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Analyse - 26 juin 2019

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juin 2019

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Briser les mythes du bénévolat

La culture et les loisirs constituent le secteur d’activité rassemblant la plus forte proportion de bénévoles au Québec. Le plaisir est la première motivation. Les planètes sont bien alignées pour l’industrie touristique.

Le bénévolat représente une ressource inestimable en tourisme. Le bon fonctionnement de nombreux organismes culturels et de loisirs en dépend. C’est également le cas d’un grand nombre d’organisations dans d’autres secteurs d’activité. Selon les données de Statistique Canada (2015), 32 % des Québécois font du bénévolat au sein d’organismes; la moyenne canadienne s’élève à 44 %.

À cet égard, le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) cherche des moyens de promouvoir le bénévolat afin d’inciter plus de Québécois à s’y adonner. Pour ce faire, le RABQ a commandé deux sondages. Le premier, réalisé en janvier 2018 auprès de 1 000 Québécois, avait pour but de connaître les perceptions de la population face au bénévolat. Afin d’obtenir un portrait de la réalité, un autre sondage a été mené auprès de 2 000 bénévoles en février 2018. Ces travaux ont contribué à la réalisation d’une étude, Le bénévolat selon les Québécois, publiée par le RABQ. En voici un aperçu auquel sont intégrés quelques exemples liés à l’industrie touristique.

La culture et les loisirs : le secteur privilégié des bénévoles 

Plus de la moitié des Québécois sondés sur leur perception du bénévolat pensent que le secteur d’activité où se trouvent le plus de bénévoles est celui des services sociaux. Près du quart estiment que c’est le milieu de la santé qui en compte le plus et 11 %, celui de la culture et des loisirs. La réalité est tout autre. Comme le démontre le graphique suivant, c’est plutôt le secteur de la culture et des loisirs qui rassemble la plus forte proportion de bénévoles au Québec (37 %), suivi de loin par ceux des services sociaux et de la santé.   

La plupart des festivals et des événements, y compris le Festival d’été de Québec, recrutent des bénévoles pour informer les visiteurs sur leur programmation et les attraits de la région. Des musées, des parcs animaliers, des centres de plein air ou encore des stations de ski ont aussi recours à des bénévoles pour différents types d’activités. Le Musée national des beaux-arts du Québec en rassemble un très grand nombre effectuant différentes tâches, notamment l’interaction avec les visiteurs ou des corvées administratives. Au Mont Sutton et à Ski Saint-Bruno, on fait appel à des patrouilleurs bénévoles.

Faire du bénévolat par plaisir

Les participants au sondage supposent que la principale raison qui pousse les gens à faire du bénévolat est l’idée de rendre service (42 %) ou encore le désir de réaliser un projet social ou de participer à une cause citoyenne (33 %). Dans les faits, les bénévoles s’impliquent principalement par plaisir ou par intérêt (voir le graphique 2). Le fait de socialiser et d’échanger (19 %) ou celui de réaliser un projet social (19 %) font aussi partie des motivations.  

L’Association des guides bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal illustre bien ces motivations. Elle regroupe quelque 210 membres qui enrichissent l’expérience des visiteurs. Il s’agit d’hommes et de femmes passionnés qui viennent partager leurs connaissances et encourager les échanges d’idées et de savoirs.

Des organisations de petite taille font également appel aux services de leurs adeptes pour assurer leur bon fonctionnement. C’est le cas de Plein-Air Sainte-Adèle (PASA), un OBNL des Laurentides qui fait notamment la promotion et le développement des activités de plein air non motorisés sur le territoire de Sainte-Adèle. L’organisme est formé de bénévoles qui voient, entre autres, à l’entretien des sentiers.

Un engagement récurrent

Les incitatifs qui poussent les bénévoles à poursuivre leur engagement diffèrent aussi de ceux perçus par la population sondée. Cette dernière donne l’idée de contribuer à la communauté (42 %) ou celle d’appuyer une cause (33 %) comme les deux grandes raisons poussant les bénévoles à poursuivre leur implication. Bien que la contribution à la communauté arrive aussi au 1er rang dans la réalité, elle ne concerne qu’un bénévole sur quatre (voir le graphique 3). L’idée d’appuyer une cause ne concerne que 6 % des bénévoles sondés. Mais partager son expérience motive 18 % d’entre eux, tout comme le fait d’être touché par la cause. 

 

Le manque de temps…

Selon les répondants ne faisant pas de bénévolat, le manque de temps constitue le premier obstacle à l’engagement (51 %). Le fait de ne pouvoir s’engager à long terme (17 %), le manque d’occasions (15 %), le fait de ne pas avoir été invité à en faire (14 %) ou la préférence pour les dons d’argent (13 %) suivent loin derrière.

Le bénévolat, c’est pour les retraités?

Plus de la moitié des Québécois sondés pensent que le bénévolat est surtout pratiqué par des retraités et des personnes âgées. Cette affirmation est vraie en partie, mais elle véhicule faussement l’idée que les jeunes ne s’adonnent pas au bénévolat. Le graphique suivant illustre la répartition des bénévoles du Québec selon l’âge. Plus du quart ont 65 ans et plus, mais les 18 à 34 ans représentent sensiblement la même proportion.

Les occasions de bénévolat sollicitent différents profils pour tous les âges. Vélo Québec a recours à des bénévoles pour ses grands événements cyclistes. Les photos publiées sur son compte Facebook témoignent d’une belle variété d’individus en termes d’âge.

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Source : Vélo Québec

Enfin, l’étude démontre qu’il y a un important décalage entre l’image perçue du bénévolat et ce que celui-ci représente en réalité. À cet égard, l’organisme RABQ travaille à briser les mythes et à promouvoir l’aide bénévole à travers différents programmes afin de susciter une plus grande adhésion des Québécois à cette forme de contribution.

Promouvoir le bénévolat en tourisme

Les organisations touristiques, lorsqu’elles s’y prêtent, ont tout à gagner à promouvoir davantage les possibilités du bénévolat. Elles sont bien équipées pour offrir des avantages très attrayants (réduction de tarifs pour certaines activités, accès gratuit à des spectacles, etc.). De plus, le bénévolat peut devenir une porte d’entrée du secteur. Des bénévoles pourraient ainsi être tentés de poursuivre une carrière dans l’industrie s’ils sont bien traités et encadrés. Les jeunes adultes (et les moins jeunes aussi) sont à la recherche d’expériences significatives, offrons-leur des occasions d’en vivre!

 

Image à la une : © Festival d’été de Québec/Jean-Philippe Labrie

 

Source(s)

- Fournier, Marilyne. Le bénévolat selon les Québécois – cahier de recherche, Réseau de l’action bénévole du Québec, 2018.

- Le Conference Board du Canada. The Value of Volunteering in Canada, 5 avril 2018.

 

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