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Analyse - 18 mars 2011

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Le financement privé en culture

Ce n’est un secret pour personne, les fonds publics disponibles pour la culture au Québec sont insuffisants pour alimenter la créativité des artisans et des organismes de la province. Il est donc essentiel de se tourner vers le privé et de faire preuve d’innovation pour préserver la diversité de ce secteur. Entre les pratiques virtuelles, les possibilités de la téléphonie mobile et les recommandations du milieu des affaires, voici quelques pistes qui méritent l’attention des organismes culturels en quête d’idées.

Pratiques virtuelles et e-philanthropie

Nous vous avons déjà présenté le crowdsourcing (lire aussi: Le crowdsourcing, un phénomène émergent!); voici maintenant le crowdfunding, suivant un principe similaire. Le concept n’est pas nouveau; tout comme les collectes de fonds traditionnelles, il consiste à faire appel aux individus pour financer des projets. Cette pratique bénéficie des avantages du Web en rejoignant un nombre encore plus grand de mécènes potentiels.

Il existe une panoplie de portails qui mettent en vitrine des projets de différentes natures, dont ceux en arts et culture, à la recherche de financement. Par exemple, sur Ulule.com, des porteurs de projets indiquent le montant dont ils ont besoin pour réaliser leurs objectifs et font appel à la communauté pour les aider.

Source: Ulule

S’afficher sur ce type de sites n’est pas garant de succès, mais représente une avenue supplémentaire qui mérite d’être explorée. Les sommes cumulées à l’aide du crowdfunding proviennent de plusieurs sources et sont généralement composées de petits montants qui, une fois additionnés, peuvent combler les besoins établis au départ.

Ce type de portail gagne en popularité; le milieu de la production cinématographique s’est d’ailleurs démarqué dans les médias grâce à la collecte de fonds du troisième long métrage de Xavier Dolan sur Touscoprod.com.

Source: Touscoprod

Parallèlement, pour maximiser la performance des collectes de fonds virtuelles, il est avantageux de faire connaître la démarche du projet sur des sites tels que Facebook, Twitter, MySpace ou autres sites de niche, selon le secteur d’activités, afin de bénéficier de leurs effets viraux. Les motivations qui poussent un individu à effectuer un don sont multiples, et les réseaux sociaux en ligne contribuent à celles-ci de quatre façons.

  1. L’effet d’imitation: voir des amis faire des dons peut influencer le comportement de certains.
  2. La pression des pairs: recevoir plusieurs messages d’amis qui encouragent fortement de contribuer à leur projet peut être convainquant;
  3. Le sentiment de compétition: vouloir donner plus que les autres pour porter le titre de champion.
  4. Le besoin de reconnaissance: montrer publiquement ses contributions et sa générosité pour gagner le respect de son entourage.

Il est désormais évident que les technologies de l’information influent sur les modèles de financement de l’industrie culturelle et invitent de plus en plus les consommateurs à s’impliquer. Cette tendance représente une occasion à saisir rapidement.

Le don sans fil

Depuis 2009, la Fondation des dons sans fil du Canada (FDSF-C) permet à des organismes de bienfaisance enregistrés de procéder à des campagnes de communication et de financement sur téléphone cellulaire. Par exemple, il est possible de faire un don de 10 CAD au Royal Ontario Museum Foundation en textant le mot clé ROM au numéro abrégé 30333.

Le rôle de la FDSF-C est d’assurer la liaison entre les fournisseurs de services sans fil, auxquels sont imputés les coûts de messagerie, et les 21 millions d’utilisateurs au Canada. La rapidité et la facilité d’exécution du don sont des avantages pour les donateurs toujours plus occupés et pour qui des démarches plus laborieuses suffiraient à les décourager.

Des exemples de bonnes pratiques

Une étude réalisée en 2010 par WealthEngine regroupe quelques bonnes pratiques de collecte de fonds en art et culture. En voici deux exemples.

  1. Conserver les données obtenues lors du processus d’admission de la clientèle et identifier des donateurs potentiels. Il est avantageux de recueillir certaines informations lors de la vente de prestations culturelles afin de créer une liste de noms à contacter lors des campagnes de financement ou des collectes de fonds. L’achat de billets en ligne facilite cette cueillette de données, puisqu’un minimum de renseignements est normalement exigé pour effectuer une transaction, notamment le nom, l’adresse et le courriel de celui qui effectue le paiement. Certes, ces données présentent une grande valeur, mais on doit les utiliser avec beaucoup de précaution pour éviter d’irriter la clientèle.
  2. Établir une catégorisation du membership pour optimiser ses dons. Bien connaître ses membres permet de leur proposer des offres supérieures qui répondront  à leurs réels besoins ou intérêts. Par exemple, si vous remarquez qu’un membre fréquente normalement votre établissement accompagné d’enfants, vous pourriez lui proposer un forfait familial et ainsi vendre un abonnement mieux adapté à ses besoins. Il est plus ardu de trouver de nouveaux donateurs que de renouveler ou bonifier l’abonnement des membres déjà existants.

La contribution du milieu des affaires

Les entreprises privées peuvent, elles aussi, offrir un support aux organismes culturels. Selon un rapport publié en 2009 par Desjardins Marketing Stratégique, les formes d’aide les plus répandues dans le milieu des affaires de la région de Québec sont les commandites, les dons et l’achat ou l’échange de biens et de services. Les deux facteurs qui influent le plus sur la volonté des entreprises à soutenir la culture sont la cohérence du projet ou de l’organisme avec leur mission et le rapprochement des actions promotionnelles avec leurs objectifs de notoriété. On mentionne également qu’offrir plus de visibilité aux donateurs serait un incitatif à considérer.

Le maillage entre les artistes et les gens d’affaires n’est pas toujours naturel. Basée sur ce constat, la société montréalaise ArtAnywhere propose une solution qui favorise mutuellement les deux parties. D’une part, les entreprises peuvent faire la demande d’exposer des œuvres dans leurs bureaux, voire créer des galeries d’art temporaires sur mesure. D’autre part, les créations sont mises en valeur plutôt que d’être entreposées.


Source: ArtAnywhere, bureau IATA

Un risque qui en vaut la chandelle

Lors du symposium de l’UNESCO sur le thème de «La gestion des risques dans le financement de la culture» en avril 2010, Christian Verbert de la SODEC mentionnait que dans la province, près de 140 000 personnes travaillent dans le domaine de la culture et qu’environ dix milliards CAD y sont générés annuellement.

Investir dans le domaine de la culture comporte des risques, certes, mais en constatant son potentiel de rentabilité, ses multiples bénéfices, ses possibles retombées économiques et son influence sur le commerce de biens traditionnels, on comprend l’importance de soutenir ce secteur au Québec.

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:

  • Desjardins Marketing Stratégique, «Le financement privé de la culture», 23 février 2009,
  • WealthEngine, «2010 Arts & Culture report, best practices in arts & culture fundraising», consulté en janvier 2011

Sites Web:

  • Cedric Ulule

    Merci pour la citation Ulule dans l’article.

    J’appuie ce que vous dîtes sur le crowdfunding, c’est un excellent moyen de réunir tout ou partie d’un budget manquant, tout en regroupant une communauté autour de votre projet… autant de futurs ambassadeurs lorsqu’il sortira de l’ombre.

    Mais, cela demande de s’investir en temps et en communication pour lancer la machine. :)