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Analyses - 11 novembre 2010

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novembre 2010

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Baisse inquiétante des voyages d’outre-mer au Québec en 2009

Le Québec a enregistré une baisse de 12% des arrivées en provenance des pays d’outre-mer en 2009 par rapport à 2008. Elle est essentiellement attribuable aux voyages d’agrément et d’affaires – les visites de parents ou d’amis sont, quant à elles, stables. On observe cette diminution principalement dans les grands centres urbains, alors que plusieurs régions du Québec ont plutôt connu de légères augmentations. Une durée de séjour plus longue et une faible hausse de la dépense moyenne redressent un peu le portrait global pour 2009.

Évolution et répartition des voyages outre-mer au Québec

À l’exception d’une légère diminution en 2007, le marché d’outre-mer au Québec a connu des variations plutôt à la hausse au cours des dernières années. La baisse de 12% enregistrée en 2009 est plutôt inattendue (graphique 1). Le nombre total de visiteurs internationaux au Québec est donc passé de 1 128 300 en 2008 à 991 200 en 2009. Rappelons que le bruit médiatique autour des Fêtes du 400e anniversaire de Québec, en plus d’avoir eu un impact sur les visites en 2008, aura certainement des répercussions à moyen terme.

Plus de la moitié des arrivées de touristes d’outre-mer au Québec sont attribuables à quatre pays : la France, qui représente à elle seule 30%, suivie du Royaume-Uni, de l’Allemagne et du Mexique (graphique 2). Parmi les treize premiers pays figurant dans le classement québécois, les neuf autres représentent des volumes de 4% et moins chacun.

Selon les années comparées dans le graphique 3, le marché français a connu une croissance de 5% par rapport à 2005. Étant donné que 2008 a été une bonne année, la variation 2008-2009 est de – 1%. Le Royaume-Uni poursuit sa décroissance au Québec depuis quelques années, alors que le total des arrivées au Canada semble plus stable. Le Québec a reçu 12% des touristes britanniques au Canada et 22% des Allemands en 2009.

Depuis quelques années, la croissance du marché mexicain était forte et soutenue. Or, le nouveau visa imposé par le gouvernement canadien aux voyageurs mexicains à l’été 2009, sans compter que cette année a été marquée par la grippe H1N1, a rapidement fait des ravages. Le nombre de touristes en 2009 a dégringolé et atteint un niveau plus bas que celui de 2005, soit à peine la moitié des voyages enregistrés en 2008 (88 700).

L’Espagne et l’Italie connaissent un léger recul, et la Belgique, une hausse. Les trois principaux pays d’Asie visitant le Québec, soit le Japon, la Corée du Sud et la Chine, accusent des baisses marquées depuis quelques années. L’Australie suit la même tendance. Enfin, le Brésil affiche une croissance au Canada et pourrait bientôt figurer dans le classement québécois.

Coup d’œil aux buts de voyage

Le segment des visites de parents et d’amis est en hausse depuis 2007 (+15%). Ce sont donc les voyages d’agrément (-14%) et d’affaires (-27%) qui sont responsables de la diminution observée en 2009 par rapport à 2008.

Les grands centres du Québec, les plus touchés

La tendance à la baisse s’observe également dans les régions du Québec. Les grands centres sont les plus touchés. Pour Montréal, le recul est de 8% par rapport à 2007 mais de 12% par rapport à 2008. À Québec, même renversement, on note une diminution de 11% des touristes en 2009 par rapport à l’année précédente, qui peut-être en partie justifiable par la popularité des festivités du 400e anniversaire de la ville en 2008. Entre 2007 et 2009, l’écart est plutôt de -10%. Les régions de la Côte-Nord, du Saguenay – Lac-Saint-Jean, de la Mauricie, de la Gaspésie, de la Montérégie et de l’Outaouais, entres autres, ont plutôt connu de légères hausses.

