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Analyses - 7 septembre 2020

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Un nouveau tourisme – Partie 1 : Constats & accélérants par Jean-Michel Perron

Le tourisme est imbriqué dans l’ensemble des activités humaines de notre société. Dans ce premier volet de 3 textes, regardons où nous en sommes actuellement sur notre planète. Qu’est-ce qui est sur la table? Ce qui a changé depuis l’arrivée de la pandémie? Quelles sont les pistes de solutions globales pour sauver la présence humaine sur Terre, à tout le moins une qualité de vie minimale?

Cet article a été préalablement publié sur Tourismexpress.

Dans la partie II de cette trilogie, je traiterai des objectifs à se donner en tourisme au Québec et dans la partie III, de quelles façons s’y prendre concrètement. Notre tourisme doit se transformer. Nous avons tous une opportunité, un devoir – entreprises, associations, agences, gouvernements, communautés – de repartir le compteur à zéro en faisant mieux pour la planète, nos milieux de vie, nos familles et nos voyageurs. Voyons cette crise comme une opportunité unique de réinventer le tourisme. Comme l’ont affirmé à travers l’histoire de l’humanité plusieurs maîtres à penser, dont Socrate, Jésus et Bouddha, tout changement significatif commence avec l’individu. Serons-nous des milliers en tourisme au Québec à y participer?

Partie 1 – À consulter en 3 versions

Intro

«Cette tempête passera. Mais les choix que nous faisons maintenant pourraient changer nos vies pour les années à venir» – Yuval Noah Harari, l’auteur du best-seller Sapiens, sur la crise de la COVID-19

«On se remettra de la pandémie, pas de la fonte des glaces» – Noam Chomsky, le plus grand des philosophes américains

On n’a jamais autant parlé du tourisme, des régions et des PMEs que cette année… Bizarrement, dans notre crise touristique actuelle – la pire depuis que le tourisme commercial existe – on reconnaît comme jamais l’importance fondamentale du tourisme dans les économies des destinations. On a connu un déconfinement bordélique et une promotion touristique trop tardive et anémique au Québec, avec au final une saison estivale intense dans nos régions, mais catastrophique à Québec et à Montréal.

Un retour à une «normale» en tourisme – avec des fermetures certaines d’entreprises d’ici là – ne peut se faire sans vaccin ou médication efficace. Ce qui n’arrivera pas avant le milieu de 2021…

Le tourisme sera durablement affecté par la COVID-19. D’une part, en raison des contraintes sanitaires et de distanciation physique additionnelles qui vont grever, au moins pour un temps, la rentabilité des PME. D’autre part, la crainte d’une crise économique forte et durable peut induire des choix de consommation défavorables aux loisirs, de la part des consommateurs.

La tempête parfaite qui se dessine est celle provoquée par les changements climatiques, conjuguée à un déficit démocratique et aux inégalités sociales provoquées par la mondialisation et la surconsommation

La crise avec ses accélérants de tendances préexistantes

En tourisme:

  • L’appel de la forêt, de la nature
  • Le «slow tourism»
  • Voyages à faire avant de mourir
  • Voyages de sens
  • Surtourisme et tourismophobie
  • Écart de richesses entre les touristes

En général:

  • Introspection sur nos existences
  • Attraits des régions
  • Agriculture locale, biologique, moins de viande et bien-être des animaux
  • Choisis ton camp!
  • Complotisme, négationisme et désinformation 
  • Développements des technologies
  • Ralentissement de l’homogénéisation des destinations touristiques
  • Surconsommation
  • L’Internet des objets
  • Télétravail
  • Monde financier versus réalité économique
  • Suprématie indécente des GAFAM
  • Croissance des achats numériques
  • Appréciation des travailleurs essentiels sous-payés
  • Nos gros chars
  • Aménagement des villes en fonction des piétons et des cyclistes avec intégration de la nature

Tourisme

Un tourisme plus lent, plus vert, plus long comme en train, en vélo ou en auto, priorisant les expériences locales, la nature et le mieux-être, va devenir un comportement généralisé. On va réapprendre à voyager autrement. La hausse du coût des billets d’avion, conjugué à la désapprobation d’utiliser l’avion («flygskam» – en suédois : la «honte de voler») lorsque non nécessaire, fera chuter notre habitude de faire de multiples courts voyages et éloignés par année… surtout que maintenant, les touristes savent qu’ils peuvent rester «coincés» longtemps dans un pays étranger.

Pour le tourisme d’affaires, si essentiel à Montréal et à Québec, la vidéoconférence semble avoir fait des percées importantes en tant que substitut aux réunions en personne. Nous sommes devenus des «Zoombies». Les voyageurs d’affaires ont apprécié le confinement et le télétravail pour la qualité de vie. L’aviation est le secteur qui sera le plus affecté en tourisme et de surcroit la confiance des investisseurs en a pris un coup… La conclusion ou pas de l’acquisition d’Air Transat par Air Canada aura un impact marqué sur le tourisme international européen au Québec.

Dans le secteur de l’hébergement, plus simple que l’aérien, on passe de la grande personnalisation des services avec un maximum d’employés en contact avec les visiteurs, vers une gestion informatisée maximale pour tous les points de contacts. Les hôtels deviennent des lieux aseptisés comme les partenariats Hilton/Lysol et Four Seasons/«Johns Hopkins Medicine» le démontrent.

