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Analyse - 18 février 2015

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février 2015

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Mieux gérer le gaspillage en hôtellerie et en restauration

Le gaspillage alimentaire engendre des pertes déplorables sur les plans humain, économique et environnemental. De la prévention à la redistribution, en passant par la récupération, il est possible de limiter les dégâts.

Selon une étude du Value Chain Management Centre (VCMC), les pertes provenant du gaspillage alimentaire au Canada se chiffrent à 31 milliards de dollars et représentent 6 millions de tonnes de nourriture. Chacune de ces tonnes produites inutilement engendrerait 4,5 tonnes de CO2, un poids environnemental énorme en matière de gaz à effet de serre.

D’où provient le gaspillage?

Bien que les consommateurs soient les plus grands acteurs (47 %) de l’équation, plusieurs secteurs d’activité sont concernés par les enjeux touchant le gaspillage alimentaire (voir graphique 1). Au Canada, les restaurants et les hôtels engendrent 9 % des pertes alimentaires du pays. Celles-ci résultent de plusieurs facteurs : les erreurs en cuisine, les résidus (os, grains de café, pelures de légumes, etc.), la fluctuation de la demande et la gabegie, les mauvaises manipulations, les problèmes d’entreposage des aliments, les restants de table, etc.

AR_Gere_gaspillage_alimentaire_graph_1

Source : VCMC

Quelques pistes pour réduire les pertes

Utiliser le produit à son maximum semble être la première étape à suivre afin de minimiser les pertes.

Utiliser le produit à son maximum semble être la première étape à suivre afin de minimiser les pertes. C’est d’ailleurs ce que préconise Normand Laprise, chef et propriétaire du restaurant Toqué!, qui met en pratique la récupération alimentaire depuis plusieurs années. Avec son acolyte Charles-Antoine Crête, ancien chef de la Brasserie T, il a même donné des conférences sur le sujet, intitulées Cooking from Scraps. Prendre les queues de fraises pour aromatiser de l’eau et utiliser la pelure des patates pour faire des croustilles sont des exemples simples de façons de limiter les résidus. Or, peu importe les efforts investis, il s’avère impossible d’enrayer complètement les pertes en cuisine et en salle à manger. Selon Green Hotelier, suivre les quatre étapes suivantes peut cependant contribuer à leur réduction. 1. Mesurer les pertes  Munir les cuisines de poubelles distinguant l’origine des déchets permet de déterminer la provenance des pertes, de chiffrer leur ampleur, de mesurer les pertes financières qui y correspondent et, enfin, de mieux les gérer. Par exemple, on peut utiliser un conteneur pour les restants de table, un pour les aliments provenant de la préparation, un autre pour les résidus et un dernier pour les surplus et la gabegie.

AR_Gere_gaspillage_alimentaire_tab_1

L’application Wise Up On Waste, conçue par Unilever Food Solutions pour les professionnels en cuisine, est un autre exemple d’outil visant à répertorier les pertes. 2. Développer un plan d’action

Préparer et communiquer un plan d’action détaillé peut toutefois favoriser la responsabilisation des employés.

Mobiliser le personnel représente un défi pour plusieurs établissements. Préparer et communiquer un plan d’action détaillé peut toutefois favoriser la responsabilisation des employés. Ce plan devrait inclure, selon les besoins, les actions suivantes :

  • Revoir la gestion de l’inventaire et les processus de livraison;
  • Procéder à un contrôle des quantités et de la qualité;
  • User de créativité pour mettre en pratique la récupération alimentaire;
  • Offrir des choix aux clients quant aux portions et à la composition de leur assiette et leur proposer de rapporter leurs surplus à la maison.

