présence efficace sur Internet pourrait porter fruit.
  • Offrir un bon rapport qualité/prix s’avère important, car le budget de voyage de l’agrotouriste est habituellement modeste.
  • Dans une optique de forfaitisation, on devrait donner priorité aux partenariats incluant des activités de plein air, telles que l’observation de la faune et de paysages ou la randonnée en montagne. Des maillages avec des attractions autochtones ou des attraits associés au patrimoine pourraient également bien fonctionner.  

Sources:
– Marcotte, Pascale et Laurent Bourdeau. «Portraits d’entreprises agrotouristiques du Québec», Groupe de concertation sur l’agrotourisme au Québec, avril 2004.
– Le Soleil. «Le tourisme agricole fait courir le monde», Économie, samedi 10 juillet 2004, p. B1.
– Boutin, Nadine. Le circuit «de la terre… à la table», un modèle de réseautage en agrotourisme, août 2003.
– Williams, Peter, Margaret Paridaen, Karim Dossa et Marcie Dumais. «Agritourism Market and Product Development Status Report», Centre for Tourism Policy and Research, Simon Fraser University, 30 avril 2001.
– Marchard, Anne. «Le guide de procédure pour un circuit ou une route», Fédération des agricotours du Québec, 2003.
– Miller, Malinda. «Agri Tourism Industry Profile», Agricultural Marketing Resource Center, Iowa State University, mars 2003.

 

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