Pour la restauration  si essentielle pour les visiteurs  avec la fermeture des terrasses bientôt et les règles de distanciation en place, le cauchemar se poursuit. Comment rendre à nouveau l’expérience culinaire plaisante et rentable pour le restaurateur? Là est toute la question.

Le défi des organisations en tourisme, comme l’Alliance et les ATR/ATS, sera de transformer leur mise en marché en fonction de nouvelles variables (frontières, vaccins, fermetures de PME, crise économique, etc.). Une très grande flexibilité et rapidité d’exécution sont dorénavant des conditions essentielles de succès. Ce qui est contraire, en général, à leur culture.

Le modèle économique ne tient plus la route

Nous vivons actuellement au Québec et au Canada encore dans une bulle, alors qu’en pleine pandémie, on s’enrichit avec les plus généreux programmes de soutien d’urgence de la planète, mais dans la réalité :

  • Selon le Bureau du directeur parlementaire du budget canadien, le «1%» des citoyens canadiens les plus riches détient environ 25,6% de la richesse totale au Canada.
  • Le salaire minimum aux États-Unis, en 2020, ajusté à l’inflation, est plus bas que dans les années 1960.
  • Oxfam affirme que les huit milliardaires les plus puissants du monde ont autant de fortune que les 2,7 milliards d’êtres humains les plus pauvres.

En plus des inégalités, la planète, avec ses ressources limitées, la majorité des humains ne peuvent plus adhérer à l’insoutenable objectif de la croissance du PIB. Ce n’est pas juste moi qui le dit et pas que des gens de la gauche politique: même des gouverneurs de banques centrales, le FMI et la Banque mondiale appuient sur le bouton panique; c’est tout dire!

On parle de plus en plus de démondialisation et d’un retour au nationalisme économique.

Climat

La Terre, depuis l’industrialisation (autour de 1720), s’est réchauffée de 1 °C jusqu’en 2014. D’ici à 2032, les experts du GIEC des Nations-Unies estiment que la hausse sera de 0,5 °C avec des conséquences catastrophiques. C’est dans 12 ans! Et que le monde devrait s’être réchauffé de 3 °C à 5 °C à la fin du siècle. Pour éviter une tragédie planétaire permanente, il faudrait réduire nos émissions de GES de 50% d’ici à 2032 et à zéro en 2050. Or, cela implique des changements rapides dans nos façons de vivre et de produire des biens. Pas dans 5 ou 6 pays, mais partout sur la planète…

Le respect par le Canada de ses promesses de réduction des gaz à effet de serre (GES) pourrait sauver plus de 100 000 vies et créer 1,3 million de nouveaux emplois durables entre 2030 et 2050, conclut un rapport dévoilé le 14 juillet par une coalition de 17 associations de professionnels de la santé québécois et canadiens.

Ce que la science dit avec insistance depuis plusieurs années, c’est qu’il faut laisser les combustibles fossiles dans le sol, cesser toute forme d’extraction, entreprendre immédiatement une transition vers des énergies renouvelables (dont le nucléaire, s’il le faut !) et commencer à capter les GES pour les retirer de l’atmosphère.

Société plus juste et durable 

Il existe des solutions à la crise climatique et au cul-de-sac du modèle économique actuel. Il faut se servir des milliards de dollars en nouveaux investissements pour transformer notre économie et la société, tout en créant et transformant des millions d’emplois. Face à l’urgence, nous n’aurons pas une seconde opportunité. Voici les modèles les plus prometteurs. Le Green New Deal sera mis en place aux États-Unis si les démocrates sont élus; le «beigne hollandais» opère depuis plusieurs années; la Convention citoyenne en France créée cet été est appuyée par le gouvernement français, tandis qu’au Québec… la meilleure piste est le «Pacte pour la transition», le gouvernement voulant se limiter à injecter massivement dans les infrastructures uniquement. Est-ce que notre gouvernement emboitera le pas aux États visionnaires? Est-ce que nous, gens du tourisme, adhérerons rapidement à ces changements radicaux nécessaires, alors qu’une majorité d’entre nous ne souhaitons que revenir à la normale de 2019, niant ainsi l’urgence pour la planète et compromettant par le fait même notre secteur touristique à moyen terme?

A. Le «Green New Deal»

B. Le beigne hollandais

C. La Convention citoyenne française

146 sur 149 de leurs suggestions furent retenues par le gouvernement du président Macron. Parmi celles-ci: interdiction des publicités de VUS, des semences génétiquement modifiées, des trajets intérieurs en avion (lorsque prendre le train est possible!!!), moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, fin de l’artificialisation des sols, etc.

D. Plan de relance de l’économie verte

Le gouvernement du Québec va lancer sous peu son Plan de relance d’une économie verte. Mais l’approche la plus salvatrice est celle de «101 idées pour la relance du Pacte pour la transition» soutenue par Dominic Champagne et Lauri Waridel.

Conclusion

Nous avons tous une opportunité, un devoir – entreprises, associations, agences, gouvernements, communautés – de repartir le compteur à zéro en faisant mieux pour la planète, nos milieux de vie, nos familles et nos voyageurs. Voyons cette crise comme une opportunité unique de réinventer le tourisme.

À venir le 16 septembreNouveau tourisme: Rêver Mieux, des suggestions pour le tourisme québécois. Quelle vision commune, quels objectifs se donner?

Le 23 septembreNouveau tourisme: Agir ensemble! un plan d’action précis pour nos organisations, nos travailleurs et nos entreprises en tourisme.

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