3. Évaluer le progrès mensuellement Obtenir la rétroaction des employés et mesurer de nouveau les pertes permet d’avoir l’heure juste quant au succès du projet. Il ne reste ensuite qu’à adapter le plan d’action en fonction des besoins qui ressortent de cette évaluation. 4. Partager les résultats Pour maintenir la motivation du personnel, il est important de lui communiquer régulièrement les résultats de la démarche. Pour inspirer et sensibiliser d’autres hôtels ou restaurants au gaspillage alimentaire, pourquoi ne pas aussi partager l’expérience publiquement?

Que faire avec ces aliments non consommés?

La redistribution alimentaire donne une seconde vie aux aliments comestibles et, surtout, vient en aide à des gens dans le besoin. Le Bilan-Faim Québec 2014 des Banques alimentaires du Québec indique que les membres du réseau répondent en moyenne à 1 601 115 demandes d’aide chaque mois. La Tablée des Chefs, qui offre des services de courtage en alimentation durable, redistribue à des organismes communautaires les surplus alimentaires générés lors d’événements de 25 personnes ou plus. En septembre 2014, l’Association des hôtels du grand Montréal (AHGM) a annoncé un partenariat avec l’organisme; elle souhaite voir augmenter la participation des hôtels de la grande région de Montréal. Au total, huit membres de l’AHGM adhèrent aux services de La Tablée des Chefs, dont le Hilton Bonaventure et le Centre Sheraton Montréal. La transformation des déchets organiques en compost est une façon écologique de gérer les pertes alimentaires. Lorsqu’enfouies, les matières organiques se biodégradent et génèrent des biogaz (dioxyde de carbone et méthane) qui contribuent à l’effet de serre. Or, en compostant et en procédant à l’épandage du compost qui en résulte, non seulement on réduit la charge polluante des lieux d’enfouissement, mais on améliore aussi la qualité des sols et on limite l’usage d’engrais et de produits phytosanitaires. À Paris, 80 restaurants, hôtels et traiteurs se sont unis en février 2014 afin de créer leur propre système de collecte de biodéchets. L’objectif de leur projet pilote était de ramasser près de 200 tonnes de biodéchets en 6 mois afin de transformer le produit du gaspillage alimentaire en électricité, en gaz naturel et en fertilisant. Au total, ce regroupement a collecté 584 tonnes de déchets alimentaires en 7 mois. À Melbourne, le programme City Harvest vise à réduire les résidus organiques dans les restaurants de la métropole grâce à la mise en place d’un système facilitant la production et la collecte de compost qu’on épand ensuite dans les jardins de la ville. À Londres, l’organisme Save Food accompagne les restaurateurs et les hôteliers afin de les aider à comprendre l’origine de leurs pertes et à les réduire.

Les enjeux entourant le gaspillage alimentaire touchent la planète entière. Pour illustrer leur importance et réfléchir à des pistes de solution, l’Exposition Universelle, qui se tiendra à Milan du 1er mai au 31 octobre 2015, a pour thème « Nourrir la Planète, Énergie pour la Vie ».

Source(s)

- Bilodeau, Émilie. « Récupération : cuisiner avec les retailles », La Presse, 24 octobre 2013.

- Felfel, Abdel et Martin V. Gooch. « The Cost of Canada’s Annual Food Waste », 10 décembre 2014.

- Lalonde, Patrick. «Food waste in the hospitality industry», Stop food waste, 17 avril 2013.

- Mackintosh, Lachlan. « City Harvest Turns Scraps in to Compost Gold! », 18 février 2014.

- Mairie de Paris. « Recyclage des déchets alimentaires : les restaurants mettent la main à la pâte », 29 octobre 2014.

- Paré, Isabelle. « Tant de nourriture égarée », Le Devoir, 19 octobre 2013.

- Taillefer, Sophie. « Les matières organiques, fiches informatives », RECYC-QUÉBEC, 2010.

- Tuppen, Holly. « Reducing and Managing Food Waste in Hotels », Green Hotelier, 2 septembre 2014.

- WRAP. « The True Cost of Food Waste within Hospitality and Food Service », novembre 2013.

Sites Web

- Expo Milano 2015

- Les Banques alimentaires Québec

 

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