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Analyses - 8 novembre 2007

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novembre 2007

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La Top 10 mania!

Tous les superlatifs y passent: les plus cool, les plus laids, les plus chers, les plus branchés, les plus insolites, les plus… meilleurs! Les Top 10 sont partout. On dresse une liste pour tout et pour rien. Même que ces compilations s’allongent: «Les 100 meilleurs employeurs», «1000 Places to See Before You Die». Votre entreprise a-t-elle ce petit quelque chose qui la rend digne de figurer dans un Top 10? Non? Peut-être y aurait-il lieu de plancher sur une stratégie pour vous démarquer, comme «Le meilleur service à la clientèle»?

Noyés dans une mer d’information, le Top 10 vient à la rescousse!

Les grandes organisations, les magazines, les journaux, les sites Internet, tous y vont de leurs classements, de leurs conseils ou de leurs découvertes: les best of…, les 10 façons de…, où aller pour…, les 10 choses qu’il faut savoir avant de… et tout le monde en raffole.

Pourquoi les gens aiment-ils tant les listes, ces fast-foods de l’information, et pourquoi les entreprises devraient-elles aussi les aimer? Parce qu’elles sont…

  • faciles à ingérer – Elles captent l’attention. Pas d’envolée dithyrambique, elles se lisent rapidement.
  • parfois difficiles à digérer – Pour ou contre? Elles suscitent les débats, soulèvent les controverses et engendrent les discussions tant sur le contenu que sur la méthodologie utilisée.
  • contagieuses – Chacun y va de son Top 10. Les résultats se propagent à la vitesse de l’éclair et le Web 2.0 n’est pas étranger à cette propagation.
  • de bonnes sources d’information – Elles simplifient surtout la vie du consommateur face à la surabondance d’information. Elles aident les gens à faire un choix éclairé ou à les conforter dans leur choix, à ne pas passer à côté de choses importantes, à faire de nouvelles découvertes.
  • un excellent moyen de communication – Elles sont une belle vitrine publicitaire (à moins de faire partie de la liste des 10 plus mauvais). Elles alimentent plus d’un article linéaire sur le sujet.
  • un avantage concurrentiel – Elles permettent aux entreprises de se démarquer de la concurrence. Elles font vendre. Elles génèrent un achalandage important sur les sites Internet et, par conséquent, améliorent le positionnement du site dans le résultat des moteurs de recherche.

Je cours les concours…

Quelles méthodologies se cachent derrière ces classements?

  • Il y a les classements établis par des méthodologies scientifiques et sérieuses.

N’y figure pas qui veut. Il suffit de penser aux sites classés Patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture). Dans le but d’aider les destinations à préserver des sites hors du commun, l’UNESCO évalue les candidatures proposées selon des critères scientifiques. Un site apparaissant à ce classement jouit d’un important prestige, mais rigueur, dossier imposant à monter et plusieurs critères s’imposent si la destination désire obtenir et conserver son titre.

Le classement mondial des destinations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) permet aux destinations d’évaluer leur performance au fil des années et de se comparer à la concurrence.

  • Il y a les classements établis par des votes populaires.

Les gens aiment voter. Même si certains classements n’ont rien de scientifique, leur impact peut se révéler important et la participation peut même prendre une ampleur inattendue. C’est ce que l’on a pu constater lors du dévoilement à Lisbonne, le 07.07.07, des sept nouvelles merveilles du monde, où plus de 100 millions de votes ont été compilés. Pratique décriée par l’Unesco, l’initiative n’a pas fait l’unanimité. L’objectivité a souvent fait place à la partisanerie alors que d’importantes campagnes promotionnelles se sont organisées pour faire monter en flèche les votes d’un site.

Au Canada, la CBC (Canadian Broadcasting Corporation) y est allée de ses Seven Wonders of Canada. Plus de un million de votes plus tard, les sept merveilles du Canada ont été couronnées et le résultat des votes a donné lieu à différents classements: le classement des juges où le Vieux-Québec a obtenu leurs faveurs, les 52 merveilles du Canada, les merveilles par province et les «Other Weird and Wonderful Lists».

  • Il y a les classements établis par les magazines de prestige.

Généralement, lecteurs, jurys ou journalistes y vont de leur évaluation en fonction de certains critères.

À chaque année, le National Geographic Traveler évalue les pratiques de tourisme durable des destinations. Le dernier classement en liste portait sur les îles (petites et moyennes), ces régions trop souvent soumises à des pratiques touristiques néfastes. Avec la participation de la George Washington University, 522 experts en tourisme durable et gestionnaires de destination ont établi une liste de quelque 111 îles et archipels et ont donné une cote à leur état (en danger, en difficulté, etc.).

Des milliers d’électeurs, d’utilisateurs et de lecteurs de Spafinder.com et du Luxury SpaFinder Magazine, référence mondiale dans l’univers des spas, ont classé le Spa Eastman parmi les dix meilleurs spas au monde pour son «meilleur rapport qualité-prix». Le Spa Eastman est également identifié comme l’un des 100 meilleurs spas au monde par les auteurs du livre 100 Best Spas of the World.