Activités pratiquées par les cinq principaux marchés et saisonnalité

On observe des différences notables dans la pratique d’activités par les touristes des principaux marchés d’outre-mer au Québec (graphique 6). Les Français et les Mexicains sont plus enclins que les visiteurs des autres marchés à fréquenter les festivals et les manifestations culturelles. Les musées, galeries d’art et sites historiques suscitent un intérêt similaire pour chacun des marchés. Les Britanniques sont plus attirés par les bars ou les boîtes de nuit alors que les Italiens visitent les parcs naturels ou nationaux dans une proportion plus élevée, sans toutefois pratiquer des activités de plein air. Ce sont les Français, les Allemands et les Britanniques qui sont portés sur ce type d’activités.

La saisonnalité est marquée pour les cinq principaux marchés. Le graphique 7 permet de constater clairement à quel point les arrivées de touristes internationaux se font majoritairement au troisième trimestre, soit de juillet à septembre.

Quelques indicateurs à la hausse

En 2009, la durée de séjour moyenne des voyages d’agrément est en légère hausse par rapport à 2007 (10 nuitées) et celle des voyages d’affaires est significativement plus longue (9,2 jours en 2007). Les voyageurs d’agrément ont dépensé en moyenne 104$ par nuitée en 2009, soit 6% de plus qu’en 2007. Or, les dépenses des touristes d’affaires sont en baisse de 24% par rapport à la même période en raison de la durée de séjour plus longue pour des dépenses totales semblables.

Un aperçu positif pour 2010

L’année 2009 a donc été difficile pour le Québec en matière d’arrivées de touristes d’outre-mer. La crise économique n’a certes pas aidé, mais quels autres facteurs ont contribué à ce revers? L’industrie réussira-t-elle à regagner ces touristes? Considérant que le climat est encore fragile dans plusieurs pays, quel sera le bilan pour 2010? Les indications sont positives. Bien sûr, les données 2010 de l’enquête sur les voyages internationaux ne sont pas encore disponibles, mais il est tout de même possible de jeter un œil sur les chiffres de l’Enquête sur le dénombrement à la frontière effectuée aux bureaux d’entrée au pays. Ces chiffres indiquent une augmentation de 7% des voyages en provenance d’outre-mer au Canada de janvier à août par rapport à la même période l’an passé. Pour le Québec, on note une hausse de 5% des entrées directes des Français – marché où la majorité des arrivées se fait au Québec.

Sources:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2009.
– Statistique Canada, base de données CANSIM, 2009-2010

 
  • Jean-Michel Perron

    Maïthé !

    Merci pour cette recherche. Du côté négatif: comme la majorité de notre tourisme hors-Canada est américain, cette baisse drastique des marchés d’outer-mer ne vient qu’accentuer notre sous-performance sur les marchés extérieurs. Quand on met ces chiffres en perspectives (notre baisse de 21% par rapport à une baisse de 4% au niveau mondial), quiconque veut voir claire en tourisme au Québec doit réaliser l’urgence d’une réforme de notre tourisme.

    Du côté positif, je crois qu’on ne peut faire pire et que le meilleur est à venir en autant que le « comité performance » mis en place, ose vraiment répondre à nos enjeux en développement de produits et en mise en marché mais surtout au niveau de la gouvernance.

  • Daniel Desjardins

    Ne croyez-vous pas plutôt qu’avec la fermeture des bureaux de la Commission Canadienne du Tourisme en France depuis l’été 2010, la situation ne pourra que se dégrader encore plus?

    • Maïthé Levasseur

      Bonjour M. Desjardins,
      Je ne crois pas que la CCT diminue ses activités en France. Il semble qu’ils fermeront le bureau en décembre mais qu’un agent le remplacera, qui est d’ailleurs la directrice actuelle.
      Je vous invite à lire leur tout récent plan Marketing, la France fait toujours partie des marchés visés. Le budget marketing 2010 est semblable à celui pour l’Allemagne. Aussi, la CCT ouvre de nouveaux bureaux dans des marchés émergents.
      Enfin, le ministère du tourisme du Québec a un bureau à Paris qui est très actif.
      Je ne crois donc pas que cette réorganisation ait un impact. À suivre…!

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