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Analyses - 6 octobre 2020

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Réflexion sur le bord du feu : le camping au Québec doit se redéfinir, par Stéphane Parent

NOTE DE LA RÉDACTION : Le texte d’opinion publié lundi le 5 octobre sur le « graping » a fait fortement réagir la communauté des nomades en camping (les «grapeurs», comme les appelle Jean-Michel Perron). TourismExpress a eu un record de commentaires sur cet article. Aujourd’hui, ce texte d’un autre acteur de notre tourisme, Stéphane Parent, pousse la réflexion dans le même sens sur une note personnelle, à titre de passionné de cette activité.

L’intégralité de ce contenu provient de TourismExpress.

Je suis campeur depuis ma naissance. Frôlant la cinquantaine, j’ai eu la chance de voir le monde du camping évoluer. J’ai eu mon époque en tente au cégep. Après la venue de mon premier enfant, ç’a été la tente-roulotte; depuis quelques années la roulotte et je vise la « van life » dès que les enfants seront au cégep à leur tour.

J’endure l’hiver pour retrouver mon café dehors le matin et les saucisses grillées sur le bord du feu le soir. Je suis ce qu’on appelle un nomade: je me promène d’un endroit à l’autre, car j’aime la découverte et c’est pour moi un moyen d’exploration.  

Pour ceux qui ne sont pas campeurs, il faut comprendre que « camping » est un terme qui englobe une multitude d’expériences. Que tu aimes te perdre dans le bois loin de la civilisation, te retrouver au bord du feu avec les mêmes amis semaine après semaine ou tout simplement découvrir un vignoble après avoir visité les plages de la Gaspésie, le camping te rend heureux.

Les 10 dernières années ont amené plusieurs changements significatifs :

  • L’augmentation de l’offre de prêt-à-camper (qui rend le camping plus accessible).
  • L’augmentation de vente des VR (véhicule récréatif), entre autres à cause du vieillissement de la population.
  • L’intérêt pour le mode de vie nomade (van life) grâce aux médias sociaux.
  • La crise de la COVID, qui augmente la demande de vacances locales.
  • Une proportion plus grande de nouveaux arrivants qui découvrent le Québec de cette façon.
  • De plus en plus de télétravailleurs sur les sites de camping ou sur la route.
  • L’augmentation du nombre de festivals qui doivent maintenant inclure une offre de camping dans leurs aménagements pour pallier le manque de chambres d’hôtels.
  • Finalement, l’amélioration des équipements qui nous offrent des VR qui sont de plus en plus autonomes en termes d’énergie.

Tous ces changements viennent mettre de la pression sur l’écosystème du camping au Québec :

  • De plus en plus de débordements apparaissent. Cet été, les cas de campeurs non respectueux en Gaspésie ont fait la une plus d’une fois.
  • Les parcs provinciaux sont à pleine capacité.
  • Une foule d’endroits où nous pouvions nous arrêter pour la nuit ne sont plus accessibles.
  • Même plusieurs Walmart qui permettaient d’utiliser leur stationnement nous l’interdisent maintenant.

Assis sur le bord d’un lac, je formule plusieurs souhaits pour que tous puissent voir le Québec autrement que par la ville :

  • Il faut éviter les dérapages comme ceux de la Gaspésie, tout en rendant le Québec accessible aux Québécois. Voir l’état des plages est désolant. Entendre que certains Gaspésiens veulent moins de touristes à cause des abus me frustre.
  • Les gestionnaires publics et les élus doivent porter attention à ce qui se passe. Les impacts des changements que nous venons d’énumérer sont grands. Il ne faut pas les sous-estimer. Ça prendra du temps et de la volonté pour mettre en place des solutions pour rendre le Québec accessible.
  • Le camping, ce n’est plus juste le dossier de Camping Québec et de la Fédération québécoise de Camping Caravaning. Ça doit devenir un sujet de discussion pour les élus, les gestionnaires de MRC et de municipalités, des personnes responsables du développement économique et du tourisme. J’inclus les gestionnaires de grands terrains publics et des parcs régionaux.
  • Les villes et les MRC doivent intégrer d’autres solutions pour permettre les arrêts de VR sur leurs territoires. Il faut avoir des infrastructures pour dormir une nuit. Il faut plus de points de vidange, plus de poubelles et plus de toilettes temporaires.
  • Nous avons besoin de nouvelles façons de voyager et de visiter (il faut soutenir le réseau Terego, qui permet les arrêts d’une nuit chez des établissements agroalimentaires).
  • Ça prend une vision de l’accessibilité du territoire par les VR. Je salue certaines fabriques et certains propriétaires de grands terrains qui ont mis leurs parcelles à la disposition de campeurs de passage.

En terminant, je salue ceux qui ouvrent leurs bras aux campeurs. Je remercie les propriétaires de terrains pour leur travail année après année. Et je félicite tous les campeurs qui envahissent le Québec sans faire de dommages et sans laisser de traces.

Stéphane Parent
Amateur de camping nomade, administrateur d’Événements Attractions Québec (trésorier de la SATQ) et administrateur du parc des Mille-Îles et directeur général d’ESPACE OBNL

Cet article a été fourni par TourismExpress.

 

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