La liste des prix s’allonge pour l’Auberge Saint-Antoine de Québec. Les derniers en titre sont: meilleur hôtel au Canada décerné par le magazine Condé Nast Traveler (sondage auprès des lecteurs – 800 000 abonnés et 3 millions de lecteurs à travers le monde); 56e rang du Top 100 des meilleurs hôtels sur la planète du magazine Travel and Leisure.

Tremblant peut s’enorgueillir d’avoir été nommé pendant dix années consécutives le «Centre de villégiature numéro 1 dans l’Est de l’Amérique du Nord» par les lecteurs de Ski Magazine.

  • Il y a les classements et les listes établis par le consommateur, lequel devient l’analyste expert.

Conséquence du règne de la transparence (lire aussi: L’ère de la transparence: adaptez votre mentalité!), cette folie des listes est bien souvent alimentée par l’internaute. Il y a toujours un consommateur quelque part qui connaît une entreprise (petite, moyenne ou grande) dans une destination populaire ou dans un coin perdu qui offre un produit hors du commun ou un service hors pair (ou exécrable) et qui veut le partager avec d’autres. L’engrenage se met en branle et finit par dégénérer en Top list, chacun y allant de son opinion. Sur le Net, même les secrets bien gardés finissent par se savoir et c’est tant mieux!

TripAdvisor demeure un site par excellence pour ses Top lists: les destinations hot aux États-Unis pour 2008, les hôtels hot à Paris, les top destinations à travers le monde, etc. Le Travel Channel demande aux gens de créer leur propre liste: «Build your ULTIMATE list of must-see destinations!»

La ville de New York vient de lancer une campagne multimédia «Lost in NYC? Just ask the locals», où elle invite les gens à prendre un moment pour «Just ask the locals» afin d’obtenir des suggestions d’endroits à visiter et de choses à ne pas manquer, de la pizza à déguster tard en soirée à la dernière exposition branchée. Robert De Niro, Julianne Moore, Jimmy Fallon y vont de leurs recommandations.

… y paraît que j’ai toute pour (chanson de Robert Charlebois)

Les publications québécoises n’échappent pas à ces tendances: les destinations pour les romantiques ou les amoureux de la nature, les plus beaux lieux pour la pratique de la raquette, les plus beaux parcs, etc.ML_2007-11_top10_mania_img1

Le livre 500 coups de coeur pour découvrir le Québec de Michel Julien a été un des coups de cœur du public dès sa première semaine en librairie en figurant parmi les meilleurs vendeurs; quelque 7000 exemplaires du livre ont été distribués à travers le Québec la journée même de sa sortie. Michel Julien a d’ailleurs lancé, dans Facebook, un groupe «Coups de Coeur pour découvrir le Québec» où il annonce: «Vous aimez le Québec comme je l’aime? Aidez-moi à dénicher les musts du Québec et réaliser la deuxième édition de mon livre… Suggérez-moi votre resto préféré, votre hôtel de rêve, votre sentier de randonnée favori, etc.!».

Tous ces types de classement exercent un impact sur un produit ou sur une destination. Mais il faut batailler fort pour y demeurer et ne pas être seulement la saveur du mois.

Votre entreprise ou votre destination a-t-elle ce petit quelque chose qui lui permet de se démarquer, de soulever l’enthousiasme auprès de la clientèle ou de répondre aux critères des jurys? Dans quelle liste serait-elle digne de se classer?

Après avoir séduit les clients, se lancer dans un exercice de relations publiques auprès des éditeurs, des journalistes et autres influenceurs n’est pas exclu, car eux aussi recherchent des produits ou des destinations exceptionnels pour les faire connaître. Et du même coup, voici une occasion d’obtenir gratuitement une belle vitrine publicitaire.

Sources:
– Brown, Stuart. «Top 10 Reasons Why Top 10’ Lists Are So Popular», 21 juillet 2006.
– CBSNEWS. «Lists Are Taking Over America», 23 septembre 2007.
– Normandin, Pierre-André. «Les 7 nouvelles merveilles du monde: la mobilisation de certains pays aurait biaisé le vote», Le Soleil, 8 juillet 2007.
– Proulx, Steve. «Les listes sont partout», Bazzo.tv, 9 octobre 2007.
– TrendWatching.com. «Transparency Tyranny», no 45, mai 2007.
– UNESCOPRESS. «UNESCO confirms that it is not involved in the New 7 wonders of the world” campaign», Press Release no 2007-66, 7 juin 2007.

Sites Internet:
Auberge Saint-Antoine
Michel Julien
National Geographic
New York City
Seven Wonders of Canada
Spa Eastman
The New 7 Wonders Of The World
Tremblant
Travel Channel
TripAdvisor

 

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