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Analyses - 22 mars 2010

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mars 2010

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Les jeunes voyageurs moins fortunés sont prêts à payer plus pour un tourisme durable

La quantité de voyageurs dans le monde a continué d’augmenter malgré la récession (902 millions de voyageurs internationaux en 2008 – une hausse de 4% par rapport à 2007), mais les entreprises et les organismes gouvernementaux en constatent les effets néfastes. Les touristes et les communautés locales peuvent atténuer ces effets en adoptant des pratiques de tourisme durable. Or, la demande en cette matière est difficile à évaluer, puisque la plupart des données sont anecdotiques et reflètent plutôt un désir d’agir que de payer.

Malgré les multiples études menées par des organisations telles que Lonely Planet et National Geographic, peu de données ont été recueillies sur les gens qui ont visité le Canada, et encore moins Toronto, sa plus grande ville. Une étude d’Arente et Ennamorato (TNS Canadian Facts, 2007) sur les connaissances et les perceptions des voyageurs canadiens par rapport au tourisme durable a permis de constater que seulement 12% des Canadiens connaissaient un peu ce concept et 31% n’en avaient jamais entendu parler. En outre, 49% des touristes seraient prêts à adopter des pratiques de tourisme durable pendant leur voyage tandis que 42% d’entre eux auraient recours aux agences de voyages qui en suivent les lignes directrices. Selon plus de 75% des répondants, les entreprises qui vendent des produits touristiques et les médias de masse devraient se charger d’informer le public à propos du tourisme durable.

À ces données s’ajoute une étude récente menée par Dodds, Antonov, Babkina et Gordon (Fall, 2008) auprès de 400 personnes ayant visité Toronto. Le but de l’étude était d’évaluer le degré de demande et d’utilisation de produits de tourisme durable (comme le fait de choisir des voyagistes responsables, de compenser les émissions de carbone de leurs vols et de leur voiture, et de favoriser les produits et services verts tels que les hôtels dotés d’une politique environnementale, les aliments et les produits biologiques et équitables, etc.).

Résultats

Les résultats de l’étude montrent que les répondants étaient jeunes, prêts à payer et pas nécessairement riches. En effet, 46% d’entre eux étaient âgés de 19 à 29 ans et leur revenu familial était relativement faible (48% avaient un revenu se situant entre 24 000$ et 59 000$). En outre, 11% des personnes sondées étaient disposées à payer entre 11 et 25% de plus, contre 59% qui paieraient un supplément de 1 à 10%.

Bien que le terme « tourisme durable » semble souvent prêter à confusion (45% n’en avaient jamais entendu parler ou ne savaient pas que ce type de tourisme existait), 72 % des répondants ont dit qu’ils utiliseraient probablement des produits de tourisme durable à l’avenir.

Selon l’étude, les répondants qui étaient prêts à acheter des produits de tourisme durable (77%) étaient d’accord pour les payer plus cher.

Quant à ce qui motivait leur choix, 44% des répondants ont dit qu’ils optaient pour le tourisme durable par respect pour l’environnement. Une certaine proportion de gens saisissaient l’importance (39%) de ce type de tourisme ou pensaient qu’il correspondait à leurs valeurs morales (38%).

Conclusion

Bon nombre de sceptiques soulèvent le fait que la demande pour des produits touristiques responsables n’est pas forte. Cela s’explique peut-être par un manque d’informations
(33% des voyageurs qui n’avaient jamais acheté de produits de tourisme durable ont dit que c’était parce qu’ils n’en avaient jamais entendu parler).

Les voyageurs canadiens se comparent aux voyageurs internationaux. En 2007, TripAdvisor Media Network a sondé 1 000 voyageurs du monde entier: 38% d’entre eux ont dit qu’ils préféraient opter pour le tourisme vert. Ces données correspondent aux résultats de l’étude menée à Toronto. Seulement 4% des répondants n’envisageaient pas du tout de voyager de façon écologique à l’avenir, tandis que 44% considéreraient peut-être acheter des produits de tourisme durable.

Sources:

Arente, H., et M. Ennamorato (2007). TNS Canadian Facts. Sustainable tourism: Travel like you mean it! [http://www.tns-cf.com/conferences/ttra/ttra-2007.pdf] (page consultée le 16 décembre 2008).

Dodds, R., Y. Antonov, I. Babkina, et S. Gordon (2008). Travellers’ Demand and Participation for Sustainable Tourism Practices in Canada. Toronto, Ryerson University.

TripAdvisor. (2007). TripAdvisor travelers keen on going green. Communiqué de presse. [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html.] (page consultée le 16 décembre 2008).

 

Rachel Dodds, professeure associée, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeur associée à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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