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Analyses - 12 avril 2010

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avril 2010

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Gaz à effet de serre: Le rôle des agents de voyages canadiens

En 2006, 26 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone ont été émises dans l’atmosphère, dont 5 % provenaient de l’industrie du tourisme (OMT, 2008). De ce pourcentage, les vols aériens comptaient pour 40% et les déplacements terrestres pour 36%.

Les changements climatiques et le tourisme sont interdépendants. Parce que les conditions météorologiques ont une lourde incidence sur les décisions d’affaires des voyagistes, les changements climatiques auront d’importantes répercussions sur l’avenir du tourisme. Au Canada, le tourisme saisonnier et de nature est souvent menacé par des situations météorologiques anormales ou incertaines. Pour y faire face, des changements coûteux pourraient être apportés aux infrastructures.

L’inquiétude croissante quant aux effets des changements climatiques sur l’industrie touristique suscite le besoin de découvrir ce que les parties prenantes du tourisme savent à propos de ces effets et si elles participent à leur atténuation.

Une étude de 2008, menée par Kole, Krestell, Parlagreco et Dodds à l’Université Ryerson, avait pour but d’évaluer le degré de sensibilisation des agents de voyages canadiens par rapport aux changements climatiques et leur désir d’offrir à leurs clients la possibilité d’acheter des crédits compensatoires comme stratégie d’atténuation. L’étude avait également pour but de déterminer s’il faudrait fournir plus d’information sur les questions environnementales et les crédits de carbone aux agents de voyages pour les aider à la transmettre aux clients par la suite.

Dans le cadre de cette étude, un sondage en ligne a été effectué auprès de 1 886 membres de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) et de 2 500 membres de l’Institut canadien des conseillers en voyages (CITC). Le taux de participation à ce sondage a été de 5,9%.

Résultats

L’étude a permis de constater que les agents de voyages perçoivent les changements climatiques comme une menace, mais qu’ils ne sont pas au courant de la contribution de l’industrie touristique à ces changements. Leurs clients, les voyageurs, ne sont pas non plus conscients des répercussions de leurs habitudes de voyage sur le climat. La plupart des agents de voyages ont une compréhension sommaire (50%) des changements climatiques et des crédits de carbone. Plus de 50% d’entre eux visent d’abord les profits. Cependant, 9% des agences de voyages ont comme priorité «la diffusion de l’information sur les changements climatiques». Parmi les agents, 46% trouvent important d’aborder les questions environnementales liées au tourisme, mais leurs agences ne les encouragent pas à le faire.

De plus, 34% des agents de voyages canadiens croient que leurs clients seraient prêts à payer jusqu’à 10$ de plus pour des crédits compensatoires, bien qu’ils pensent que c’est au gouvernement que revient la responsabilité de débourser pour ces frais. Moins de la moitié de ces agents proposent «parfois» à leurs clients d’acheter des crédits de carbone, et les clients soulèvent rarement la question.

L’étude permet de conclure que la plupart des agents de voyages ont une connaissance et une compréhension sommaires des changements climatiques et des crédits de carbone; ils sont donc mal outillés pour informer leurs clients. C’est surtout pour cette raison que les agences hésitent à offrir aux clients les compensations comme option valable d’atténuation. Afin d’être de bons informateurs, les agents de voyages doivent être bien au courant des questions environnementales et des crédits compensatoires.

Mesures nécessaires

En vue d’accroître la sensibilisation du public, les gouvernements, les établissements d’enseignement et les entreprises doivent joindre leurs efforts pour informer les agents à propos des crédits de carbone et des effets des changements climatiques sur le tourisme. En tant que représentants de premier plan de l’industrie du tourisme, les agents de voyages peuvent influer de façon considérable sur les comportements des voyageurs et sur leurs connaissances en matière d’environnement.

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour sensibiliser l’industrie du tourisme à cette question et faire en sorte que les changements climatiques et les crédits de carbone soient une partie intégrante de l’industrie touristique:

  1. Campagne de formation pour les agents – les changements climatiques et les stratégies d’atténuation devraient faire partie du programme d’enseignement des écoles de tourisme.
  2. Sensibilisation accrue des clients par le biais de l’industrie du tourisme, afin qu’elle s’insinue dans l’ensemble de la population.
  3. Tarif fixe pour les clients qui désirent acheter des crédits compensatoires.

Les agents de voyages doivent prendre conscience de leur possibilité d’influer sur l’atténuation des effets des changements climatiques. Les agents peuvent aider à modifier les comportements de leurs clients en leur montrant en quoi leurs voyages ont des conséquences sur le climat, et en leur offrant des options de compensation qui leur permettent de réduire leurs émissions de carbone.

Sources:

Kole, L, Krestell, S, Parlagreco, L et R. Dodds (2008). Climate Change and Carbon
Offsetting, Ryerson University, Toronto, Canada, 49 pages.

Organisation mondiale du tourisme (2008). Climate change and tourism:
Responding to global challenges [http://www.unwto.org/index.php].

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

 

  • william marcelino mendy

    je suis Sénégalais,je suis aussi dans le domaine du tourisme et je trouve que seule le tourisme durable pourrait sauver notre environnement qui tend vers une dégradation plus sévére causée non seulement par une pollution qui dégrade l’écosystéme mais aussi l’atmosphére qui par ses éléments le composant, est un facteur trés important de la vie sur terre. Donc il est nécessaire pour nous agent du tourisme les gens surtout ici en Afrique ou l’on pense que cette pollution de l’atmosphére ne concerne que le domaine du tourisme;car étant en rapport avec le soleil, la faune , la flore… Les autres activités la commerce,le transport etc ne sont elles pas menancées du moment ou elles font parti de l’environnement? Soyons en garde.

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