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Clin d'oeil - 17 février 2010

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février 2010

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Une décennie horribilis pour l’industrie aérienne

De 2000 à 2009 inclusivement, le secteur du transport aérien a subi des pertes nettes de 68 milliards USD, la pire décennie de son histoire. Seules trois années – 2000, 2006 et 2007 – ont été profitables à l’industrie au cours de cette période.  Ce texte repose principalement sur une analyse publiée dans le magazine Airline Business, en janvier 2010.

Le bogue de l’an 2000

Tout a commencé à péricliter en 2000. Avec une économie globale déjà à la baisse, personne n’était préparé au choc qu’ont provoqué les attentats du 11 septembre 2001: un ralentissement considérable du trafic aérien a entraîné une profonde crise financière pour de nombreuses entreprises qui se sont mises sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité ou de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Ce fut le cas d’Air Canada, suivie de Delta, de Frontier, de Northwest, de US et United Airways. Cette dernière a passé pas moins de 38 mois en faillite pour finalement renouer avec la rentabilité en 2006.

La montée en flèche des transporteurs à rabais

Pendant que les grandes compagnies aériennes peinaient à sortir de la banqueroute, d’autres s’inspirant de Southwest Airlines – JetBlue, AirTran, WestJet, AirAsia, easyJet, Ryanair, Virgin Blue et Gol – ont rapidement saisi la balle au bond. Fortes des avions achetés à rabais après la crise du 11 septembre, elles ont envahi le marché des voyages courtes distances.

Des fusions sous un ciel de plus en plus ouvert

Alors que les pourparlers de fusions d’Air France-KLM et Delta-Northwest faisaient la manchette quasi quotidienne des journaux, l’accord de ciels ouverts entre les États-Unis et l’Union européenne prenait son envol. (Lire aussi: Un ciel de plus en plus ouvert!)

Malgré cette récente effervescence, peu d’entreprises ont trouvé leur compte, et les coffres sont restés vides. Les changements structurels nécessaires –  liberté d’investir hors frontières et d’atterrir où bon nous semble – demeurent hors de portée.

D’autres sources de revenus

Cette situation catastrophique a obligé les compagnies aériennes à se tourner de plus en plus vers des sources complémentaires de revenus. En fait, on prévoit cette année que l’ensemble de l’industrie aérienne générera des recettes additionnelles de 58 milliards USD qui proviendront des frais d’enregistrement des bagages (4 milliards USD pour les États-Unis seulement; en tête, Delta et American Airlines), d’allocation de sièges, de services ou produits offerts en vol, etc.

Pionniers des frais auxiliaires, les transporteurs aériens à bas tarif en tirent une portion importante de leurs revenus, soit environ 15%. En 2009, les recettes de JetBlue provenant des frais auxiliaires ont augmenté de 60 millions USD (17%) par rapport à 2008.

Selon une étude du Centre for Asia Pacific Aviation (CAPA), cette façon, enclenchée par les compagnies aériennes américaines, de facturer un supplément pour des services habituellement inclus dans le prix des billets ne fait que commencer et va se développer pour inclure davantage les transporteurs européens et asiatiques.

L’Asie-Pacifique, un avenir prometteur?

Pour la première fois en 2009, la région intra Asie-Pacifique a détrôné l’Amérique du Nord au titre du plus grand marché de l’aviation avec ses 647 millions de voyageurs comparativement à 638 millions en Amérique du Nord (incluant les marchés domestiques), selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les entreprises de cette région tirent bien leur épingle du jeu grâce à des réductions de coûts efficaces: deux des cinq compagnies aériennes les plus rentables au monde viennent de cette région. Toutefois, à long terme, l’Asie-Pacifique devra faire face à des défis plus globaux incluant:

  • l’environnement – amélioration de l’efficacité énergétique, stabilisation des émissions de carbone neutre (d’ici 2020) et réduction desdites émissions (d’ici 2050);
  • la sécurité – élimination des menaces en partenariat avec les autorités gouvernementales mondiales;
  • la libéralisation – l’ouverture du ciel en Asie-Pacifique est prévue pour 2015. Des ententes de principe ont été signées, en novembre 2009, avec sept gouvernements incluant les États-Unis, la Commission européenne, Singapour et la Malaisie.

De ces dix années horribilis, que retiendrons-nous? Que seront les prochaines années? Est-ce que ça peut être pire? Qu’en pensez-vous? Faites-nous part de vos commentaires sur www.veilletourisme.ca.
Lire aussi: La «low cost mania»
Sources:
– «A decennis horribilis», Airline Business, volume 26, no1, janvier 2010, p. 50.
– «Airlines expected to generate US$58 billion in ancillaries this year», EyeforTravel, 25 janvier 2010.
– IATA. «Intra-Asia Market Eclipses North America as World’s Largest», eTurboNews, 31 janvier – 2010.
– Pucci McClatchy. «Study: Airlines to charge more fees in 2010», Tribune News Service, 1er février 2010.

 

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