Vers des villes plus vertes et plus saines

5 minutes de lecture

Claudine Barry Claudine Barry

Ramener la nature en ville et intégrer davantage la mobilité durable constituent des tendances lourdes en développement urbain.

La mobilité durable, le verdissement et les solutions fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain. 

Verdir, « réensauvager »

Selon un sondage réalisé pour l’organisme canadien Amis des parcs auprès de 3500 Canadiens, les 2/3 ont déclaré avoir passé plus de temps dans les parcs qu’avant la pandémie et 82 % de ceux-ci souhaitent maintenir ce rythme, voire visiter davantage ces lieux après la crise. De plus en plus de villes s’engagent d’ailleurs à créer des espaces verts. Les approches sont diverses et innovantes : aménagement d’une microforêt dans un ancien stationnement, transformation d’un centre commercial en zone humide et en prairie de fleurs, etc.  Plusieurs projets de microforêts sont aussi en cours à Montréal, voici à quoi devrait ressembler celui de la forêt urbaine du concept Le jardin d’Emiliano dans le Quartier des spectacles. 

Source : © Mario + Raquel Peñalosa + Diana Elizalde + WAA Montréal en collaboration avec Vinci Consultats, BES, Pageau Morel, Atomic3 et Les Ateliers Ublo

Concevoir des parcs d’envergure

Et les projets de parcs urbains ne manquent pas. Certains sont spectaculaires et pourraient bien devenir des icônes. À Paris, la mairie a approuvé les plans de transformation des Champs Élysées en un vaste espace public de 1,9 km combinant verdure, tunnels d’arbres et zones piétonnes tout en réduisant la circulation automobile de moitié. Manhattan aura prochainement sa première « plage ». Le Gansevoort Peninsula consistera en un grand parc donnant accès au fleuve Hudson pour les amateurs de sports de pagaie. Ce développement s’ajoute à de nombreuses autres initiativesle long de ce fleuve. C’est le cas de Little Island, un projet inauguré en mai 2021 et unique en son genre, reconnaissable par sa structure sur piliers érigée sur l’eau.   

Source : Hudson River Park

Déployer une offre en mobilité douce

Parcs et mobilité douce vont de pair. Les pistes cyclables en milieu urbain se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Celles-ci sont fréquentées par les cyclistes traditionnels, mais de plus en plus par les adeptes de véloà assistance électrique. Ces appareils ont raison des côtes, du vent, des longues distances et des obstacles qui freinent souvent l’adoption de la petite reine comme moyen de déplacement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, proposent maintenant une flotte de vélos électriques en libre-service.   

Selon laNorth American Bikeshare Association, 44 % des systèmes de vélo-partage en Amérique du Nord détenaient des vélos électriques en 2020 comparativement à 28 % l’année d’avant. Le nombre de déplacements avec ces appareils durant l’année 2020 a crû de 7 millions à près de 10 millions alors que l’utilisation des autres modes de transport actifs en libre-service et collectifs a diminué pendant cette même période en raison notamment des confinements. Le fort engouement pour les vélos électriques a incité certaines villes à changer leur flotte de vélo-partage pour n’offrir que ceux à assistance électrique. C’est le cas de Charlotte, en Caroline du Nord et de Madison, au Wisconsin.   

Source : Charlotte Joy Rides

Promouvoir la ville différemment

La mobilité durable constitue une composante majeure du virage vers un tourisme plus responsable, mais elle n’est pas la seule. Pour inciter les voyageurs à adopter des comportements qui permettront de réduire les émissions de GES du secteur touristique, l’industrie doit leur proposer des options attractives (Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin). À cet égard, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague présente son Sustainability Guide. L’OGD invite les visiteurs à se déplacer à vélo et en transport en commun, mais aussi à choisir des restaurants qui collaborent avec des producteurs locaux, à dormir dans des établissements d’hébergement certifiés écoresponsables, à utiliser les fontaines d’eau publiques plutôt que des bouteilles à usage unique, etc. Le guide en lignedonne des suggestions de comportements responsables à adopter ainsi qu’une liste d’organisations dont l’approche est en phase avec ces principes.   

Source : VisitCopenhagen

Des villes qui s’engagent à verdir

Quelque 31 maires de grandes villes — dont ceux de Montréal, de Toronto et de Vancouver – on d’ailleurs signé la C40’s Urban Nature Declaration en juillet 2021, démontrant leur engagement à investir massivement dans des projets de verdissement. Ces derniers ont pour but de protéger les environnements urbains des impacts des changements climatiques — comme de créer des milieux permettant d’absorber les précipitations abondantes ou encore de réduire l’effet des îlots de chaleur —, mais aussi d’assurer l’accès à des espaces verts pour tous. Voilà qui contribuera certainement à créer des villes attractives, plus saines et plus résilientes.

 

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.